Strongyloïdose : transmission, symptômes, diagnostic et traitement

La strongyloïdose, aussi appelée anguillulose, est une infection parasitaire principalement provoquée par Strongyloides stercoralis, un nématode ou ver rond. [1] [2] Elle s’acquiert habituellement lorsque des larves présentes dans un sol contaminé par des matières fécales humaines traversent la peau nue. [1] [2] L’infection passe souvent inaperçue, mais elle peut provoquer des manifestations cutanées, pulmonaires ou digestives. [1] [2] Une forme grave et potentiellement mortelle peut survenir, notamment chez certaines personnes immunodéprimées ou recevant des corticoïdes. [1] [2]
Comment la strongyloïdose se transmet-elle ?
La strongyloïdose est surtout présente dans les régions tropicales et subtropicales chaudes et humides. [1] [2] Marcher pieds nus ou s’asseoir sans protection sur un sol contaminé expose directement la peau aux larves infectantes. [1] [2] Après leur pénétration dans la peau, les larves migrent vers les poumons, remontent les voies respiratoires, sont avalées puis atteignent l’intestin grêle. [1] [2] Dans l’intestin, certaines larves peuvent réinfecter directement la même personne en traversant la paroi intestinale ou la peau autour de l’anus. [1] [2] Ce phénomène appelé auto-infection explique pourquoi la strongyloïdose peut persister pendant des décennies sans nouvelle exposition au sol contaminé. [2]
Quels sont les symptômes possibles ?
La strongyloïdose aiguë comme la forme chronique peuvent ne provoquer aucun symptôme. [1] [2] Au début de l’infection, une éruption rouge et prurigineuse peut apparaître à l’endroit où les larves ont traversé la peau. [1] [2] Le passage des larves dans les poumons et la trachée peut entraîner une toux. [1] [2] La présence du parasite dans le tube digestif peut provoquer des douleurs abdominales, une diarrhée et une diminution de l’appétit. [1] [2]
Dans la forme chronique, les symptômes digestifs peuvent alterner entre diarrhée et constipation. [1] [2] Une mauvaise absorption des nutriments peut entraîner une perte de poids. [1] Des épisodes d’éruption cutanée, de toux ou de respiration sifflante sont également possibles. [1] [2] Une éruption très prurigineuse, linéaire ou sinueuse, qui progresse rapidement à partir de la région périanale peut correspondre à une larva currens liée à l’auto-infection. [2]
Hyperinfestation et forme disséminée : des urgences médicales
Le syndrome d’hyperinfestation correspond à une multiplication massive des larves dans les organes habituellement traversés par le parasite, notamment l’intestin et les poumons. [1] [2] La strongyloïdose disséminée atteint aussi des organes qui ne font pas partie du cycle habituel du parasite, comme le cerveau, le foie ou le cœur. [1] [2] Les larves migrantes peuvent transporter des bactéries digestives et favoriser des infections graves du sang, des poumons, de l’abdomen ou du système nerveux. [1] [2] Ces formes surviennent surtout chez les personnes dont l’immunité est affaiblie par certaines maladies, une greffe ou des traitements immunosuppresseurs. [1] [2] La prise de corticoïdes peut déclencher une hyperinfestation chez une personne porteuse d’une strongyloïdose jusque-là non diagnostiquée. [1] [2]
Un essoufflement sévère, des crachats sanglants, une insuffisance respiratoire, une occlusion intestinale ou un saignement digestif peuvent être des manifestations d’une hyperinfestation ou d’une strongyloïdose disséminée. [1] [2] L’hyperinfestation et la strongyloïdose disséminée sont des urgences médicales potentiellement mortelles qui nécessitent une prise en charge immédiate. [1] [2]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Le diagnostic peut reposer sur la mise en évidence de larves au microscope dans des échantillons de selles. [1] [2] Comme un seul prélèvement peut manquer l’infection, l’examen de plusieurs échantillons de selles améliore les chances de détecter les larves. [1] [2] Un prélèvement de l’intestin grêle peut être examiné lorsque les investigations habituelles ne permettent pas d’identifier une infection suspectée. [1] [2] En cas de suspicion d’hyperinfestation ou de maladie disséminée, les médecins peuvent rechercher des larves dans les expectorations et réaliser une imagerie du thorax. [1] [2]
Une analyse de sang peut rechercher des anticorps dirigés contre Strongyloides. [1] [2] La sérologie ne permet pas à elle seule de distinguer une infection actuelle d’une infection ancienne. [1] [2] Des réactions croisées avec d’autres infections par des nématodes peuvent aussi produire un résultat faussement positif. [1] [2] Une augmentation des éosinophiles, une catégorie de globules blancs, est fréquente mais ne suffit pas à confirmer la strongyloïdose. [1] [2] L’absence d’éosinophilie n’exclut pas l’infection, notamment parce que les corticoïdes ou certains traitements de chimiothérapie peuvent la masquer. [2]
Dans quelles situations un dépistage peut-il être envisagé ?
