Rectocolite hémorragique : signes, diagnostic, traitements et suivi

La rectocolite hémorragique, ou RCH, est une inflammation chronique de la muqueuse intestinale qui atteint toujours le rectum et peut s’étendre de façon continue à une partie ou à la totalité du côlon. [2] Elle n’atteint ni l’anus ni l’intestin grêle et, contrairement à la maladie de Crohn, l’inflammation reste limitée à la muqueuse sans atteindre la paroi intestinale en profondeur. [2] Son évolution alterne des poussées d’intensité et de durée variables avec des périodes de rémission sans symptôme. [2] [1]
Quand une prise en charge rapide est-elle nécessaire ?
Chez une personne atteinte ou susceptible d’être atteinte de RCH, l’association de plus de six selles sanglantes par jour, d’une fièvre et d’un amaigrissement rapide fait suspecter une colite aiguë : cette aggravation brutale nécessite une prise en charge urgente en milieu hospitalier. [1] Le traitement hospitalier urgent vise notamment à prévenir une dilatation aiguë ou une perforation du côlon, une péritonite et une hémorragie digestive abondante. [1]
Si vous recevez une biothérapie, de l’azathioprine ou de la mercaptopurine et présentez des signes d’infection comme de la fièvre ou des frissons, demandez un avis médical. [5] En dehors de l’urgence décrite ci-dessus, prenez rapidement rendez-vous avec votre médecin devant tout symptôme inhabituel pendant le traitement, notamment une fièvre sous corticoïdes. [4]
Quels signes peuvent évoquer une RCH ?
Les manifestations digestives possibles comprennent du sang rouge ou des glaires sanglantes par l’anus, des envies pressantes ou de fausses envies d’aller à la selle, des selles nocturnes, une diarrhée parfois sanglante et des douleurs abdominales, rectales ou anales. [1] Ces manifestations ne suffisent pas à confirmer une RCH : le médecin traitant les évalue par un interrogatoire et un examen, puis fait intervenir un gastroentérologue et d’autres professionnels selon les besoins. [1]
Une poussée peut aussi s’accompagner de fatigue, de perte d’appétit ou de poids, de fièvre ou d’une pâleur liée à une anémie ; chez l’enfant ou l’adolescent, la croissance peut être perturbée. [1] Des manifestations non digestives sont possibles, notamment des douleurs articulaires, une inflammation oculaire, des aphtes ou certaines lésions cutanées. [1] [2]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Lorsqu’une RCH est suspectée après l’interrogatoire et l’examen clinique, l’équipe médicale confirme le diagnostic par une iléocoloscopie réalisée sous anesthésie générale ou sédation. [1] Cet examen permet au gastroentérologue d’observer le rectum, le côlon et l’extrémité de l’intestin grêle, d’évaluer l’étendue des lésions et d’effectuer des biopsies dont l’analyse aide au diagnostic. [1]
Le bilan sanguin recherche notamment une anémie et un syndrome inflammatoire, et évalue les conséquences de la maladie sur les reins, le foie et l’équilibre nutritionnel. [1] Une analyse bactériologique et parasitologique des selles sert à rechercher une infection pouvant expliquer les symptômes digestifs. [1] Le dosage de la calprotectine dans les selles peut contribuer au suivi dans certains cas, mais il est peu utile pour poser à lui seul le diagnostic de RCH. [1]
Quels sont les principaux traitements ?
