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Syndrome de Beckwith-Wiedemann : signes, diagnostic, prise en charge et suivi

Le syndrome de Beckwith-Wiedemann est un trouble congénital de la croissance lié à une dérégulation génétique ou épigénétique de la région 11p15.5 du chromosome 11. [2] Il est aujourd’hui considéré comme un spectre clinique, car une personne peut présenter de nombreuses manifestations caractéristiques ou seulement une ou deux d’entre elles. [1] Ses manifestations possibles comprennent notamment une langue anormalement volumineuse, une croissance excessive ou asymétrique, une anomalie de la paroi abdominale, une hypoglycémie néonatale et une prédisposition à certaines tumeurs de l’enfant. [1] La diversité des présentations impose une évaluation individualisée et ne permet pas de confirmer ou d’écarter le syndrome à partir d’un signe isolé. [1]

Quels sont les principaux signes du syndrome ?

La macroglossie, c’est-à-dire l’augmentation réelle du volume de la langue, est généralement présente dès la naissance. [1] Chez le nouveau-né ou le nourrisson, elle peut gêner la respiration ou l’alimentation, tandis que sa sévérité et ses conséquences varient d’un enfant à l’autre. [1] L’omphalocèle est une anomalie de la paroi abdominale au niveau de l’ombilic, dans laquelle des organes abdominaux font saillie à travers l’ouverture. [2] D’autres anomalies ombilicales, comme une hernie importante ou un écartement des muscles abdominaux, peuvent aussi contribuer à l’évaluation clinique. [1]

La croissance peut être excessive avant ou après la naissance, mais elle ralentit habituellement vers l’âge de sept à huit ans et la taille adulte se situe généralement dans les valeurs normales. [1] La croissance latéralisée, autrefois appelée hémihypertrophie, correspond à une augmentation asymétrique du nombre de cellules dans une région du corps. [1] Elle peut concerner un segment, plusieurs membres ou certains organes, et devenir plus ou moins visible au cours de la croissance. [1] Une asymétrie légère n’est toutefois pas spécifique du syndrome et doit être distinguée d’une diminution de croissance d’un côté du corps. [1]

Une hypoglycémie survient chez une proportion importante des nouveau-nés atteints et la plupart des épisodes sont légers et transitoires. [1] Certaines hypoglycémies persistent en raison d’un hyperinsulinisme, c’est-à-dire d’une sécrétion ou d’une action excessive de l’insuline au moment où la glycémie est basse. [1] Le syndrome peut également s’accompagner d’une augmentation du volume des organes, d’anomalies rénales, de plis ou de petites dépressions caractéristiques des oreilles et, plus rarement, d’autres anomalies congénitales. [1]

Quand une évaluation médicale immédiate est-elle nécessaire ?

Chez un nouveau-né ou un nourrisson présentant une macroglossie, une difficulté à respirer ou une gêne importante pour s’alimenter nécessite une évaluation médicale immédiate. [1] [2] Une hypoglycémie suspectée chez un nouveau-né, notamment devant une somnolence inhabituelle, une faiblesse ou des difficultés alimentaires, doit également être évaluée et corrigée rapidement. [2] Une hypoglycémie sévère non détectée ou non traitée expose à des séquelles neurologiques et développementales. [1] [2]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic repose d’abord sur l’association et le degré de spécificité des manifestations cliniques, et non sur une caractéristique isolée prise hors de son contexte. [1] Parmi les signes particulièrement évocateurs figurent la macroglossie, l’omphalocèle, la croissance latéralisée, l’hypoglycémie hyperinsulinémique et certaines tumeurs embryonnaires. [1] Des signes moins spécifiques, comme une anomalie rénale, une augmentation du volume des organes, des particularités des oreilles ou une hypoglycémie transitoire, prennent davantage de sens lorsqu’ils sont associés à d’autres manifestations. [1] Des systèmes de critères peuvent aider à orienter les tests et la prise en charge, mais aucun ensemble de critères cliniques n’est universellement accepté. [1]

L’étude moléculaire recherche principalement une anomalie de méthylation ou du nombre de copies dans la région 11p15.5, une disomie uniparentale paternelle ou une variation pathogène de CDKN1C. [1] La méthylation est un mécanisme épigénétique qui contribue à déterminer quelle copie, maternelle ou paternelle, de certains gènes soumis à empreinte est exprimée. [1] Ces analyses permettent d’identifier une anomalie chez plus de 80 % des personnes atteintes, mais leur sensibilité n’est pas totale. [1] Une analyse sanguine négative n’exclut donc pas nécessairement le diagnostic lorsque les signes restent évocateurs. [1] Cette limite s’explique notamment par le mosaïcisme, dans lequel l’anomalie n’est présente que dans une partie des cellules ou des tissus. [1] Dans cette situation, l’équipe spécialisée peut discuter l’analyse d’un autre tissu, en particulier d’une région atteinte. [1]

Quels traitements peuvent être proposés ?

