Syndrome de Wolff-Parkinson-White : symptômes, diagnostic, risques et traitements

Trouver un professionnel
Arythmie cardiaque par ville
Le syndrome de Wolff-Parkinson-White, ou syndrome de WPW, est un trouble cardiaque congénital lié à une voie électrique supplémentaire entre les oreillettes et les ventricules. [2] Cette voie accessoire peut court-circuiter une partie du système électrique normal du cœur et favoriser des accès soudains de rythme cardiaque très rapide. [1] La voie est présente dès la naissance, mais les troubles du rythme apparaissent souvent à l’adolescence ou au début de l’âge adulte et peuvent aussi se manifester à d’autres âges. [2]
Quelle différence entre pré-excitation et syndrome de WPW ?
La pré-excitation ventriculaire désigne l’activation trop précoce d’une partie des ventricules par la voie accessoire, ce qui peut produire un aspect caractéristique sur l’électrocardiogramme. [1] Le terme de syndrome de WPW est réservé à l’association de cet aspect électrique avec une tachyarythmie et des symptômes tels que des palpitations, un malaise ou une perte de connaissance. [4] Une personne peut donc présenter un aspect de pré-excitation sur son ECG sans avoir jamais ressenti de symptôme ni développé d’arythmie. [4] À l’inverse, certaines voies dites cachées ne produisent pas l’aspect habituel au repos, mais peuvent néanmoins participer à une tachycardie. [1] [4]
Comment la voie accessoire provoque-t-elle une tachycardie ?
Dans le cœur normal, le signal électrique passe des oreillettes aux ventricules par le nœud auriculoventriculaire, où sa transmission est momentanément ralentie. [4] Dans le syndrome de WPW, la voie supplémentaire peut contourner ce ralentissement et conduire l’influx directement vers les ventricules. [4] Elle peut aussi former avec la voie normale un circuit électrique en boucle, appelé tachycardie par réentrée auriculoventriculaire. [1] Cette réentrée explique le début et l’arrêt souvent brusques des accès de tachycardie. [1]
Quels sont les symptômes possibles ?
Le symptôme le plus fréquent est un accès de palpitations rapides, généralement régulières, qui commence et se termine brutalement. [1] Pendant une crise, une personne peut également ressentir un essoufflement, une gêne ou une douleur thoracique, une faiblesse, des étourdissements ou un malaise précédant une perte de connaissance. [1] [4] Une perte de connaissance est possible, mais elle est moins fréquente que les palpitations. [1] Entre les épisodes, l’examen clinique peut être normal, ce qui ne permet pas d’écarter le trouble sur la seule absence de symptôme au moment de la consultation. [1]
Chez le nourrisson, une arythmie peut se manifester par une respiration difficile, une léthargie, des difficultés à s’alimenter ou des pulsations thoraciques rapides et visibles. [2] Une tachycardie prolongée peut entraîner une insuffisance cardiaque chez le nourrisson. [1]
Quels sont les risques du syndrome de WPW ?
La plupart des manifestations sont liées à des accès de tachycardie, mais la voie accessoire peut aussi transmettre très rapidement aux ventricules une fibrillation atriale. [2] Dans cette situation, le rythme ventriculaire peut devenir extrêmement rapide et évoluer vers une fibrillation ventriculaire. [1] La fibrillation ventriculaire peut provoquer un arrêt cardiaque et une mort subite si elle n’est pas rapidement traitée. [2] Cette complication est rare, mais elle explique pourquoi l’évaluation ne repose pas uniquement sur l’intensité ressentie des palpitations. [1] [4]
Comment le diagnostic est-il établi ?
L’électrocardiogramme, ou ECG, constitue l’examen de base pour rechercher une pré-excitation et analyser le rythme cardiaque. [1] Il s’agit d’un examen rapide et indolore qui enregistre l’activité électrique du cœur au moyen d’électrodes placées sur le thorax et les membres. [3] Dans la forme manifeste classique, l’ECG montre notamment un intervalle PR court, un complexe QRS élargi et une montée initiale empâtée appelée onde delta. [1] L’aspect de pré-excitation peut modifier la forme habituelle de l’ECG et compliquer l’interprétation de certaines autres anomalies cardiaques. [4] Un ECG normal isolé n’exclut pas toutes les voies accessoires, car certaines ne conduisent que par intermittence ou uniquement dans un sens qui ne produit pas de pré-excitation au repos. [4]
En quoi consiste l’évaluation complémentaire ?
