Ossification du ligament longitudinal postérieur : manifestations, diagnostic et prise en charge

L’ossification du ligament longitudinal postérieur, souvent abrégée OPLL, correspond à la formation anormale de tissu osseux dans un ligament de la colonne vertébrale. [2] [3] Cette ossification peut réduire l’espace disponible dans le canal rachidien et entraîner une compression de la moelle épinière ou des troubles neurologiques. [2] [3] Elle touche surtout la région cervicale, c’est-à-dire le cou, mais peut aussi concerner les régions thoracique et lombaire. [3] La conduite à tenir dépend notamment de la localisation, de l’importance de la compression et de la présence de manifestations neurologiques. [2] [4]
Quel est le rôle du ligament longitudinal postérieur ?
La colonne vertébrale est constituée de vertèbres reliées par des disques intervertébraux et soutenues par plusieurs ligaments. [2] Le ligament longitudinal postérieur se situe à l’avant du canal rachidien, tandis que le ligament jaune se trouve à l’arrière. [2] L’ossification du ligament longitudinal postérieur et l’ossification du ligament jaune sont donc deux atteintes distinctes, même si toutes deux peuvent participer à une compression médullaire. [2] Lorsque le ligament longitudinal postérieur s’ossifie, le tissu nouvellement formé peut faire saillie dans le canal rachidien et en diminuer la surface disponible. [2] [4]
Quelles peuvent être les conséquences neurologiques ?
L’OPLL peut provoquer une sténose rachidienne, c’est-à-dire un rétrécissement du canal contenant la moelle épinière. [2] [3] Les conséquences dépendent notamment du niveau de la colonne atteint et de l’importance du rétrécissement. [2] L’atteinte cervicale peut être à l’origine d’une myélopathie, terme désignant ici une atteinte de la moelle épinière, ou d’une radiculopathie. [2] [3] Des déficits neurologiques, notamment moteurs, peuvent apparaître lorsque le rétrécissement retentit sur les structures nerveuses. [2] [3]
L’évolution est souvent insidieuse et progressive, ce qui peut contribuer à retarder le diagnostic. [3] La présentation neurologique peut aller d’une myélopathie lente et indolore à l’aggravation rapide d’un déficit neurologique, parfois après un traumatisme mineur. [2] La présence simultanée d’autres maladies de la colonne peut compliquer l’interprétation des symptômes. [3]
Quelles sont les causes et les personnes concernées ?
La cause exacte de l’OPLL reste imparfaitement comprise. [2] [3] Les données disponibles suggèrent une origine multifactorielle associant une prédisposition génétique à différents facteurs environnementaux ou mécaniques. [2] [3] Des facteurs liés à l’âge, à l’alimentation, aux contraintes mécaniques et à certains troubles métaboliques ont été étudiés. [3] Ces associations ne permettent pas, à elles seules, d’attribuer l’OPLL d’une personne à une cause unique. [2]
Une agrégation familiale de l’OPLL a été observée, et de nombreux variants génétiques ont été étudiés. [2] Son mode de transmission reste cependant mal défini et la plupart des cas ne suivent pas un modèle simple reposant sur un seul gène. [2] Plusieurs associations génétiques publiées sont inconstantes d’une étude ou d’une population à l’autre. [2]
L’OPLL est plus souvent rapportée dans les populations asiatiques, en particulier au Japon, que dans les populations occidentales. [2] [3] [4] Les études décrivent également une prédominance masculine. [3] Ces tendances épidémiologiques n’excluent pas la maladie chez une femme ou chez une personne sans origine asiatique. [2] [4]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Le diagnostic repose sur l’imagerie de la colonne vertébrale concernée. [3] Dans les études consacrées à l’OPLL cervicale, la tomodensitométrie, également appelée scanner, est utilisée pour identifier l’ossification. [3] L’étendue de l’atteinte peut être décrite selon le nombre de niveaux vertébraux concernés. [3] L’importance clinique ne dépend toutefois pas uniquement de l’étendue radiologique, car les complications neurologiques peuvent être de degrés variables. [2]
Une ossification du ligament nuchal, située dans les tissus mous en arrière des vertèbres cervicales, est différente de l’OPLL. [3] Une méta-analyse d’études observationnelles a trouvé une association entre l’ossification du ligament nuchal et l’OPLL cervicale. [3] Cette association ne démontre pas que l’une de ces ossifications cause l’autre, car les études étaient observationnelles et exposées à des facteurs de confusion. [3]
Quels sont les principes de la prise en charge ?
Les publications distinguent une prise en charge conservatrice et un traitement chirurgical, sans qu’une stratégie unique convienne à toutes les situations. [3] [4] [1] Pour une OPLL cervicale responsable d’une myélopathie symptomatique modérée ou sévère, une intervention peut être choisie afin de réduire la compression de la moelle épinière. [4] La chirurgie est également présentée comme le traitement efficace d’une OPLL cervicale symptomatique qui ne répond pas à la prise en charge conservatrice. [3] Les passages disponibles ne précisent pas le contenu de cette prise en charge conservatrice. [3] [4]
Une décompression et fusion par voie antérieure permet d’agir directement sur la lésion ossifiée et sur la compression médullaire. [4] La laminoplastie réalisée par voie postérieure agrandit le canal et vise une décompression indirecte par déplacement de la moelle vers l’arrière. [4] Le choix entre ces approches dépend de caractéristiques cliniques et anatomiques qui ne sont pas détaillées dans les passages disponibles. [4]
Les comparaisons entre techniques chirurgicales doivent être interprétées avec prudence. [1] [4] Une revue consacrée à l’OPLL cervicale multisegmentaire n’avait trouvé que trois études comparatives rétrospectives et ne permettait pas de conclure définitivement sur la meilleure approche. [1] Une méta-analyse plus récente comparant décompression antérieure avec fusion et laminoplastie reposait elle aussi principalement sur des études rétrospectives et ne comportait aucun essai randomisé. [4] Ces limites empêchent de transformer les résultats moyens des études en recommandation individuelle pour un patient donné. [1] [4]
Sources et références
[1] Systematic review of cohort studies comparing surgical treatment for multilevel ossification of posterior longitudinal ligament: anterior vs posterior approach - Database of Abstracts of Reviews of Effects (DARE): Quality-assessed Reviews - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
[2] Evidence for a genetic contribution to the ossification of spinal ligaments in Ossification of Posterior Longitudinal Ligament and Diffuse idiopathic skeletal hyperostosis: A narrative review
www.ebi.ac.uk · Version : 2022-10-07 · Consulté le 2026-09-16
[3] Potential Link between Ossification of Nuchal Ligament and the Risk of Cervical Ossification of Posterior Longitudinal Ligament: Evidence and Clinical Implication from a Meta‐Analysis of 8429 Participants
www.ebi.ac.uk · Version : 2021-03-15 · Consulté le 2026-09-16
[4] Anterior decompression and fusion versus laminoplasty for cervical myelopathy due to ossification of posterior longitudinal ligament
www.ebi.ac.uk · Version : 2019-01-01 · Consulté le 2026-09-16
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