Examens diagnostiques en gynécologie et pendant la grossesse

Les techniques diagnostiques gynécologiques et obstétricales regroupent plusieurs types d’examens destinés à explorer l’appareil génital féminin, à rechercher une infection ou une anomalie, à confirmer une grossesse et à surveiller la santé maternelle et fœtale. [1] [2] Il ne s’agit donc pas d’un examen unique : le choix dépend de la question posée, des symptômes, de l’examen clinique, d’une éventuelle grossesse et des résultats déjà disponibles. [1] [2] Un test de dépistage recherche une anomalie avant qu’un diagnostic soit établi, tandis qu’un examen diagnostique sert à préciser la nature d’un résultat anormal ou la cause probable de symptômes. [1] [2]
L’entretien médical et l’examen clinique orientent les examens
L’évaluation commence généralement par le recueil des symptômes, des antécédents médicaux, chirurgicaux, gynécologiques et obstétricaux, ainsi que des médicaments, suppléments et expositions éventuelles. [1] Pendant une grossesse, les grossesses antérieures et leurs complications, les antécédents familiaux et les facteurs susceptibles d’augmenter le risque de complication font également partie de cette évaluation. [1] L’examen clinique peut comprendre un examen général et, selon le contexte, un examen abdominal ou pelvien afin de rechercher une douleur, un saignement, un écoulement, une lésion ou une anomalie de l’utérus. [1] Les examens plus spécialisés sont notamment utilisés lorsque l’entretien, l’examen clinique et les procédures simples réalisées en consultation ne suffisent pas à poser ou à préciser le diagnostic. [2]
Tests biologiques et prélèvements
Les tests de grossesse recherchent la bêta-hCG dans les urines ou dans le sang. [1] [2] Le dosage sanguin est plus sensible que le test urinaire, mais le résultat dépend notamment du moment auquel le test est réalisé. [2] Pour rechercher une vaginite, le professionnel peut mesurer le pH vaginal, examiner un prélèvement au microscope ou demander un test d’amplification des acides nucléiques. [2] La recherche d’une infection sexuellement transmissible peut reposer sur un prélèvement du col, du vagin, de l’urètre, d’une lésion ou sur un échantillon d’urine ou de sang, selon le micro-organisme recherché. [2]
Le dépistage des anomalies du col de l’utérus peut utiliser un test recherchant des papillomavirus humains à haut risque ou une cytologie cervicale, souvent appelée frottis ou Pap test. [2] Un résultat anormal de dépistage ne constitue pas à lui seul un diagnostic de cancer et peut nécessiter une évaluation complémentaire. [2] La colposcopie examine le vagin et le col avec un dispositif grossissant afin de repérer les zones susceptibles de nécessiter une biopsie. [2] La biopsie prélève un petit fragment de tissu pour permettre son analyse, alors que la colposcopie correspond d’abord à une observation détaillée. [2]
Échographie et autres examens d’imagerie
L’échographie pelvienne est l’examen d’imagerie le plus couramment employé pour évaluer les anomalies de l’appareil génital féminin. [2] Elle peut être réalisée par voie abdominale, transvaginale ou, plus rarement, transrectale. [2] La sonohystérographie associe l’échographie à l’injection de sérum physiologique dans l’utérus afin de mieux faire apparaître la cavité utérine et certaines masses, comme des polypes ou des fibromes sous-muqueux. [2] L’hystérosalpingographie utilise un produit radio-opaque et une imagerie radioscopique pour observer l’utérus et les trompes, notamment afin d’étudier la perméabilité tubaire dans un bilan d’infertilité. [2]
L’IRM peut être utilisée lorsque l’échographie n’est pas adaptée ou ne répond pas suffisamment à la question clinique. [2] La tomodensitométrie est généralement moins précise pour de nombreuses pathologies gynécologiques et expose aux rayonnements, mais elle peut notamment servir à évaluer l’extension de tumeurs gynécologiques. [2] Pendant la grossesse, une imagerie médicalement nécessaire ne doit pas être retardée uniquement en raison de la grossesse, tandis qu’une radiographie abdominale non indispensable peut être reportée. [1] La décision d’utiliser un examen irradiant ou un produit de contraste pendant la grossesse dépend de l’indication, des bénéfices attendus et des risques propres à la technique. [1]
