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Syndrome de Fanconi : causes, signes, diagnostic et traitement

Le syndrome de Fanconi est un trouble rénal rare dans lequel la partie proximale des tubules rénaux ne réabsorbe pas correctement plusieurs substances utiles à l’organisme. [1] [2] Du glucose, des phosphates, des acides aminés, du bicarbonate, de l’acide urique, du potassium, du sodium et de l’eau peuvent ainsi être perdus en quantité excessive dans les urines. [1] [2] Ces pertes peuvent provoquer des anomalies du sang, des troubles osseux, une faiblesse musculaire et, dans certaines formes, une dégradation de la fonction rénale. [1] [2] Le syndrome de Fanconi n’a pas de lien avec l’anémie de Fanconi et ne doit pas être confondu avec cette maladie. [1]

Un syndrome héréditaire ou acquis

Le syndrome de Fanconi peut être héréditaire ou apparaître secondairement au cours de la vie. [1] [2] La forme héréditaire accompagne habituellement une autre maladie génétique, en particulier la cystinose. [1] [2] La cystinose entraîne une accumulation anormale de cystine dans les cellules et les tissus et peut également toucher les yeux, le foie ou la thyroïde. [1] [2] D’autres maladies génétiques peuvent être associées au syndrome, notamment la maladie de Wilson, l’intolérance héréditaire au fructose, la galactosémie, le syndrome de Lowe, certaines maladies mitochondriales et la tyrosinémie. [2]

Une forme acquise peut être provoquée par certains médicaments, notamment certains traitements anticancéreux ou antirétroviraux et des tétracyclines périmées. [1] [2] Elle peut aussi survenir après une transplantation rénale ou dans le contexte d’un myélome multiple, d’une amylose, d’une exposition à des métaux lourds ou à d’autres substances chimiques. [1] [2] Une carence en vitamine D figure également parmi les situations associées rapportées. [1] [2]

Quels sont les signes du syndrome de Fanconi ?

Dans les formes héréditaires, une soif importante et des urines abondantes apparaissent habituellement au cours de la petite enfance. [1] [2] Les pertes de bicarbonate, de potassium et de phosphates peuvent s’accompagner d’une acidose tubulaire proximale, d’un faible taux de potassium et d’un rachitisme lié au manque de phosphates. [2] Lorsqu’une cystinose est en cause, un retard ou un ralentissement de la croissance est fréquent. [1] [2] Cette association peut évoluer vers une maladie rénale chronique, voire une insuffisance rénale nécessitant une transplantation pendant l’enfance. [1] [2]

Chez l’adulte, notamment dans les formes acquises, les premières manifestations peuvent être uniquement des anomalies biologiques comme une acidose, un faible taux de phosphates ou un faible taux de potassium. [2] Les symptômes les plus fréquents chez l’adulte sont une diminution de la force musculaire et des douleurs osseuses liées à une fragilisation de l’os appelée ostéomalacie. [1] [2] Des lésions osseuses ou rénales peuvent être déjà présentes lorsque le diagnostic est posé. [1]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Les symptômes et certaines anomalies découvertes dans le sang ou les urines peuvent conduire le médecin à suspecter un syndrome de Fanconi. [1] Le diagnostic repose sur des analyses urinaires montrant notamment une perte de glucose alors que la glycémie est normale, ainsi qu’une perte de phosphates et d’acides aminés. [1] [2] La présence de glucose dans les urines doit donc être interprétée avec le taux de glucose dans le sang et avec les autres pertes urinaires. [1] [2] Lorsque la cystinose est envisagée, un examen de l’œil à la lampe à fente peut mettre en évidence des cristaux de cystine dans la cornée. [2]

Quels sont les principes du traitement ?

Le traitement vise à corriger les pertes et leurs conséquences, à prendre en charge une éventuelle insuffisance rénale et, dans une forme acquise, à éliminer la substance toxique en cause. [1] [2] Le bicarbonate ou le citrate de sodium ou de potassium peut être utilisé pour diminuer l’acidose, selon les déficits constatés. [1] [2] Un manque de potassium peut nécessiter une supplémentation adaptée. [1] [2] La correction du manque de phosphates et d’une carence en vitamine D favorise la guérison du rachitisme hypophosphatémique. [1] [2] Un traitement précoce chez l’enfant peut limiter l’aggravation des atteintes osseuses ou rénales et améliorer les chances d’atteindre une taille normale. [1] [2]

Une transplantation rénale peut traiter l’insuffisance rénale sévère associée au syndrome. [1] [2] Lorsque la maladie sous-jacente est une cystinose, la transplantation traite l’atteinte rénale mais n’empêche pas nécessairement la progression des lésions dans les autres organes. [1] [2]

Évolution et limites de la prévention

L’évolution dépend notamment de la cause du syndrome et de l’importance des atteintes osseuses et rénales. [1] [2] Les formes héréditaires sont liées à une maladie génétique, tandis que certaines formes acquises sont associées à un médicament, à une substance toxique ou à une autre maladie. [1] [2] Dans une forme acquise, l’identification et l’élimination de l’agent néphrotoxique font partie du traitement. [2]

Sources et références

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