Pré-éclampsie : signes, diagnostic, prise en charge et risques

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La pré-éclampsie est une maladie de la grossesse qui apparaît après 20 semaines d’aménorrhée et associe une hypertension artérielle à une protéinurie, c’est-à-dire une quantité anormale de protéines dans les urines, ou à d’autres signes d’atteinte d’un organe maternel. [4] [3] Elle peut aussi se manifester pour la première fois après l’accouchement. [4] [2] [3] La plupart des patientes accouchent d’un enfant en bonne santé et se rétablissent rapidement, mais une prise en charge rapide est indispensable pour prévenir des complications parfois graves chez la mère et l’enfant. [1] [4]
Pourquoi la pré-éclampsie survient-elle ?
La pré-éclampsie est liée à un dysfonctionnement du placenta, l’organe qui permet notamment les échanges entre la mère et le fœtus. [4] Des anomalies de la circulation entre l’utérus et le placenta peuvent perturber la croissance fœtale et conduire le placenta à libérer dans le sang maternel des substances qui altèrent les vaisseaux et la fonction rénale. [4] Les mécanismes précis restent toutefois incomplètement compris et la maladie est considérée comme multifactorielle. [4] [3]
Quels sont les signes de la pré-éclampsie ?
La pré-éclampsie est souvent découverte sans symptôme lors du suivi de grossesse, grâce à la mesure de la pression artérielle et à la recherche de protéines dans les urines. [1] La recherche de protéines urinaires est effectuée régulièrement pendant la grossesse au moyen d’une bandelette ou d’un échantillon analysé au laboratoire. [1] Un résultat positif à la bandelette peut nécessiter une confirmation par une mesure plus précise sur un échantillon ou sur les urines recueillies pendant 24 heures. [1]
Après 20 semaines d’aménorrhée, une femme enceinte doit consulter en urgence en cas de saignements vaginaux, de maux de tête, de troubles visuels, de douleurs abdominales en barre, de nausées ou vomissements, d’acouphènes, de diminution des urines ou de gonflement du visage accompagné d’une prise de poids rapide. [1] Une personne ayant accouché au cours des dernières semaines doit également obtenir une aide médicale urgente si des symptômes évocateurs de pré-éclampsie apparaissent. [2]
Comment le diagnostic est-il établi ?
La définition classique repose sur une pression artérielle atteignant au moins 140 mmHg pour la pression systolique et/ou 90 mmHg pour la pression diastolique après 20 semaines d’aménorrhée, associée à une protéinurie. [1] [3] Une pré-éclampsie peut néanmoins être diagnostiquée sans protéinurie lorsqu’une hypertension récente s’accompagne de signes d’atteinte d’organes, par exemple au niveau du foie, des reins ou des poumons. [4] [3] L’hypertension gestationnelle s’en distingue par l’absence de protéinurie et d’atteinte d’un organe, tandis que l’hypertension chronique est présente avant la grossesse, avant 20 semaines ou persiste après l’accouchement. [3] L’éclampsie n’est pas un autre nom de la pré-éclampsie : elle correspond à la survenue de crises convulsives inexpliquées dans ce contexte. [1] [3]
Quels examens sont réalisés après le diagnostic ?
En France, une pré-éclampsie diagnostiquée nécessite une hospitalisation en urgence afin d’évaluer sa gravité et la vitalité du fœtus. [1] La patiente est orientée vers une maternité disposant de l’équipement nécessaire à sa prise en charge et à celle de l’enfant à naître. [1] L’équipe surveille notamment la pression artérielle, les symptômes, la conscience, la respiration, la quantité d’urines et le fonctionnement du foie, des reins et de la coagulation. [4] [3] Le bilan fœtal étudie notamment l’activité cardiaque, les mouvements, la croissance et, selon les examens employés, la quantité de liquide amniotique. [4] [3]
Comment la pré-éclampsie est-elle prise en charge ?
La prise en charge vise à protéger la mère tout en prolongeant la grossesse lorsque cela reste suffisamment sûr pour elle et pour le fœtus. [4] [3] Des médicaments antihypertenseurs peuvent être utilisés pour contrôler une pression artérielle élevée, tandis que le sulfate de magnésium est employé à l’hôpital pour prévenir les convulsions dans les formes sévères ou éviter leur récidive en cas d’éclampsie. [3] La délivrance du placenta par l’accouchement constitue le traitement définitif, mais son moment dépend notamment du terme, de la gravité de la maladie et de l’état maternel et fœtal. [4] [3] Une aggravation maternelle, un syndrome HELLP, une éclampsie ou des examens fœtaux inquiétants peuvent conduire à décider rapidement l’accouchement. [4] [3] Lorsque la naissance prématurée paraît probable et qu’un délai est possible sans danger excessif, des corticoïdes peuvent être administrés afin d’accélérer la maturation pulmonaire fœtale. [4] [3]
Quelles complications sont possibles ?
Chez la mère, les complications graves comprennent l’éclampsie, l’hémorragie cérébrale, l’insuffisance rénale aiguë et l’hématome rétroplacentaire, qui correspond à un décollement du placenta. [1] [4] Le syndrome HELLP associe une destruction des globules rouges, une atteinte du foie et une diminution des plaquettes, ce qui augmente notamment le risque d’hémorragie. [1] [4] Pour l’enfant, la pré-éclampsie peut entraîner un retard de croissance dans l’utérus, une naissance prématurée et, plus rarement, un décès in utero. [1] [3] Les formes précoces et sévères exposent particulièrement à une grande prématurité, parfois parce que l’accouchement doit être provoqué pour protéger la mère ou l’enfant. [1]
Quels sont les facteurs de risque et les moyens de prévention ?
Le risque est notamment plus élevé en cas d’antécédent de pré-éclampsie, d’hypertension chronique, de maladie rénale, de diabète, de maladie auto-immune ou de grossesse multiple. [4] [3] Une première grossesse, une obésité avant la grossesse et des antécédents familiaux de pré-éclampsie font également partie des facteurs associés à un risque accru. [4] [3] Chez certaines patientes à risque, notamment après un antécédent de pré-éclampsie, un médecin peut prescrire de l’aspirine à faible dose au début de la grossesse. [4] [3] Il ne faut pas commencer de l’aspirine ou un complément de calcium sans l’avis d’un médecin ou d’une sage-femme. [2]
Quel suivi est nécessaire après l’accouchement ?
La surveillance maternelle doit se poursuivre après l’accouchement, car une hypertension ou des complications peuvent apparaître ou persister pendant les semaines suivantes. [1] [3] La pression artérielle est suivie jusqu’à sa normalisation, et une hypertension qui persiste doit faire rechercher une hypertension chronique. [3] À plus long terme, un antécédent de pré-éclampsie est associé à un risque accru d’hypertension ainsi que de problèmes cardiovasculaires et rénaux. [4]
Sources et références
[1] Circonstances de découverte, symptômes, diagnostic et évolution de la pré-éclampsie | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-11
[2] Pre-eclampsia - NHS
NHS · Consulté le 2026-09-11
[3] Pré-éclampsie et éclampsie - Gynécologie et obstétrique - Édition professionnelle du Manuel MSD
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[4] Pré-éclampsie · Inserm, La science pour la santé
Inserm · Consulté le 2026-09-11
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