Trouble bipolaire : signes, diagnostic, traitements et suivi

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Le trouble bipolaire est une maladie psychiatrique chronique caractérisée par des épisodes récurrents de modification anormale de l’humeur, de l’activité et de l’énergie. [3] Il peut comporter des épisodes maniaques ou hypomaniaques et des épisodes dépressifs, séparés par des périodes de rémission, mais certaines personnes ont des épisodes maniaques sans épisode dépressif ou des épisodes mixtes associant simultanément des symptômes de manie et de dépression. [3] [2]
Quand demander rapidement de l’aide
Si une personne parle d’attenter à ses jours, met brutalement ses affaires en ordre, paraît constamment désespérée, est immobilisée par la dépression, très agitée ou se sent totalement isolée et sans solution, elle-même ou ses proches doivent demander très rapidement l’aide de professionnels de santé. [1] En France, le 3114 est gratuit, accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, et apporte une réponse immédiate aux personnes en détresse psychique ou exposées à un risque suicidaire. [1]
Un risque suicidaire élevé, une mise en danger, une agressivité envers autrui ou des troubles graves du comportement, notamment pendant un épisode maniaque, doivent conduire l’équipe médicale à évaluer la nécessité d’une hospitalisation de plusieurs jours. [5] Une hospitalisation peut également être indiquée pour protéger une personne ayant une dépression grave avec risque suicidaire, des conduites très dommageables ou un isolement social et familial. [1] L’hospitalisation est le plus souvent consentie, mais elle peut exceptionnellement commencer sans consentement en cas d’urgence ou de troubles sévères présentant un danger pour la personne. [1]
Quels signes peuvent survenir ?
Un épisode maniaque marque une rupture avec le fonctionnement habituel et peut associer une activité très intense, des conduites à risque, un sentiment exagéré de puissance, une attention instable, une parole très abondante ou rapide et une réduction du besoin de sommeil. [2] Un délire ou des hallucinations peuvent accompagner la manie, dont le retentissement familial, social et professionnel peut être important. [2] L’hypomanie comporte aussi une augmentation anormale et persistante de l’humeur et de l’énergie, mais avec des symptômes et un retentissement quotidien moins importants que dans la manie. [2]
Un épisode dépressif associe typiquement une tristesse ou un sentiment de vide et une perte d’intérêt, avec notamment des troubles du sommeil ou de l’appétit, des difficultés de concentration, un ralentissement ou une agitation et une dévalorisation de soi. [2] Des pensées de mort ou des idées suicidaires peuvent aussi apparaître pendant un épisode dépressif. [2]
Chez l’adolescent, un changement psychique brutal et inhabituel doit alerter ; une phase maniaque peut surtout se manifester par de l’irritabilité, de l’agressivité ou de la violence, tandis qu’une phase dépressive peut s’accompagner d’irritabilité, de troubles des conduites et de plaintes physiques. [2] Une consommation de substances, des prises de risque, un repli, un décrochage scolaire soudain ou des idées suicidaires peuvent également accompagner ces épisodes chez l’adolescent. [2]
Comment le diagnostic est-il établi ?
En présence de changements de l’humeur évocateurs, une consultation avec un médecin psychiatre permet de préciser le diagnostic, souvent en collaboration avec le médecin traitant. [1] Le bilan retrace l’histoire, le type, la fréquence et les circonstances des épisodes ; il recherche aussi des maladies ressemblantes, des médicaments ayant pu déclencher les troubles, des problèmes psychiques associés et une dépendance à l’alcool ou aux drogues. [1] Une phase dépressive bipolaire peut ressembler à une dépression unipolaire sans manie ni hypomanie ; cette distinction nécessite une évaluation médicale car les traitements diffèrent. [2]
Avant d’instaurer un traitement médicamenteux, le médecin recherche les contre-indications et les anomalies pouvant influencer le choix ou la dose du médicament ; le bilan comprend notamment des analyses sanguines, un électrocardiogramme et un électroencéphalogramme, avec d’autres examens selon le cas. [1] Chez une personne âgée, le bilan clinique est particulièrement détaillé car la tolérance aux médicaments peut être réduite. [1]
Quels traitements sont proposés ?