Un dépistage par examen des selles et/ou sérologie peut être proposé aux personnes susceptibles d’avoir été exposées à Strongyloides. [1] [2] Une ancienne résidence ou un voyage même lointain dans une région où le parasite est présent reste pertinent en raison de la persistance possible de l’infection pendant des décennies. [2] Le dépistage est notamment à considérer après une telle exposition en présence de symptômes évocateurs ou d’une éosinophilie inexpliquée. [2] Il est également important avant une transplantation ou l’instauration prochaine d’un traitement par corticoïdes chez une personne précédemment exposée. [2]
Quels sont les principes du traitement ?
Toutes les personnes chez lesquelles une strongyloïdose est diagnostiquée doivent recevoir un traitement antiparasitaire. [1] [2] L’ivermectine est le traitement privilégié dans les formes non compliquées, tandis que l’albendazole constitue une alternative moins efficace. [1] [2] Avant d’utiliser l’ivermectine, une co-infection par Loa loa doit être recherchée chez les personnes ayant vécu ou voyagé dans les régions d’Afrique où ce parasite est présent. [1] [2] Cette précaution est nécessaire parce que l’ivermectine peut provoquer des réactions neurologiques graves chez certaines personnes également atteintes de loase. [1] [2]
L’hyperinfestation et la forme disséminée nécessitent l’instauration immédiate d’un traitement prolongé par ivermectine sous surveillance médicale. [1] [2] Des antibiotiques sont ajoutés lorsque des infections bactériennes compliquent la migration des larves. [1] [2] Les personnes immunodéprimées peuvent avoir besoin de traitements plus longs ou répétés. [1] [2] Lorsqu’une immunosuppression est prévue, la strongyloïdose doit si possible être traitée et la guérison parasitologique confirmée avant son commencement. [2]
Quel suivi est nécessaire après le traitement ?
La disparition des symptômes ne suffit pas à prouver que le parasite a été éliminé. [1] [2] La guérison doit être vérifiée par des examens répétés des selles à la recherche de larves. [1] [2] Dans les formes non compliquées, ces examens sont réalisés par les médecins deux à quatre semaines après le traitement. [2] La persistance de larves dans les selles conduit à un nouveau traitement. [1] [2]
Comment réduire le risque de strongyloïdose ?
Dans les régions où la strongyloïdose est fréquente, le port de chaussures limite le contact direct entre la peau et un sol potentiellement contaminé. [1] [2] Une bâche ou une autre barrière peut être utilisée pour éviter de s’asseoir directement sur le sol. [1] [2] L’accès à des toilettes ou à des latrines réduit la contamination des sols par des matières fécales humaines. [1] [2] Chez une personne précédemment exposée, le dépistage avant une corticothérapie ou une transplantation contribue à prévenir une hyperinfestation liée à une infection méconnue. [2]
Sources et références
[1] Strongyloïdose - Infections - Manuels MSD pour le grand public
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[2] Strongyloïdose - Maladie infectieuse - Édition professionnelle du Manuel MSD
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
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