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Syndrome branchio-oto-rénal : signes, diagnostic, soins et suivi

Le syndrome branchio-oto-rénal est une maladie génétique pouvant associer des anomalies du cou issues du deuxième arc branchial, des malformations de l’oreille avec une baisse de l’audition et des anomalies congénitales des reins ou des voies urinaires. [1] La nature et la sévérité de ces manifestations varient fortement d’une personne à l’autre, y compris au sein d’une même famille. [1] Une personne atteinte ne présente donc pas nécessairement toutes les anomalies possibles du syndrome. [1]

Quelle différence entre syndrome branchio-oto-rénal et syndrome branchio-otique ?

Le terme actuel de trouble du spectre branchio-oto-rénal regroupe le syndrome branchio-oto-rénal et le syndrome branchio-otique. [1] Ces deux présentations se distinguent principalement par la présence d’anomalies rénales dans le syndrome branchio-oto-rénal et leur absence dans le syndrome branchio-otique. [1] Cette séparation n’est toutefois pas absolue sur le plan familial, car des membres d’une même famille ayant la même anomalie génétique peuvent présenter l’une ou l’autre forme. [1] L’ancienne appellation de syndrome de Melnick-Fraser désigne le syndrome branchio-oto-rénal. [1]

Quels sont les principaux signes ?

Les anomalies branchiales peuvent prendre la forme de petits orifices, de trajets fistuleux ou de kystes situés sur le côté du cou, généralement en avant du muscle sternocléidomastoïdien. [1] Des fossettes préauriculaires, visibles comme de petits creux devant l’oreille, et des malformations du pavillon peuvent également être présentes. [1] Le conduit auditif externe peut être rétréci ou fermé, tandis que l’oreille moyenne et l’oreille interne peuvent présenter différentes malformations. [1]

La baisse de l’audition peut être conductive lorsqu’elle concerne la transmission des sons, neurosensorielle lorsqu’elle atteint l’oreille interne, ou mixte lorsqu’elle associe ces deux mécanismes. [1] Son intensité va d’une atteinte légère à une surdité profonde. [1] Elle peut rester stable ou progresser, parfois dès l’enfance ou l’adolescence, mais son évolution demeure variable. [1]

Les atteintes rénales comprennent notamment l’absence d’un rein, un rein insuffisamment développé ou une dysplasie rénale, c’est-à-dire une formation anormale du tissu rénal. [1] Les voies urinaires peuvent être touchées par une obstruction de la jonction entre le rein et l’uretère, une dilatation des cavités rénales ou un reflux de l’urine de la vessie vers les uretères. [1] Ces anomalies peuvent être unilatérales ou bilatérales et se combiner de différentes façons. [1] Une protéinurie, du sang dans les urines et des lésions des glomérules rénaux ont aussi été rapportés chez certaines personnes. [1]

Des manifestations moins constantes peuvent inclure une asymétrie du visage, une fente ou une forme haute du palais, une petite mandibule ou des anomalies des canaux lacrymaux. [1] Certaines de ces anomalies craniofaciales peuvent contribuer à des difficultés d’alimentation ou de parole pendant l’enfance. [1]

Quelles peuvent être les conséquences du syndrome ?

Une baisse auditive importante ou progressive peut retentir sur l’acquisition du langage et la communication, ce qui justifie une évaluation audiologique et un accompagnement adaptés. [1] Les kystes ou fistules branchiales peuvent devenir symptomatiques, s’infecter ou présenter un écoulement. [1] Selon leur sévérité, les anomalies rénales et urinaires peuvent entraîner une dégradation progressive de la fonction des reins. [1] Certaines personnes évoluent vers une maladie rénale terminale nécessitant une dialyse ou une transplantation rénale. [1]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic clinique repose sur l’association de critères majeurs et mineurs concernant notamment les anomalies branchiales, les oreilles, l’audition, les reins et les voies urinaires. [1] Il peut être établi en présence d’au moins trois critères majeurs, de deux critères majeurs et deux critères mineurs, ou d’un critère majeur chez une personne ayant un apparenté du premier degré atteint. [1] L’absence d’antécédent familial connu n’exclut pas le diagnostic. [1]

L’évaluation peut comprendre un examen des oreilles et du cou, un bilan complet de l’audition, une imagerie des reins et des examens de la fonction rénale et des urines. [1] Des examens d’imagerie supplémentaires peuvent être proposés selon les anomalies suspectées au niveau de l’oreille, du cou ou des voies urinaires. [1]

Le diagnostic moléculaire peut être confirmé chez une personne ayant des signes évocateurs par la mise en évidence d’une anomalie pathogène hétérozygote touchant EYA1 ou SIX1. [1] Selon la situation, l’analyse recherche des variants de séquence ainsi que des délétions, duplications ou autres remaniements, notamment autour du gène EYA1. [1] Un variant génétique classé de signification incertaine ne permet ni de confirmer ni d’écarter à lui seul le diagnostic. [1]

Comment le syndrome se transmet-il dans une famille ?

