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Structures lymphoïdes tertiaires : définition, détection et signification clinique

Les structures lymphoïdes tertiaires, souvent abrégées en TLS d’après leur nom anglais, sont des regroupements organisés de cellules immunitaires qui se forment dans des tissus normalement non lymphoïdes soumis à une inflammation persistante. [1] [2] [3] Elles ont notamment été observées dans des tumeurs, des tissus atteints par une maladie auto-immune ou une infection, ainsi que dans des situations de rejet de greffe. [1] [2] Ce terme ne désigne pas une maladie particulière ni un ensemble spécifique de symptômes, mais une organisation immunitaire locale visible dans les tissus. [2] [3] La présence d’une TLS n’a pas une signification uniformément favorable ou défavorable, car son rôle dépend de la maladie, de son emplacement, de sa composition et de son degré de maturation. [1] [2] [3]

Comment une structure lymphoïde tertiaire se forme-t-elle ?

Contrairement aux organes lymphoïdes secondaires programmés au cours du développement, les TLS apparaissent principalement en réponse à une inflammation persistante ou à une lésion tissulaire. [1] Des signaux inflammatoires activent alors les cellules immunitaires, les cellules stromales qui soutiennent le tissu et les cellules des vaisseaux locaux. [1] [2] Les fibroblastes participent à la création d’une trame locale et produisent des chimiokines qui recrutent puis répartissent les lymphocytes dans la structure. [1] [2] Parmi les voies étudiées figurent les signaux associés aux lymphotoxines, au facteur de nécrose tumorale et aux chimiokines CXCL13, CCL19 et CCL21. [1] [3] Cette organisation peut permettre le recrutement de cellules immunitaires, la présentation d’antigènes et la coordination locale des réponses des lymphocytes T et B. [1] [3]

À quoi ressemblent les TLS et que signifie leur maturation ?

Une TLS n’est pas un simple amas diffus de cellules immunitaires, même si ses formes les moins organisées peuvent lui ressembler. [2] [3] Les formes matures possèdent généralement des zones distinctes riches en lymphocytes T ou B, un réseau de cellules dendritiques folliculaires et des vaisseaux spécialisés appelés veinules à endothélium haut. [1] [3] Certaines contiennent également un centre germinatif, où les lymphocytes B peuvent se différencier et participer à une réponse par anticorps. [1] [3] Les TLS précoces présentent peu de séparation entre les zones T et B et ne possèdent pas de réseau folliculaire ni de centre germinatif bien constitué. [1] [3] Des formes intermédiaires montrent une organisation folliculaire émergente sans réaction de centre germinatif mature. [1] [3] Des états de maturation différents peuvent coexister dans un même tissu. [2] Les classifications ne sont toutefois pas entièrement standardisées et les marqueurs utilisés doivent être interprétés selon le tissu et la méthode d’analyse. [1] [2] [3]

Quelle est leur signification dans les cancers ?

Dans les tumeurs solides, les TLS peuvent se situer à l’intérieur de la tumeur ou autour de celle-ci. [1] [3] Les TLS matures peuvent servir de niches immunitaires locales favorisant l’entrée des lymphocytes, la présentation d’antigènes et la coopération entre les lymphocytes T et B. [3] Dans plusieurs cancers, leur abondance ou leur maturation a été associée à une meilleure survie ou à une réponse plus favorable à certaines immunothérapies. [1] [2] [3] Cette association ne permet pas de conclure que toutes les TLS combattent la tumeur ni qu’elles causent directement la réponse au traitement. [2] [3] Des structures immatures ou enrichies en cellules immunitaires régulatrices peuvent au contraire être peu efficaces ou participer à un environnement immunosuppresseur. [1] [3] La localisation dans ou autour de la tumeur et la composition cellulaire peuvent également modifier leur valeur pronostique. [1] [2] [3] L’évaluation des TLS est donc étudiée comme une information complémentaire à d’autres biomarqueurs, et non comme leur remplacement. [3]

Quel rôle peuvent-elles avoir hors du cancer ?

Les TLS ont aussi été décrites dans des maladies auto-immunes, des infections, des maladies inflammatoires chroniques et des tissus concernés par un rejet de greffe. [1] [2] Dans certaines maladies auto-immunes, elles peuvent entretenir localement l’activation immunitaire et la production d’autoanticorps dirigés contre l’organisme. [1] Elles sont alors souvent associées à des lésions tissulaires, à une fibrose ou à une maladie plus sévère. [1] [2] Dans une greffe, leur fonction peut être double, avec une participation possible à la surveillance des agents infectieux mais aussi à l’amplification du rejet immunitaire. [1] Ces différences montrent qu’un résultat mentionnant des TLS doit toujours être interprété à partir de la maladie concernée et du tissu examiné. [1] [2] [3]

Comment les structures lymphoïdes tertiaires sont-elles détectées ?

Les TLS sont recherchées dans des prélèvements tissulaires à l’aide de méthodes d’anatomopathologie ou de recherche biologique. [2] [3] La coloration standard à l’hématoxyline-éosine permet d’observer l’organisation générale des cellules dans le tissu. [2] Cette méthode est largement applicable mais moins spécifique que des techniques identifiant précisément les différentes populations cellulaires. [2] L’immunohistochimie et l’immunofluorescence peuvent rechercher des marqueurs de lymphocytes, de cellules dendritiques folliculaires, de centres germinatifs ou de vaisseaux spécialisés. [1] [2] La transcriptomique spatiale, la protéomique spatiale et d’autres approches multi-omiques sont surtout utilisées pour étudier plus finement la composition et le fonctionnement des TLS. [1] [2] Une biopsie limitée peut ne pas représenter toute la tumeur, car les TLS sont réparties de manière hétérogène dans les tissus. [3] Après un traitement, la nécrose, la fibrose et les remaniements du tissu peuvent également compliquer leur évaluation. [3]

Les TLS déterminent-elles le diagnostic ou le traitement ?

La détection d’une TLS décrit une caractéristique du tissu, mais ne suffit pas à elle seule pour diagnostiquer la maladie qui a provoqué l’inflammation. [1] [2] En cancérologie, leur valeur comme biomarqueur dépend de leur densité, de leur maturité, de leur localisation et des cellules qui les composent. [1] [3] Les études disponibles ne permettent pas encore d’utiliser une méthode universelle de détection ou de score dans tous les cancers. [2] [3] Des travaux évaluent la possibilité de provoquer ou de faire mûrir des TLS afin de renforcer une réponse immunitaire antitumorale. [2] [3] Les approches visant directement les voies de formation des TLS restent toutefois moins avancées cliniquement que les traitements anticancéreux déjà validés dans leurs indications propres. [3] Augmenter seulement le nombre d’agrégats lymphoïdes ne garantirait pas un bénéfice, car une structure immature ou immunosuppressive peut être non fonctionnelle ou défavorable. [1] [3] À ce stade, une mention de TLS dans un compte rendu doit donc être mise en relation avec le diagnostic principal, les autres résultats anatomopathologiques et le contexte thérapeutique. [2] [3]

Sources et références

[1] The formation and function of tertiary lymphoid structures

www.ebi.ac.uk · Version : 2026-05-27 · Consulté le 2026-09-16

[2] Clinical impact and therapeutic potential of tertiary lymphoid structures in melanoma

www.ebi.ac.uk · Version : 2026-08-03 · Consulté le 2026-09-16

[3] Tertiary lymphoid structures as biomarkers and therapeutic targets in neoadjuvant cancer immunotherapy

www.ebi.ac.uk · Version : 2026-07-01 · Consulté le 2026-09-16

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