Syndrome de Rothmund-Thomson : signes, diagnostic et suivi

Le syndrome de Rothmund-Thomson est une maladie génétique très rare qui touche principalement la peau, la croissance et le squelette, avec des manifestations oculaires ou dentaires possibles et une prédisposition à certains cancers. [1] [3] Son signe le plus caractéristique est une éruption débutant habituellement pendant la première année de vie, puis évoluant vers une poïkilodermie persistante. [1] [3] La poïkilodermie associe des zones de pigmentation plus claire ou plus foncée, de petits vaisseaux visibles appelés télangiectasies et un amincissement ponctuel de la peau. [1] [3] Les manifestations varient d’une personne à l’autre, si bien que le diagnostic repose sur l’ensemble du tableau clinique et, lorsqu’elle est informative, sur l’analyse génétique. [1] [2] [3]
Comment l’éruption cutanée évolue-t-elle ?
L’éruption commence le plus souvent entre trois et six mois, parfois plus tardivement jusqu’à l’âge de deux ans. [1] Elle apparaît généralement sur le visage sous forme de rougeur, de gonflement et parfois de cloques, avant de gagner les fesses et les membres. [1] [3] Le tronc et l’abdomen sont habituellement épargnés dans la présentation classique. [2] [3] En quelques mois ou années, l’éruption prend l’aspect chronique de la poïkilodermie, qui persiste ensuite toute la vie. [1] Environ un tiers des personnes présentent également une hyperkératose, c’est-à-dire un épaississement de la couche superficielle de la peau. [1] [3] Chez certaines personnes, les rougeurs s’accentuent après une exposition au soleil. [2] [3]
Quels autres signes peuvent être associés ?
Les cheveux peuvent être fins, cassants ou clairsemés, tandis que les sourcils et les cils peuvent être peu fournis ou absents. [1] [3] Des anomalies des ongles et des dents sont possibles, notamment des dents petites ou mal formées, des racines courtes et une fréquence accrue de caries. [2] [3] Un petit poids de naissance, une prise de poids lente et une petite taille proportionnée sont fréquemment observés. [2] [3] Le développement intellectuel est normal chez la majorité des personnes présentant la forme classique du syndrome. [2] [3]
Les anomalies du squelette peuvent concerner l’avant-bras et le pouce, la rotule, la structure des os ou leur densité. [1] [3] Certaines anomalies osseuses ne sont visibles que sur les radiographies et ne peuvent pas être reconnues par le seul examen extérieur. [3] La cataracte juvénile, souvent bilatérale et rapidement progressive, concerne surtout certains profils génétiques et n’est pas présente chez toutes les personnes atteintes. [2] [3] Des difficultés alimentaires, une diarrhée pendant la petite enfance et diverses anomalies hématologiques ont également été rapportées. [1] [2]
Quels sont les gènes et les sous-types concernés ?
Le syndrome de Rothmund-Thomson se transmet sur un mode autosomique récessif, ce qui signifie que la maladie est liée à deux variants pathogènes, l’un hérité de chaque parent. [1] La synthèse clinique fournie retient comme confirmation moléculaire l’identification de variants pathogènes sur les deux copies du gène RECQL4 ou du gène ANAPC1. [1] La classification historique distinguait un type 1 sans variant identifié dans RECQL4, davantage associé aux cataractes juvéniles, et un type 2 lié à RECQL4, davantage associé aux anomalies squelettiques et à l’ostéosarcome. [2] [3] Des variants bialléliques d’ANAPC1 expliquent une partie des présentations historiquement classées comme type 1. [2]
Des publications récentes décrivent aussi des personnes porteuses de variants bialléliques de CRIPT ou de DNA2 avec un tableau ressemblant au syndrome de Rothmund-Thomson. [2] Ces groupes ne comptent encore que peu de personnes, ce qui ne permet pas d’établir des relations certaines entre chaque gène, les manifestations attendues et les risques à long terme. [2] Les atteintes neurologiques paraissent plus fréquentes dans les tableaux liés à CRIPT, tandis que les tableaux liés à DNA2 rapportés dans cette revue comportaient notamment une poïkilodermie étendue, un retard de croissance sévère et des cataractes congénitales. [2] Ces données émergentes doivent donc être interprétées par une équipe spécialisée plutôt que comme des sous-types définitivement délimités. [2]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Le diagnostic repose d’abord sur les manifestations cliniques, en particulier l’apparition et l’évolution caractéristiques de la poïkilodermie. [1] [3] La diversité des présentations impose d’examiner également la croissance, le squelette, les yeux, les cheveux, les ongles et les dents. [2] [3] Une analyse génétique moléculaire peut confirmer le diagnostic lorsqu’elle met en évidence des variants pathogènes bialléliques compatibles. [1] L’absence de variant identifié dans RECQL4 ne suffit pas, à elle seule, à écarter le diagnostic, car d’autres causes génétiques ont été décrites. [2]
Quelles maladies peuvent lui ressembler ?