Le spectre branchio-oto-rénal se transmet selon un mode autosomique dominant. [1] Chaque enfant d’une personne atteinte a un risque sur deux d’hériter de l’anomalie génétique familiale. [1] La présence de cette anomalie ne permet toutefois pas de prévoir précisément quels organes seront touchés ni la sévérité des manifestations. [1] Lorsqu’une anomalie génétique familiale est connue, un conseil génétique peut informer la personne et ses proches sur la transmission et sur les possibilités de tests familiaux, prénataux ou préimplantatoires. [1]

Les apparentés à risque apparemment sans symptôme peuvent être évalués afin de rechercher des anomalies auditives ou rénales traitables ou susceptibles de progresser. [1] Cette évaluation peut reposer sur le test génétique familial lorsqu’il est disponible, ou sur un examen clinique comprenant l’audition, l’imagerie rénale et l’étude de la fonction des reins. [1]

Quels traitements peuvent être proposés ?

Il n’existe pas de traitement unique du syndrome : les soins sont adaptés aux manifestations présentes et reposent idéalement sur une coordination entre spécialistes de l’audition, de l’oreille, des reins, des voies urinaires, de la parole et de la génétique. [1] La synthèse clinique disponible précise qu’aucune recommandation consensuelle de pratique clinique propre à ce syndrome n’a été publiée et que ses propositions reposent sur l’expérience de ses auteurs. [1]

Des aides auditives peuvent être adaptées à une baisse auditive neurosensorielle ou mixte légère à modérée. [1] Un implant cochléaire peut être indiqué en cas de surdité bilatérale sévère à profonde, après une évaluation et une planification tenant compte des malformations de l’oreille interne. [1] L’absence du nerf cochléaire constitue une contre-indication aux aides auditives et à l’implant cochléaire selon cette synthèse. [1] Un accompagnement éducatif et orthophonique adapté est recommandé aux personnes présentant une baisse de l’audition. [1]

Une intervention peut être envisagée pour ouvrir un conduit auditif fermé, mais les anomalies associées de l’oreille moyenne doivent être évaluées avant l’opération. [1] L’exérèse d’un kyste ou d’une fistule branchiale est proposée lorsque la lésion est infectée, symptomatique ou gênante sur le plan esthétique. [1]

La prise en charge rénale vise à surveiller la fonction des reins, contrôler une éventuelle hypertension et traiter la protéinurie afin de ralentir autant que possible la progression de l’atteinte. [1] Une obstruction entre le rein et l’uretère peut nécessiter une chirurgie correctrice, tandis qu’un reflux vésico-urétéral peut relever d’un traitement médical, chirurgical ou des deux. [1] Lorsque la fonction rénale est très altérée, un traitement de suppléance par dialyse ou transplantation peut devenir nécessaire. [1]

Quel suivi et quelles précautions sont utiles ?

Le suivi a pour objectifs de surveiller les manifestations déjà connues, d’évaluer l’effet des soins et de détecter de nouvelles atteintes. [1] La synthèse propose une audiométrie répétée pour rechercher une progression de la baisse auditive et un examen annuel par un médecin connaissant le syndrome, avec un suivi plus rapproché si l’audition fluctue ou se dégrade. [1] Chez les personnes ayant une anomalie congénitale des reins ou des voies urinaires, elle recommande une évaluation de la fonction rénale au moins annuelle, à adapter selon l’avis spécialisé. [1]

Les personnes ayant une baisse de l’audition doivent limiter les expositions environnementales connues pour endommager l’audition, notamment la surexposition répétée aux bruits intenses. [1] Chez les personnes ayant une anomalie rénale ou urinaire, une prudence particulière est nécessaire avec les médicaments susceptibles d’altérer la fonction rénale ou dont l’utilisation dépend d’une fonction rénale normale. [1]

Sources et références

[1] Branchiootorenal Spectrum Disorder - GeneReviews® - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

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Spécialités médicales concernées

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