Pour un trouble bipolaire confirmé, le médecin traitant, le psychiatre et l’équipe de soins individualisent un traitement généralement prolongé, reposant le plus souvent sur un médicament régulateur de l’humeur pour atténuer l’épisode en cours et réduire les récidives. [5] Avec l’accord de la personne, une psychothérapie ou une psychoéducation peut compléter les médicaments et aider le patient, ainsi que ses proches s’il le souhaite, à reconnaître les symptômes et à mieux suivre le traitement. [5] Pendant certains épisodes maniaques, des antipsychotiques peuvent réduire le délire ou les hallucinations ; des benzodiazépines leur sont parfois associées. [5] Lorsqu’un antidépresseur est employé pendant un épisode dépressif bipolaire, il est associé à un régulateur de l’humeur afin d’éviter le déclenchement d’un épisode maniaque. [5]
Précautions importantes avec certains médicaments
Le valproate est interdit pendant la grossesse en raison de risques élevés de malformations congénitales et de troubles du développement chez l’enfant exposé avant la naissance. [5] Toute personne ayant un trouble bipolaire et souhaitant une grossesse doit en parler au médecin lors d’une consultation préconceptionnelle afin de la planifier et de réévaluer les traitements. [4] Un homme ou adolescent traité par valproate ou par l’un de ses dérivés ne doit pas l’arrêter sans en parler à son médecin ; en cas de possibilité ou de projet de conception, une contraception efficace doit être discutée pour la durée du traitement et au moins trois mois après son arrêt, et le médecin doit être informé du projet d’enfant. [5]
Chez une fille, une adolescente ou une femme susceptible d’avoir des enfants, un test de grossesse doit être envisagé avant la carbamazépine et une contraception efficace doit être organisée avec le médecin pendant le traitement et jusqu’à deux semaines après son arrêt ; la carbamazépine pouvant faire échouer une contraception hormonale, ce point doit aussi être vérifié avec le prescripteur et le pharmacien. [5]
La lamotrigine peut rarement provoquer des éruptions cutanées très graves, généralement pendant les deux premiers mois : en cas d’éruption ou rougeur, de fièvre, de symptômes pseudo-grippaux, de gonflement du visage, de ganglions, d’irritation de la bouche ou des yeux, de bleus, de saignements inattendus ou de gorge douloureuse, consultez immédiatement votre médecin. [5]
Suivi et prévention des rechutes
Une montée inhabituelle d’énergie ou d’optimisme, le lancement de nombreux projets, une tristesse croissante, des idées noires ou une modification du sommeil peuvent annoncer un nouvel épisode ; en l’absence des situations urgentes décrites plus haut, consultez précocement le médecin ou le psychiatre afin qu’il puisse rapidement adapter la prise en charge. [4] N’interrompez jamais brutalement le traitement sans avis médical, car cela peut entraîner des récidives dépressives ou maniaques plus nombreuses et plus sévères ; signalez au médecin les effets indésirables gênants afin qu’il évalue une adaptation. [4] Même lorsque vous vous sentez bien, maintenez les consultations et examens de surveillance ainsi que les séances de psychothérapie prévues. [4]
Pendant un traitement par lithium, une lithiémie est réalisée régulièrement et la tolérance est surveillée à intervalles réguliers par des analyses sanguines ainsi que par un contrôle du cœur et du fonctionnement de la thyroïde, selon les prescriptions du médecin. [5]
En complément du traitement, un sommeil suffisant et un rythme de vie régulier aident à prévenir de nouveaux épisodes ; il est recommandé de limiter autant que possible les décalages horaires et les voyages de nuit. [4] L’alcool, le tabac et les drogues favorisent la survenue d’épisodes bipolaires ; si nécessaire, demandez au médecin traitant ou à un professionnel spécialisé une aide au sevrage. [4]
Évolution et place des proches
L’évolution varie d’une personne à l’autre et les épisodes maniaques ou dépressifs ont tendance à récidiver, mais une prise en charge rapide et un suivi régulier peuvent atténuer les manifestations et permettre des périodes d’humeur stable. [1] Avec l’accord du patient, les proches peuvent participer à la psychoéducation ou à une thérapie familiale, apprendre à repérer les premiers signes et soutenir le suivi au quotidien. [4] [5]
Sources et références
[1] Diagnostic, bilan initial et évolution du trouble bipolaire | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-11
[2] Symptômes du trouble bipolaire | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-11
[3] Comprendre le trouble bipolaire | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-12
[4] Trouble bipolaire : suivi médical et vie au quotidien | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-12
[5] Traitement du trouble bipolaire | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-12
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