La poïkilodermie n’est pas propre au syndrome de Rothmund-Thomson et peut être observée dans d’autres maladies génétiques de la peau. [3] Des variants bialléliques de RECQL4 peuvent aussi être associés aux syndromes RAPADILINO et de Baller-Gerold, qui conservent des dénominations distinctes malgré un chevauchement clinique et génétique. [2] L’absence de poïkilodermie est un élément important en faveur du syndrome RAPADILINO plutôt que du syndrome de Rothmund-Thomson. [2] Le syndrome de Baller-Gerold est principalement caractérisé par une fermeture prématurée de certaines sutures du crâne et des anomalies du rayon radial. [2] Comme une même variation de RECQL4 peut être associée à des tableaux différents, le résultat génétique doit être confronté aux manifestations de la personne. [2] [3]
Quels traitements peuvent être proposés ?
La prise en charge décrite est adaptée aux manifestations présentes chez chaque personne. [1] [3] Un laser à colorant pulsé peut être proposé à visée esthétique pour atténuer la composante télangiectasique de la poïkilodermie. [1] [3] Une cataracte peut nécessiter une intervention chirurgicale. [1] [3] Les cancers et les anomalies hématologiques sont traités selon les principes habituels correspondant à l’affection diagnostiquée. [1] Une prise en charge multidisciplinaire peut associer notamment les compétences dermatologiques, ophtalmologiques, orthopédiques et oncologiques. [3]
Quel suivi est recommandé et quels signes nécessitent une évaluation rapide ?
Le résumé GeneReviews transmis, dont la date de version n’est pas renseignée dans les documents disponibles, recommande un examen général, dermatologique et ophtalmologique annuel. [1] Le suivi porte notamment sur la santé générale, la croissance, l’apparition d’une cataracte et les lésions cutanées dont la couleur ou la texture devient inhabituelle. [1] Le risque tumoral concerne particulièrement l’ostéosarcome, un cancer de l’os, ainsi que certains cancers cutanés. [1] [2] [3]
Une douleur osseuse, un gonflement ou une masse qui augmente de volume sur un membre doit conduire rapidement à un examen médical et à l’imagerie osseuse indiquée pour rechercher un ostéosarcome. [1] Ce même résumé précise qu’en l’absence de signe évocateur, le dépistage radiologique systématique de l’ostéosarcome n’est pas recommandé ; faute de version complète et datée transmise, cette stratégie ne peut pas être présentée ici comme une recommandation spécialisée actuelle. [1]
Quelles précautions et quels conseils génétiques sont utiles ?
Il est conseillé d’éviter les expositions excessives au soleil et à la chaleur. [1] La revue clinique plus ancienne recommande également l’utilisation d’une protection solaire. [3] L’hormone de croissance doit être évitée chez une personne de petite taille dont les taux d’hormone de croissance sont normaux. [1]
Pour chaque nouvelle grossesse du même couple parental, un frère ou une sœur d’une personne atteinte a une probabilité de 25 % d’être atteint, de 50 % d’être porteur sans symptôme et de 25 % de n’être ni atteint ni porteur. [1] Lorsque les variants familiaux sont connus, une recherche du statut de porteur chez les proches à risque ainsi que des analyses prénatales ou préimplantatoires sont techniquement possibles. [1] Ces possibilités doivent être discutées dans le cadre d’un conseil génétique afin d’interpréter le résultat dans l’histoire de la famille. [1]
Sources et références
[1] Rothmund-Thomson Syndrome - GeneReviews® - NCBI Bookshelf
GeneReviews, University of Washington, diffusion NCBI Bookshelf · Consulté le 2026-09-13
[2] Rothmund-Thomson syndrome, a disorder far from solved
www.ebi.ac.uk · Version : 2023-11-10 · Consulté le 2026-09-16
[3] Rothmund-Thomson syndrome
www.ebi.ac.uk · Version : 2010-01-29 · Consulté le 2026-09-16
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