Troubles nutritionnels chez la personne âgée : dénutrition et obésité

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Médecine de la nutrition par ville
Les troubles nutritionnels regroupent ici deux situations principales chez la personne âgée : la dénutrition et l’obésité. [1] Ces situations ne sont pas strictement opposées, car une personne âgée obèse peut aussi être dénutrie et avoir une masse musculaire insuffisante. [1] Le vieillissement modifie la composition corporelle et la régulation de l’appétit, tandis que les maladies, la dépendance et les difficultés sociales ou alimentaires peuvent accentuer le déséquilibre nutritionnel. [1] L’évaluation ne repose donc pas uniquement sur l’apparence ou le poids actuel, mais sur l’évolution du poids, les apports alimentaires, la masse et la fonction musculaires, les maladies associées et le contexte de vie. [1]
Dénutrition, obésité et sarcopénie : quelles différences ?
La dénutrition résulte d’apports insuffisants, d’une augmentation des besoins ou des dépenses liée notamment à une inflammation, ou de l’association de ces mécanismes. [1] Elle peut entraîner une diminution des réserves graisseuses et un catabolisme musculaire, c’est-à-dire l’utilisation des protéines des muscles comme source d’énergie. [1] La sarcopénie correspond à une diminution de la masse, de la force et de la fonction musculaires au cours du vieillissement. [1] Elle est favorisée ou aggravée par des apports alimentaires réduits, la sédentarité, l’alitement et les maladies, surtout lorsqu’elles s’accompagnent d’une inflammation. [1] L’obésité est définie dans le document par un indice de masse corporelle d’au moins 30 kg/m², mais son retentissement doit être interprété avec les comorbidités, l’autonomie, la qualité de vie et l’existence possible d’une dénutrition. [1]
Quels facteurs peuvent favoriser une dénutrition ?
Une diminution de l’appétit ou des quantités consommées peut être liée à une dépression, à des troubles neurocognitifs, à une dépendance ou à une maladie sévère. [1] Les cancers, les infections, les maladies inflammatoires et les insuffisances cardiaque, respiratoire, rénale ou hépatique peuvent augmenter le risque nutritionnel. [1] Les troubles de la mastication ou de la déglutition, les effets indésirables des médicaments et certains régimes inadaptés peuvent également réduire les apports. [1] Des difficultés pour acheter les aliments, préparer les repas ou manger sans aide doivent aussi être recherchées. [1] L’isolement et la perte du plaisir de manger peuvent participer à la réduction des prises alimentaires. [1]
Comment l’état nutritionnel est-il évalué ?
Le suivi du poids est un élément essentiel de l’évaluation, idéalement avec la même balance et dans des conditions comparables. [1] L’indice de masse corporelle est calculé en divisant le poids en kilogrammes par la taille en mètres élevée au carré. [1] La taille utilisée doit être interprétée avec prudence, car elle peut diminuer avec le vieillissement. [1] Le bilan examine aussi l’appétit, les quantités réellement consommées, les capacités de mastication et de déglutition, l’autonomie, les maladies et les traitements en cours. [1] Le Mini Nutritional Assessment est un questionnaire associant des informations sur l’alimentation, les situations à risque et des mesures corporelles afin d’apprécier l’état nutritionnel. [1] Une enquête alimentaire peut mesurer les apports énergétiques et protéiques à partir des aliments et collations effectivement consommés pendant plusieurs jours. [1] L’albumine sanguine peut apporter une information pronostique, mais son interprétation dépend aussi de l’inflammation et de l’état d’hydratation. [1]
Quelles sont les conséquences possibles ?
La dénutrition est associée à une perte d’autonomie ainsi qu’à une augmentation du risque de chute, d’infection et de décès. [1] Elle peut favoriser les escarres et retarder leur cicatrisation lorsqu’elles sont déjà présentes. [1] Une personne qui mange peu peut également boire insuffisamment, ce qui expose à une déshydratation associée. [1] La perte musculaire peut réduire la mobilité, rendre plus difficiles les gestes de la vie quotidienne et accroître la dépendance. [1] Chez une personne âgée obèse, l’excès de poids associé à une masse musculaire insuffisante peut particulièrement gêner le lever d’une chaise, la montée des marches et les déplacements. [1]
Quels sont les principes de la prise en charge ?
La prise en charge commence par l’identification des causes qui réduisent les apports ou augmentent les besoins nutritionnels. [1] Elle tient compte des maladies, des traitements, de l’autonomie, du contexte social, de la qualité de vie et de l’avis de la personne ou de son entourage. [1] En cas de dénutrition, les premières mesures reposent généralement sur des conseils alimentaires personnalisés et sur l’enrichissement des aliments habituels. [1] L’objectif de l’enrichissement est d’augmenter les apports en énergie et en protéines sans augmenter excessivement le volume des repas. [1] Les menus peuvent être adaptés aux goûts, aux capacités de mastication et de déglutition ainsi qu’au besoin d’une aide humaine ou technique pendant les repas. [1] Des compléments nutritionnels oraux peuvent être envisagés lorsque les mesures alimentaires ne suffisent pas ou lorsque la dénutrition est sévère. [1] Si l’alimentation orale est impossible ou insuffisante, une nutrition par sonde peut être discutée lorsque le tube digestif fonctionne. [1] La nutrition par voie veineuse est réservée aux situations où la voie digestive ne peut pas être utilisée ou s’est révélée insuffisante. [1] Ces techniques de nutrition artificielle augmentent les apports, mais elles comportent des risques et nécessitent une surveillance clinique et biologique. [1]
Après une dénutrition ancienne et sévère ou un arrêt prolongé de l’alimentation, une renutrition trop rapide peut provoquer un syndrome de renutrition inappropriée potentiellement grave. [1] Sa prévention repose sur l’identification des personnes à risque, une augmentation progressive des apports et une correction encadrée des déficits en électrolytes, vitamines et oligoéléments. [1]
Prévenir l’aggravation et suivre l’évolution
La prévention passe par une alimentation suffisamment variée, des repas adaptés aux capacités de la personne et le maintien du plaisir de manger. [1] Une bonne hygiène bucco-dentaire et des soins réguliers contribuent à préserver la mastication, car les douleurs, les infections et les dents manquantes sont associées au risque de dénutrition. [1] Une activité physique régulière adaptée aux possibilités de la personne aide à préserver la force, la mobilité et l’autonomie. [1] Lorsque la marche est difficile, de petits exercices mobilisant les différentes parties du corps peuvent encore être envisagés selon les possibilités individuelles. [1] Le suivi de la prise en charge prend en compte son acceptabilité, sa tolérance, l’évolution du poids et les quantités réellement consommées. [1] La participation des proches, des soignants et du diététicien peut faciliter l’évaluation des apports et l’adaptation des repas. [1]
Sources et références
[1] FIN1
facmed.univ-constantine3.dz · Consulté le 2026-09-16
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