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Réflexes : rôle, examen et interprétation

Un réflexe est une réponse involontaire produite par le système nerveux en réaction à une stimulation. [2] Le terme ne désigne pas une maladie particulière, mais une famille de mécanismes qui participent notamment au contrôle des muscles, de la posture, des mouvements des yeux et de la stabilité visuelle. [1] [2] L’examen d’un réflexe renseigne sur le fonctionnement d’un circuit nerveux, mais son résultat doit être interprété avec les autres constatations cliniques et ne suffit pas, à lui seul, à établir ou à exclure un diagnostic. [1] [2] [3]

Comment fonctionne un réflexe ?

Un arc réflexe comprend habituellement une voie afférente, qui transmet une information sensorielle vers le système nerveux, et une voie efférente, qui commande la réponse, souvent par l’intermédiaire d’un ou de plusieurs neurones de connexion. [2] La réponse peut être relativement stéréotypée tout en restant modulée par des voies nerveuses provenant du cerveau. [2]

Le réflexe myotatique, aussi appelé réflexe d’étirement ou réflexe ostéotendineux, est déclenché par l’étirement passif et soudain d’un muscle. [2] Il entraîne la contraction du muscle étiré et le relâchement du muscle antagoniste, ce qui contribue à la posture et à la correction de certains déséquilibres. [2] Des récepteurs situés dans le muscle, appelés fuseaux neuromusculaires, détectent sa longueur et la vitesse de son étirement avant de transmettre cette information à la moelle épinière. [2]

Le réflexe vestibulo-oculaire constitue un autre exemple : il produit des mouvements compensateurs des yeux dans la direction opposée aux mouvements de la tête afin de stabiliser l’image sur la rétine. [1] Son fonctionnement fait intervenir l’oreille interne, les voies vestibulaires centrales, les nerfs commandant les yeux, les muscles oculaires et le cervelet. [1] Ce réflexe peut s’adapter lorsque les informations visuelles et vestibulaires restent durablement discordantes. [1]

Comment les réflexes sont-ils examinés ?

Lors d’un examen neurologique, le professionnel peut déclencher certains réflexes ostéotendineux en percutant un tendon avec un marteau à réflexes. [2] Les réflexes du biceps, du triceps, du genou et du tendon d’Achille explorent des nerfs et des niveaux de la moelle épinière différents. [2] La force de la réponse est généralement cotée de l’absence de contraction jusqu’au clonus, qui correspond à des contractions répétitives et rythmiques. [2]

Le réflexe de Gordon est un réflexe plantaire pathologique recherché en comprimant fermement le mollet et en observant si le gros orteil se relève, avec ou sans écartement des autres orteils. [3] Il peut compléter l’examen lorsque la recherche du signe de Babinski est mal tolérée, contre-indiquée ou difficile à interpréter. [3] Sa fiabilité entre examinateurs étant limitée, il n’est pas considéré comme un test diagnostique autonome. [3]

L’évaluation du réflexe vestibulo-oculaire peut associer un examen au lit du patient à des tests instrumentés, comme le test vidéo d’impulsion de la tête, l’épreuve calorique ou le fauteuil rotatoire. [1] Ces examens n’explorent pas exactement les mêmes aspects de la fonction vestibulaire et sont choisis selon la situation clinique. [1]

Que signifie un réflexe diminué, exagéré ou anormal ?

Une diminution des réflexes ostéotendineux peut être compatible avec une atteinte du système nerveux périphérique, notamment au niveau d’une racine nerveuse, d’un nerf, de la jonction neuromusculaire ou du muscle. [2] Des réflexes exagérés peuvent constituer un argument en faveur d’une atteinte des voies motrices du système nerveux central. [2] Une réponse faible ou vive peut toutefois correspondre à une variation physiologique, notamment selon l’âge, ou être associée à des troubles métaboliques, à certaines maladies générales ou à une toxicité médicamenteuse. [2] Le professionnel tient donc compte de la symétrie des réponses, des autres signes neurologiques et de l’ensemble du contexte plutôt que d’interpréter isolément une cotation. [2] [3]

Chez l’adulte, un réflexe de Gordon présent soutient l’hypothèse d’une atteinte de la voie corticospinale entre le cortex moteur et la moelle épinière. [3] Son absence n’exclut cependant pas une atteinte de cette voie. [3] Un résultat anormal conduit à rechercher sa cause dans le cadre d’une évaluation neurologique plus complète, éventuellement complétée par d’autres examens. [3]

Une altération du réflexe vestibulo-oculaire peut contribuer à une impression que l’environnement bouge, à un flou visuel pendant les mouvements de tête, à des vertiges ou à un déséquilibre. [1] Ces manifestations peuvent avoir différentes causes vestibulaires, neurologiques ou générales et nécessitent une évaluation globale plutôt qu’un autodiagnostic fondé sur un seul test. [1]

Quelle prise en charge en cas d’anomalie ?

Un réflexe anormal est une constatation clinique et non une maladie à traiter indépendamment de sa cause. [1] [2] [3] La prise en charge dépend donc de l’affection identifiée après l’interrogatoire, l’examen neurologique et, si nécessaire, des explorations complémentaires. [1] [3] Pour certains troubles vestibulaires, une rééducation vestibulaire peut être proposée afin d’améliorer la stabilité du regard, l’équilibre et le retentissement des vertiges. [1] Le suivi porte alors sur l’évolution des symptômes, le risque de chute, la stabilité visuelle pendant les activités et la réponse à la rééducation. [1]

Les manœuvres destinées à provoquer un réflexe pathologique doivent être réalisées par un professionnel formé, car leur technique, leurs limites et leurs contre-indications conditionnent la sécurité et l’interprétation. [3] La recherche du réflexe de Gordon est notamment contre-indiquée en présence d’une plaie du mollet, d’une thrombose veineuse profonde récente ou suspectée, ou d’un mollet très gonflé ou douloureux. [3]

Sources et références

[1] Oculovestibular Reflex - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

[2] Neuroanatomy, Spinal Cord Myotatic Reflex - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

[3] Gordon Reflex - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

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