Il n’existe pas une prise en charge unique du syndrome : les soins visent les manifestations présentes et leur retentissement. [1] Une hypoglycémie légère peut être traitée par l’alimentation, tandis qu’une supplémentation en glucose est utilisée lorsqu’elle est nécessaire. [1] Un hyperinsulinisme persistant relève d’une prise en charge endocrinologique, et une chirurgie pancréatique partielle peut être envisagée dans les formes ne répondant pas au traitement médicamenteux. [1]

Lorsque la macroglossie perturbe la respiration ou l’alimentation, un soutien respiratoire ou nutritionnel peut être nécessaire. [1] Une réduction chirurgicale de la langue peut être discutée selon la gravité des difficultés respiratoires, alimentaires, dentaires ou fonctionnelles. [1] L’omphalocèle nécessite une évaluation chirurgicale pédiatrique et une prise en charge adaptée à son importance. [1] Une différence de longueur des jambes peut justifier une surveillance orthopédique, une compensation dans la chaussure ou, dans certaines situations, une intervention chirurgicale. [1]

Pourquoi le suivi tumoral est-il important ?

Le syndrome de Beckwith-Wiedemann augmente le risque de certaines tumeurs embryonnaires de l’enfant, notamment la tumeur de Wilms et l’hépatoblastome. [1] Le risque de tumeur de Wilms est principalement concentré pendant les sept premières années de vie, tandis que celui d’hépatoblastome se concentre surtout pendant les trois à quatre premières années. [1] Ce risque n’est pas identique pour tous les enfants et dépend en partie du mécanisme moléculaire en cause. [1] [2] L’identification du sous-type moléculaire contribue donc à adapter la surveillance et à éviter d’assimiler toutes les formes du syndrome au même niveau de risque. [2] Les pratiques de dépistage diffèrent selon les pays et les recommandations, de sorte que le calendrier des échographies et des éventuels dosages sanguins doit être défini par l’équipe qui suit l’enfant. [1]

Quel suivi est nécessaire en dehors du risque tumoral ?

Le suivi porte notamment sur la croissance, l’asymétrie corporelle, la différence de longueur des jambes, les signes d’apnée du sommeil et le développement de l’enfant. [1] La glycémie fait l’objet d’une surveillance adaptée chez les nouveau-nés et nourrissons ayant des antécédents d’hypoglycémie ou d’hyperinsulinisme, ainsi qu’en présence de manifestations évocatrices. [1] Une surveillance rénale, de la pression artérielle et du calcium urinaire peut être envisagée selon les anomalies présentes et l’âge. [1] Une évaluation dentaire ou orthodontique peut être indiquée, notamment en cas de conséquences bucco-dentaires de la macroglossie. [1]

Le développement cognitif et neurocomportemental est habituellement normal. [1] Après l’enfance, le pronostic est généralement favorable, même si certaines personnes conservent des problèmes rénaux ou squelettiques nécessitant une prise en charge. [1]

Quel est le risque pour une autre grossesse ?

Le risque de récurrence dans une famille dépend du mécanisme génétique ou épigénétique responsable du syndrome. [1] Il est inférieur à 1 % dans la majorité des familles, mais peut être beaucoup plus élevé avec certaines variations de CDKN1C ou certaines anomalies du nombre de copies de la région 11p15. [1] Une consultation de génétique permet d’interpréter le résultat moléculaire, d’estimer le risque familial et de discuter les possibilités de diagnostic lors d’une future grossesse. [1] Les examens prénataux ont des limites particulières pour les anomalies épigénétiques, notamment un risque de résultat faussement négatif selon le tissu analysé. [1]

Sources et références

[1] Beckwith-Wiedemann Syndrome - GeneReviews® - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

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