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Troubles nutritionnels de l’enfant : repères alimentaires et anorexie mentale précoce

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Conseil en nutrition pédiatrique par ville

L’enfance est une période de croissance et d’apprentissage pendant laquelle l’alimentation contribue à la santé et à l’acquisition d’habitudes durables. [2] Les repères alimentaires diffèrent selon l’âge, notamment entre la première année de vie et la période de 4 à 11 ans. [2] [3] L’anorexie mentale est l’un des troubles du comportement alimentaire restrictif pouvant être observés chez l’enfant à partir de 6 ou 7 ans. [1] Elle ne résume donc pas à elle seule l’ensemble des difficultés nutritionnelles susceptibles de concerner un enfant. [1]

Des repères alimentaires adaptés à l’âge

Chez le nourrisson, la période recommandée pour commencer la diversification alimentaire se situe entre 4 et 6 mois. [3] L’enquête française Epifane menée en 2021 a constaté que 91 % des enfants étudiés avaient commencé la diversification pendant cette période. [3] Pour les enfants de 4 à 11 ans, les recommandations françaises prévoient d’habituer progressivement l’enfant à consommer chaque jour des fruits et légumes aux repas. [2] Trois produits laitiers par jour sont recommandés pendant l’enfance et l’adolescence pour leur apport en calcium. [2] Avant 5 ans, le lait cru et les fromages au lait cru sont déconseillés en raison du risque infectieux, à l’exception de l’emmental et du comté. [2]

Les portions destinées aux enfants ne sont pas celles des adultes et augmentent progressivement avec l’âge. [2] Entre 4 et 6 ans, la portion proposée correspond en moyenne à la moitié d’une portion d’adulte, puis les quantités augmentent à partir de 7 ans pour atteindre celles d’un adulte après 11 ans. [2] Santé publique France recommande de faire confiance à l’appétit de l’enfant et de ne pas le forcer à manger. [2] Manger ensemble à table, éviter les écrans pendant les repas et cuisiner avec l’enfant favorisent les interactions autour de l’alimentation. [2]

Quels signes peuvent évoquer une anorexie mentale précoce ?

L’anorexie mentale se manifeste par une perturbation durable et significative des comportements alimentaires. [1] Une modification du couloir de croissance du poids ou de la taille constitue un signe d’alerte chez l’enfant. [1] Lorsque le poids et la taille ralentissent simultanément, l’indice de masse corporelle peut rester apparemment dans la norme. [1] Un retard pubertaire peut également faire partie des signes repérés. [1]

Les comportements possibles comprennent une restriction des quantités ou de certaines catégories d’aliments, le comptage des calories, le tri alimentaire, l’évitement des repas ou la dissimulation de nourriture. [1] Une préoccupation excessive pour l’alimentation ou l’image du corps, une activité physique excessive et un surinvestissement intellectuel peuvent être associés à ces changements. [1] Des nausées ou des douleurs abdominales répétées peuvent aussi être présentes, mais ces symptômes physiques ne sont pas spécifiques de l’anorexie mentale. [1]

Comment l’anorexie mentale est-elle évaluée ?

L’évaluation associe une appréciation psychiatrique et un bilan de l’état physique de l’enfant. [1] Le diagnostic repose notamment sur une restriction des apports énergétiques conduisant à un poids significativement bas par rapport aux besoins. [1] Il prend également en compte une peur intense de prendre du poids malgré l’insuffisance pondérale. [1] Une altération de la perception du poids ou de la forme du corps, une estime de soi excessivement influencée par ces éléments ou une méconnaissance persistante de la gravité de la maigreur complètent les critères recherchés. [1]

L’examen clinique évalue notamment le poids, la taille, l’indice de masse corporelle, l’hydratation, les signes de dénutrition, le développement pubertaire, le rythme cardiaque et la pression artérielle en position debout. [1] Il recherche aussi des malaises, des syncopes, des troubles digestifs, des douleurs osseuses ou articulaires ainsi que des atteintes de la peau, des cheveux, des ongles ou de la santé bucco-dentaire. [1] Un électrocardiogramme et des analyses biologiques peuvent compléter cette évaluation. [1] L’équipe médicale recherche également d’autres explications possibles, notamment des maladies endocriniennes, digestives, tumorales, infectieuses ou psychiatriques. [1]

L’aphagie totale, le refus de boire, un malaise, une perte de poids supérieure à 2 kg par semaine, une hypoglycémie ou une fréquence cardiaque inférieure à 40 par minute font partie des signes somatiques de gravité décrits. [1] Des idées suicidaires, une tentative de suicide ou l’association à un autre trouble psychiatrique sévère constituent des critères psychiatriques de gravité. [1]

Quels sont les principes de la prise en charge de l’anorexie mentale ?

La prise en charge recherche les critères somatiques et psychiatriques pouvant justifier une hospitalisation. [1] Selon la gravité, l’hospitalisation peut être organisée à temps plein ou en hospitalisation de jour. [1] En l’absence d’indication à l’hospitalisation, les soins sont de préférence ambulatoires et pluridisciplinaires, avec des objectifs pondéraux, nutritionnels et psychothérapeutiques convenus avec le patient. [1] Le suivi global peut associer des dimensions somatiques, nutritionnelles, endocrinologiques, psychologiques, psychiatriques et éducatives. [1]

Une psychothérapie est proposée à l’enfant et à sa famille, de préférence dans le cadre de cette prise en charge pluridisciplinaire. [1] Elle est adaptée à l’état médical général, aux capacités et aux souhaits du patient. [1] Les thérapies familiales et les thérapies cognitivo-comportementales font partie des approches ayant démontré leur efficacité dans ce trouble. [1] Lorsqu’une renutrition est nécessaire, elle doit être prudente et progressive en raison du risque de syndrome de renutrition inappropriée. [1] Les médicaments psychotropes ne sont mentionnés qu’en présence d’un trouble psychiatrique associé et dans le respect de leurs autorisations de mise sur le marché. [1]

Sources et références

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