Le traitement, défini par le gastroentérologue avec le médecin traitant, vise à soigner les poussées, obtenir la cicatrisation de la muqueuse, prévenir les rechutes et préserver l’état nutritionnel et la qualité de vie. [5]
Les aminosalicylés de type 5-ASA sont utilisés pour traiter les poussées et prévenir les rechutes ; la prescription associe une voie rectale et, selon l’étendue de la maladie, une prise orale. [5] En cas d’échec ou d’intolérance aux 5-ASA, des corticoïdes peuvent être prescrits pour une poussée en cure courte, pendant au maximum trois mois en incluant la diminution progressive des doses. [5] L’utilisation répétée ou prolongée des corticoïdes peut diminuer la densité osseuse et entraîner une ostéoporose ; leur prescription et leur diminution progressive doivent être suivies rigoureusement. [5]
Lorsque le traitement standard n’est pas efficace, le gastroentérologue peut proposer en deuxième intention une biothérapie, notamment un anti-TNF, ou choisir un autre traitement spécialisé selon les traitements déjà essayés. [5] Les inhibiteurs de JAK ne sont proposés qu’après l’échec des traitements précédents et en l’absence de contre-indication, car ils peuvent entraîner des effets indésirables graves, notamment cardiovasculaires, thrombotiques, infectieux ou cancéreux. [5]
Même en rémission et sans symptôme, n’interrompez pas votre traitement sans en parler auparavant à votre médecin traitant ou à votre gastroentérologue. [4] Signalez tout effet indésirable à votre médecin ou à votre pharmacien afin de rechercher comment l’atténuer ou le prévenir. [4] [5] Si vous avez une RCH, ne prenez pas d’aspirine ni d’anti-inflammatoire non stéroïdien, car ils sont contre-indiqués et peuvent aggraver les symptômes ; avant de prendre un autre médicament, signalez-le à votre médecin ou à votre pharmacien. [4] [5]
Une intervention chirurgicale peut être nécessaire en urgence en cas d’hémorragie digestive ou de perforation du côlon ; elle est également indiquée lorsque les médicaments ne contrôlent pas les symptômes ou lorsqu’un cancer du côlon est détecté. [5] L’opération peut retirer le côlon ou le côlon et le rectum, avec raccordement digestif ou création d’une stomie lorsque le raccordement n’est pas possible. [5] Après l’intervention, les complications possibles comprennent notamment une infection, des troubles de la continence, une inflammation du réservoir intestinal ou une occlusion de l’intestin grêle. [5]
Quelles précautions avant un traitement immunitaire ?
Avant une biothérapie ou un traitement immunosuppresseur ou immunomodulateur, l’équipe médicale réalise un bilan, notamment pour rechercher une tuberculose latente et la traiter si elle est présente. [5] Avant le début de ce traitement, les vaccinations sont également mises à jour en tenant compte de leurs éventuelles contre-indications. [5]
Quel suivi est nécessaire ?
Après le diagnostic, le suivi régulier est assuré par l’équipe pluridisciplinaire et comprend des examens cliniques, des analyses biologiques et des rectocoloscopies. [4] Le rythme des consultations et des examens est individualisé et fixé avec vous par l’équipe médicale. [4]
À long terme, le risque de cancer du côlon est accru, surtout lorsque les lésions inflammatoires sont étendues et persistantes, en cas d’antécédent familial de cancer colorectal, particulièrement avant 50 ans, ou d’atteinte inflammatoire associée des voies biliaires. [1] Une surveillance régulière par coloscopie recherche précocement des lésions suspectes précancéreuses ; sa fréquence est adaptée à chaque personne par le gastroentérologue. [1] [4]
Que faire en cas de projet de grossesse ou de grossesse ?
Si vous avez une RCH et souhaitez une grossesse, parlez-en avant la conception avec votre gastroentérologue et votre gynécologue ; il est conseillé, si possible, de commencer la grossesse lorsque la maladie est en rémission. [3] Pendant la grossesse, les traitements prescrits doivent être poursuivis et les poussées traitées, car une maladie active augmente les risques d’accouchement prématuré et de faible poids pour l’âge gestationnel. [3] En raison de données insuffisantes, le tofacitinib, l’upadacitinib et le filgotinib ne sont pas recommandés pendant la période de conception ni pendant la grossesse. [3]
Comment adapter la vie quotidienne ?
Lorsque la maladie est calme, aucun régime particulier n’est nécessaire et une alimentation équilibrée aide à éviter les carences ; n’adoptez pas de régime restrictif sans avis médical. [4] Pendant une poussée, une alimentation provisoirement pauvre en fibres peut être proposée pour limiter la diarrhée et les douleurs, après conseil du médecin traitant ou d’un diététicien. [4] L’activité physique peut améliorer la qualité de vie, le sommeil, les symptômes digestifs et la fatigue, à condition de l’adapter à votre état de santé et à vos capacités. [4]
Sources et références
[1] Symptômes, diagnostic et évolution de la rectocolite hémorragique | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-11
[2] Comprendre la rectocolite hémorragique : définition, causes et fréquence | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-12
[3] Rectocolite hémorragique : fertilité et grossesse | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-12
[4] Suivi médical et vie quotidienne en cas de rectocolite hémorragique | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-12
[5] Traitement de la rectocolite hémorragique | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-12
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