L’évaluation tient compte des symptômes, des antécédents de tachycardie ou de perte de connaissance, de l’aspect de l’ECG et des caractéristiques supposées de la voie accessoire. [4] Selon la situation, elle peut comprendre une surveillance ambulatoire de l’ECG, une épreuve d’effort ou une exploration électrophysiologique destinée à étudier la voie accessoire. [4] L’exploration électrophysiologique utilise des cathéters introduits jusqu’au cœur pour enregistrer et stimuler son activité électrique. [3] Elle peut servir à préciser le mécanisme de l’arythmie, à localiser la voie et à déterminer si une ablation est indiquée. [4]
Quels sont les principes du traitement ?
Le traitement d’une crise dépend du rythme enregistré et de sa tolérance par la personne. [1] En milieu médical, une tachycardie mal tolérée sur le plan circulatoire peut nécessiter une cardioversion électrique synchronisée. [1] Pour certaines tachycardies régulières et bien tolérées, des manœuvres stimulant le nerf vague peuvent être tentées sous la conduite de professionnels qui en enseignent la réalisation adaptée. [2] Le choix d’un médicament dépend impérativement du type de tachycardie, car des médicaments qui ralentissent le nœud auriculoventriculaire peuvent être dangereux en présence d’une fibrillation atriale pré-excitée. [4] Cette particularité exclut toute tentative d’automédication pour interrompre une crise. [4]
À long terme, l’ablation par cathéter vise à neutraliser la voie électrique accessoire responsable des arythmies. [1] Elle constitue le traitement de référence lorsqu’une tachyarythmie liée au syndrome de WPW a été documentée ou lorsque les symptômes sont très évocateurs. [1] L’intervention est généralement efficace, mais elle comporte un risque de complication et une possibilité de récidive qui doivent être discutés avant la procédure. [1] Un traitement antiarythmique peut être envisagé lorsque l’ablation n’est pas réalisable ou n’est pas souhaitée, avec un choix adapté au rythme et aux autres maladies cardiaques. [4]
Que se passe-t-il en l’absence de symptômes ?
La plupart des personnes ayant seulement un aspect de pré-excitation sur l’ECG ne développeront jamais d’arythmie et resteront asymptomatiques. [4] Une pré-excitation asymptomatique ne nécessite pas automatiquement un traitement immédiat. [4] Une évaluation cardiologique peut néanmoins être proposée afin d’estimer le risque de tachyarythmie et de discuter l’intérêt d’examens complémentaires ou d’une ablation. [4] La stratégie est individualisée, car les méthodes de classement du risque ne permettent pas d’identifier parfaitement toutes les voies à risque. [4]
Sources et références
[1] Syndrome de Wolff-Parkinson-White - Cardiologie - Édition professionnelle du Manuel MSD
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-11
[2] Syndrome de Wolff-Parkinson-White (WPW) - Troubles cardiaques et vasculaires - Manuels MSD pour le grand public
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[3] Les faits en bref:Syndrome de Wolff-Parkinson-White (WPW) - Manuels MSD pour le grand public
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[4] Wolff-Parkinson-White Syndrome - StatPearls - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
La téléconsultation peut être envisagée selon votre situation
- Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée
- Peut être remboursée selon conditions *
* Dans le cadre du parcours de soins coordonné. Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée à votre situation.
Téléconsultation : préparer votre rendez-vous
Une consultation à distance peut être envisagée avec votre médecin. Il détermine si elle convient à votre situation ou si un examen en présence est nécessaire.
Avant le rendez-vous
- Notez le motif de consultation, les symptômes et leur durée.
- Préparez la liste de vos traitements, vos allergies connues et les comptes rendus ou résultats déjà disponibles.
- Installez-vous dans un endroit calme et confidentiel, avec une connexion et un appareil permettant la vidéo.
Organiser la suite
Contactez votre médecin habituel ou le professionnel qui vous suit pour organiser la consultation. Selon votre situation, une consultation en présence pourra être nécessaire.
En cas d’urgence médicale, appelez le 15 ou le 112 ; n’attendez pas une téléconsultation.
Informations pratiques : Assurance Maladie — téléconsultation · Service Public — numéros d’urgence.