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Sérome postopératoire : signes, diagnostic, soins et évolution

Un sérome est une accumulation anormale de liquide séreux, composé notamment de plasma et de liquide lymphatique, dans un espace créé entre des tissus. [1] Il peut apparaître après une opération ayant nécessité une dissection importante des tissus, notamment en chirurgie mammaire, en chirurgie plastique ou après la réparation d’une hernie de la paroi abdominale. [1] Un petit sérome indolore peut se résorber spontanément, tandis qu’une collection volumineuse ou gênante peut nécessiter une ponction réalisée par un professionnel de santé. [1]

Pourquoi un sérome se forme-t-il après une opération ?

Le mécanisme exact de formation d’un sérome n’est pas entièrement compris et paraît associer plusieurs phénomènes. [1] La dissection chirurgicale peut interrompre de petits vaisseaux sanguins et lymphatiques, ce qui favorise l’accumulation de liquide. [1] Le retrait d’une quantité importante de tissu peut aussi laisser un espace dans lequel les surfaces cicatricielles adhèrent difficilement l’une à l’autre. [1] Les mouvements entre ces surfaces et la réaction inflammatoire locale peuvent contribuer à la production et au maintien de la collection. [1]

Quels sont les signes d’un sérome ?

Le sérome se manifeste souvent par une poche souple ou fluctuante située à proximité du site opéré. [1] Il est fréquemment observé dans les sept à dix jours suivant la fermeture de la plaie ou le retrait d’un drain, mais ce délai ne suffit pas à confirmer le diagnostic. [1] La collection peut ne provoquer aucun symptôme ou s’accompagner de douleur, d’une diminution de la fonction de la zone concernée ou d’une désunion de la plaie. [1] Dans la région de l’aisselle, par exemple, un sérome important peut gêner les mouvements de l’épaule. [1]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic repose d’abord sur les circonstances de l’opération, les symptômes et l’examen de la zone concernée. [1] Cet examen sert aussi à rechercher d’autres causes de gonflement postopératoire, car une collection près d’une cicatrice n’est pas nécessairement un sérome. [1] Un hématome est une accumulation de sang souvent associée à des ecchymoses, alors qu’un abcès contient du pus et peut s’accompagner d’une peau rouge et chaude, de fièvre ou d’un état général altéré. [1] Un lymphœdème correspond à un gonflement des tissus provoqué par une perturbation du système lymphatique et peut concerner une zone localisée ou un membre entier. [1] Des analyses sanguines, dont la numération sanguine et la protéine C-réactive, peuvent contribuer à l’évaluation, mais leurs résultats doivent être interprétés avec l’ensemble du tableau clinique. [1] Une échographie peut être indiquée lorsque le diagnostic reste incertain ou lorsque plusieurs ponctions n’ont pas permis de faire disparaître la collection. [1] Lors d’une ponction, un liquide clair ou jaune paille est compatible avec un sérome, tandis que du sang évoque un hématome et que du pus oriente vers un abcès. [1]

Quels soins peuvent être proposés ?

Un sérome de faible volume qui ne provoque ni douleur, ni gêne fonctionnelle, ni tension sur la fermeture de la plaie peut faire l’objet d’une simple surveillance clinique. [1] Dans la plupart de ces situations peu symptomatiques, le liquide se réabsorbe sans intervention supplémentaire. [1] Une ponction-aspiration peut être proposée lorsque le sérome est volumineux et provoque une douleur ou une diminution de la fonction. [1] Le liquide peut se reformer après une première ponction, ce qui conduit parfois à répéter le geste. [1] Chaque aspiration comporte notamment des risques de douleur, de saignement, d’infection et de lésion des structures voisines, et la répétition des ponctions augmente le risque infectieux. [1] Lorsqu’un sérome entoure une prothèse, notamment un implant mammaire, une aspiration guidée par échographie peut être indiquée afin de réduire le risque de perforer l’implant. [1] Après la réparation d’une hernie avec pose de prothèse, la décision de ponctionner doit être soigneusement évaluée, car le geste peut introduire une infection au contact du matériel. [1] Un drainage chirurgical ouvert est rarement nécessaire et concerne surtout les séromes chroniques encapsulés ou les collections compliquées par une infection. [1]

Quelle est l’évolution possible ?

L’évolution dépend notamment du volume du sérome, de ses symptômes, de l’état de la plaie et de la présence éventuelle d’une prothèse. [1] Les complications possibles comprennent l’infection de la plaie, la formation d’un abcès, la désunion de la cicatrice et, dans certaines chirurgies, une souffrance des tissus voisins. [1] Un sérome chronique qui ne répond pas aux soins peut rarement s’entourer d’une capsule fibreuse et former un pseudokyste. [1] Après une reconstruction mammaire avec implant, le sérome peut être plus difficile à prendre en charge en raison des risques d’infection, de désunion de la plaie, de souffrance cutanée et de perte de l’implant. [1]

Quand faut-il demander une réévaluation médicale ?

Une suspicion d’infection, d’hématome ou de désunion de la plaie justifie une réévaluation médicale plutôt qu’une simple assimilation du gonflement à un sérome. [1] Une collection douloureuse ou gênante qui persiste malgré des aspirations doit également être réévaluée, car une infection ou une autre stratégie de prise en charge peut devoir être recherchée. [1]

Un essoufflement brutal ou une difficulté à respirer pendant ou immédiatement après la ponction d’un sérome de la paroi thoracique impose une évaluation en urgence en raison du risque de pneumothorax. [1]

Peut-on prévenir la formation d’un sérome ?

La prévention repose sur des techniques décidées par l’équipe chirurgicale, mais leur efficacité dépend du type d’intervention et des caractéristiques des patients. [1] [2] [3] Certaines méthodes cherchent à réduire l’espace entre les tissus, notamment par des sutures de capitonnage, tandis que des drains peuvent être utilisés dans certaines interventions. [1] [2] Dans les reconstructions mammaires utilisant un lambeau de grand dorsal, une revue a conclu que le capitonnage du site donneur pouvait réduire la fréquence et le volume des séromes, tout en soulignant la nécessité de données plus solides avant d’en faire une procédure systématique. [2] À l’inverse, une revue consacrée à la chirurgie du cancer du sein n’a pas trouvé de preuve en faveur des colles de fibrine pour prévenir les séromes ou réduire le drainage postopératoire. [3] Ces résultats ne sont pas interchangeables, car ils concernent des techniques et des contextes chirurgicaux différents. [2] [3]

Sources et références

[1] Postoperative Seroma Management - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

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Spécialités médicales concernées

Chirurgie générale et proctologie
Chirurgien plastique et esthétique
Chirurgien digestif