Syndrome de Sjögren-Larsson : cause, manifestations, diagnostic et prise en charge

Le syndrome de Sjögren-Larsson est une maladie génétique rare qui touche principalement la peau, le système nerveux central et les yeux. [1] Il associe classiquement une ichtyose, c’est-à-dire une peau anormalement sèche et squameuse, une raideur des membres inférieurs due à la spasticité et une déficience cognitive d’intensité variable. [1] Les premiers signes apparaissent habituellement pendant la période prénatale, à la naissance ou au cours des premières années de vie. [1] La maladie a été décrite dans plusieurs régions du monde, même si le plus grand nombre de personnes identifiées historiquement se trouve en Suède. [1]
Quelle est la cause du syndrome de Sjögren-Larsson ?
Le syndrome de Sjögren-Larsson est causé par des mutations du gène ALDH3A2, qui contient les instructions nécessaires à la production de la déshydrogénase des aldéhydes gras, ou FALDH. [1] La transmission est autosomique récessive. [1] Le déficit en FALDH perturbe la transformation de certains aldéhydes et alcools gras en acides gras. [1] L’accumulation de ces substances et d’autres lipides apparentés altère notamment le fonctionnement des membranes cellulaires de la peau et du cerveau. [1] Dans la peau, ces anomalies perturbent la barrière qui limite normalement la perte d’eau, ce qui contribue à l’ichtyose. [1]
Quelles sont les manifestations de la maladie ?
Une naissance prématurée est fréquente chez les enfants atteints du syndrome de Sjögren-Larsson. [1] L’ichtyose est généralement visible dès la naissance ou apparaît pendant la petite enfance. [1] La peau peut d’abord être rouge et épaissie, puis devenir sèche et couverte de squames. [1] L’atteinte peut concerner une grande partie du corps, avec une prédominance possible dans les plis du cou et le bas de l’abdomen et un respect relatif du centre du visage. [1] Des démangeaisons parfois très gênantes accompagnent souvent cette ichtyose. [1]
Les manifestations neurologiques commencent le plus souvent pendant la première ou la deuxième année de vie. [1] La spasticité correspond à une augmentation anormale du tonus musculaire et touche généralement davantage les jambes que les bras. [1] Elle peut retarder l’acquisition de la position assise, du déplacement à quatre pattes et de la marche. [1] La marche autonome peut être difficile, certaines personnes ayant besoin d’orthèses ou de cannes tandis que beaucoup deviennent dépendantes d’un fauteuil roulant. [1] Des rétractions musculaires ou articulaires sont fréquentes au cours de l’évolution. [1]
Les difficultés cognitives sont le plus souvent légères à modérées, mais leur importance varie d’une personne à l’autre. [1] Des difficultés de langage, une parole peu distincte et une altération de la motricité du visage et de la bouche sont également courantes. [1] Des crises d’épilepsie isolées ou peu fréquentes ont été rapportées chez environ 35 à 40 % des personnes étudiées. [1] Ces crises sont généralement généralisées et peuvent habituellement être contrôlées par un traitement antiépileptique, sans qu’un médicament particulier se soit montré spécifiquement supérieur dans ce syndrome. [1]
L’atteinte oculaire caractéristique consiste en de petits dépôts cristallins blanchâtres et brillants dans la rétine, notamment au niveau de la macula. [1] Ces dépôts ne sont pas présents chez toutes les personnes atteintes et peuvent n’apparaître que plus tard, ce qui limite leur utilité chez le nourrisson. [1] Lorsqu’ils sont présents, ils constituent un signe très évocateur permettant de distinguer le syndrome d’autres maladies neurocutanées. [1]
Comment le diagnostic est-il confirmé ?
L’association d’une ichtyose précoce, d’une spasticité prédominant dans les jambes et de difficultés du développement peut orienter vers le syndrome de Sjögren-Larsson. [1] La confirmation repose sur la mise en évidence d’une activité déficitaire de la FALDH dans des fibroblastes cultivés ou sur l’identification de mutations responsables dans le gène ALDH3A2. [1] L’analyse de certains métabolites urinaires du leucotriène B4 peut apporter une approche diagnostique non invasive, mais la revue ne la présente pas comme un remplacement systématique de la confirmation enzymatique ou génétique. [1]
L’imagerie par résonance magnétique cérébrale peut montrer des anomalies de la substance blanche autour des ventricules et dans les régions profondes du cerveau. [1] Ces anomalies d’imagerie sont associées aux manifestations neurologiques, mais le diagnostic exige une confirmation biologique ou génétique. [1] Un examen ophtalmologique complété, si nécessaire, par une tomographie en cohérence optique peut mettre en évidence les cristaux maculaires et de petites cavités rétiniennes. [1]
Comment la maladie évolue-t-elle ?
Le retentissement moteur peut devenir important en raison de la spasticité et des rétractions, alors que l’atteinte des bras et la tétraplégie restent inhabituelles. [1] La revue rapporte qu’aucune détérioration cognitive n’a été observée au moins pendant les trois à quatre premières décennies de vie, bien que le niveau initial de difficultés varie. [1] Les anomalies de la substance blanche cérébrale semblent davantage correspondre à un développement anormal de la myéline qu’à sa destruction secondaire. [1] L’importance respective des mécanismes responsables des atteintes cutanées, neurologiques et oculaires reste toutefois imparfaitement comprise. [1]
Quels sont les principes de la prise en charge ?
La revue publiée en 2020 ne rapportait aucun traitement curatif du syndrome de Sjögren-Larsson. [1] La prise en charge décrite est principalement symptomatique et fait intervenir plusieurs disciplines, notamment la neurologie, la dermatologie, l’ophtalmologie et la réadaptation. [1] Pour la peau, les soins visent à restaurer la barrière cutanée et à réduire les squames grâce à des produits hydratants et à des traitements kératolytiques. [1] Des rétinoïdes peuvent améliorer les manifestations cutanées, mais leur utilisation exige une prescription, une adaptation et une surveillance régulière par un dermatologue. [1]
La spasticité peut être prise en charge par la rééducation, des médicaments agissant sur le tonus musculaire et, dans certaines situations, des traitements spécialisés ou des interventions chirurgicales. [1] Les effets indésirables généraux de certains médicaments contre la spasticité peuvent limiter leur utilité. [1] Une intervention précoce en orthophonie est recommandée dans la revue afin de soutenir le développement de la parole et du langage. [1] Les crises d’épilepsie, lorsqu’elles surviennent, relèvent d’un traitement adapté à chaque personne. [1]
Des modifications alimentaires des lipides ont été étudiées chez un très petit nombre de patients, avec des résultats limités et sans effet neurologique convaincant. [1] Ces régimes ne constituent donc pas, d’après cette revue, une consigne alimentaire à entreprendre sans encadrement spécialisé. [1] Plusieurs approches ciblant le métabolisme des aldéhydes gras, l’activité résiduelle de la FALDH ou le transfert de gène étaient encore expérimentales ou précliniques dans la revue de 2020. [1]
Sources et références
[1] Sjogren-Larsson Syndrome: Mechanisms and Management
www.ebi.ac.uk · Version : 2020-01-07 · Consulté le 2026-09-16
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