Biopsies, hystéroscopie et laparoscopie
Une biopsie peut concerner le col, la vulve, le vagin ou l’endomètre, qui est la muqueuse située à l’intérieur de l’utérus. [2] Le prélèvement endométrial peut être proposé devant certains saignements utérins anormaux, pour surveiller une hyperplasie de l’endomètre ou lorsqu’un risque particulier de cancer de l’endomètre est identifié. [2] Une grossesse intra-utérine désirée constitue une contre-indication absolue à la biopsie de l’endomètre. [2] Un trouble de la coagulation, un traitement anticoagulant, une infection génitale aiguë ou certaines difficultés d’accès au col peuvent aussi modifier la décision ou les conditions de réalisation d’une biopsie endométriale. [2] Les effets indésirables les plus fréquents d’une biopsie endométriale sont les crampes utérines et les réactions vagales, tandis que la perforation utérine est une complication rare mais plus grave. [2]
L’hystéroscopie consiste à introduire une caméra par le col afin d’inspecter la cavité utérine et, si nécessaire, d’effectuer une biopsie ciblée ou certains gestes thérapeutiques. [2] La laparoscopie utilise de petites incisions abdominales pour introduire une caméra et examiner la cavité abdominale. [2] Elle peut être envisagée lorsque certaines anomalies, comme une endométriose ou un kyste ovarien complexe, ne sont pas suffisamment détectées ou caractérisées par l’imagerie. [2] Ces explorations peuvent avoir à la fois une fonction diagnostique et une fonction thérapeutique, ce qui les distingue d’un simple examen d’imagerie. [2]
Examens utilisés pendant la grossesse
Le suivi obstétrical associe l’entretien médical, l’examen clinique, des analyses de sang et d’urine, des prélèvements et des échographies. [1] Ces examens servent notamment à confirmer et dater la grossesse, à suivre la croissance et le développement du fœtus et à rechercher des complications maternelles ou fœtales. [1] L’âge gestationnel peut être estimé à partir des dernières règles et de l’examen clinique, mais l’échographie du premier trimestre fournit l’estimation la plus précise lorsque les informations menstruelles sont incertaines ou indisponibles. [1] Une échographie plus précoce peut aussi être réalisée en présence de symptômes tels que des saignements vaginaux ou des douleurs pelviennes. [1] Au premier trimestre, la voie endovaginale peut améliorer la précision de l’échographie lorsqu’il faut rechercher l’origine d’une douleur ou d’un saignement, localiser la grossesse ou en évaluer la viabilité. [1]
Pendant la grossesse, des saignements vaginaux, une perte de liquide, des contractions persistantes, une fièvre, une diminution des mouvements fœtaux, une douleur sévère persistante, un malaise, une difficulté à respirer, des troubles visuels ou un gonflement inhabituel doivent conduire à contacter l’équipe obstétricale. [1]
Comment comprendre le résultat et préparer la consultation
La portée d’un résultat dépend de la technique utilisée, du motif de l’examen et des autres informations cliniques disponibles. [1] [2] Un examen anormal peut orienter vers une biopsie ou une exploration complémentaire, mais le choix de cette étape dépend de l’anomalie observée. [2] Avant un examen, il est utile de signaler une grossesse connue ou possible, les traitements anticoagulants et tout symptôme pouvant évoquer une infection, car ces éléments peuvent modifier le choix ou les conditions de réalisation de certaines procédures. [1] [2] Le compte rendu doit être interprété en lien avec la question clinique initiale plutôt que comme un diagnostic isolé. [1] [2]
Sources et références
[1] Évaluation de la patiente obstétricale - Gynécologie et obstétrique - Édition professionnelle du Manuel MSD
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-11
[2] Tests et procédures diagnostiques gynécologiques - Gynécologie et obstétrique - Édition professionnelle du Manuel MSD
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-11
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