Œsophagite à éosinophiles : symptômes, diagnostic, traitements et suivi

L’œsophagite à éosinophiles est une maladie inflammatoire chronique de l’œsophage, le conduit qui relie la gorge à l’estomac. [1] [2] Elle associe des symptômes traduisant un dysfonctionnement de l’œsophage et une accumulation prédominante d’éosinophiles, une catégorie de globules blancs, dans sa muqueuse. [1] [2] Chez l’adolescent et l’adulte, elle se manifeste surtout par une difficulté à avaler les aliments solides ou par un aliment qui reste bloqué dans l’œsophage. [2] [3]
Pourquoi cette inflammation apparaît-elle ?
La maladie résulte probablement d’une réponse immunitaire à des substances alimentaires chez des personnes ayant une susceptibilité génétique. [1] [2] Des allergènes environnementaux peuvent également participer à cette réponse immunitaire. [2] L’asthme, l’eczéma ou dermatite atopique et la rhinite allergique sont fréquemment associés à l’œsophagite à éosinophiles. [1] [2] Cette association avec l’allergie ne signifie toutefois pas que les tests allergologiques courants permettent d’identifier de manière fiable les aliments responsables de l’inflammation œsophagienne. [2] [3]
L’inflammation chronique peut entraîner un remodelage et une fibrose de la paroi, ce qui réduit progressivement la capacité de l’œsophage à se distendre. [3] Cette évolution peut aboutir à un rétrécissement durable, appelé sténose, qui favorise la dysphagie et les blocages alimentaires. [1] [2]
Quels sont les symptômes chez l’adulte et l’adolescent ?
Le symptôme le plus caractéristique est la dysphagie, c’est-à-dire une gêne ou une difficulté pour faire descendre les aliments solides. [2] [3] Les symptômes peuvent être intermittents, ce qui conduit certaines personnes à mâcher très longtemps, à boire pendant les repas ou à éviter certains aliments. [3] Ces adaptations peuvent allonger les repas, limiter les interactions sociales et retarder la reconnaissance de la maladie. [3] Des brûlures derrière le sternum ou d’autres symptômes ressemblant à un reflux gastro-œsophagien peuvent aussi survenir. [1] [2]
Une impaction alimentaire correspond à un aliment coincé dans l’œsophage et peut provoquer une impossibilité d’avaler appelée aphagie. [1] [3] Une perforation de l’œsophage peut compliquer une impaction alimentaire, même si cette complication est décrite comme rare. [3]
Comment la maladie se manifeste-t-elle chez l’enfant ?
Chez le nourrisson et le jeune enfant, les manifestations peuvent comprendre un refus de manger, des vomissements, des douleurs abdominales ou thoraciques et une perte de poids. [1] [2] Un retard de croissance peut également révéler la maladie chez le jeune enfant. [3] Après l’âge de 10 ans et à l’adolescence, la présentation se rapproche de celle de l’adulte, avec notamment une dysphagie et des impactions alimentaires. [3]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Les symptômes seuls ne suffisent pas à diagnostiquer une œsophagite à éosinophiles, car ils peuvent ressembler à ceux d’un reflux ou d’un autre trouble de l’œsophage. [2] Le diagnostic repose sur une endoscopie digestive haute accompagnée de biopsies, c’est-à-dire de petits prélèvements de la muqueuse œsophagienne analysés au microscope. [1] [2] [3] L’endoscopie peut montrer des anneaux, des sillons, des dépôts blanchâtres ou des sténoses. [2] [3] Son aspect peut néanmoins être normal, ce qui explique pourquoi les biopsies restent essentielles lorsque les symptômes sont évocateurs. [2] [3]
Le diagnostic associe des symptômes œsophagiens caractéristiques, une infiltration d’au moins 15 éosinophiles par champ à fort grossissement sur les biopsies et l’évaluation des autres causes possibles. [2] Le reflux gastro-œsophagien peut lui aussi s’accompagner d’éosinophiles dans l’œsophage, et les deux affections peuvent être associées. [3] [2] D’autres diagnostics peuvent être recherchés selon le contexte, notamment l’achalasie, une œsophagite médicamenteuse, la maladie de Crohn ou d’autres maladies digestives à éosinophiles. [2] [3]
Un transit œsophagien avec produit de contraste peut aider à visualiser un rétrécissement ou un œsophage de petit calibre. [1] [3] Les tests d’allergie alimentaire ne sont pas recommandés de manière systématique pour établir le diagnostic ou choisir seuls un régime d’éviction. [2] [3]
Quels sont les principes du traitement ?
La prise en charge vise à améliorer les symptômes, à réduire l’inflammation de l’œsophage et à traiter les rétrécissements lorsqu’ils sont présents. [2] [3] Les principales approches décrites sont les inhibiteurs de la pompe à protons, les corticoïdes locaux avalés, les régimes d’éviction et, en cas de sténose, la dilatation endoscopique. [1] [2] Les inhibiteurs de la pompe à protons diminuent la production d’acide gastrique et peuvent aussi réduire les symptômes et l’inflammation chez une partie des patients. [1] [3] Les corticoïdes locaux sont avalés afin de tapisser la paroi de l’œsophage et de diminuer l’inflammation. [1] Une candidose de la bouche, aussi appelée muguet, constitue un risque documenté de ces corticoïdes locaux. [1] [3]
Un régime d’éviction consiste à retirer certains groupes d’aliments, puis à les réintroduire progressivement afin de rechercher ceux qui entretiennent la maladie. [1] [3] L’efficacité du régime ne peut pas être appréciée uniquement à partir des symptômes, car des endoscopies avec biopsies sont utilisées au cours des étapes de réintroduction. [3] Un accompagnement diététique est souhaitable en raison des contraintes du régime et du risque de déséquilibre lié à l’exclusion de plusieurs aliments. [3]
Lorsqu’une sténose importante ou un œsophage de petit calibre provoque une dysphagie persistante, une dilatation endoscopique peut être proposée. [2] [3] La dilatation est réalisée prudemment et parfois en plusieurs étapes afin de limiter le risque de déchirure ou de perforation de l’œsophage. [1] [2]
Pourquoi un suivi est-il nécessaire ?
La réponse au traitement est évaluée à la fois sur l’évolution des symptômes et sur les biopsies de l’œsophage. [3] Les symptômes récidivent fréquemment après l’arrêt d’un traitement efficace. [3] Un diagnostic tardif est associé à une fréquence plus élevée des formes fibrosantes et des sténoses. [3] Un suivi régulier permet de réévaluer les symptômes, l’inflammation et l’apparition éventuelle d’un rétrécissement. [3] Les données présentées dans la source française de 2023 ne démontrent pas que le traitement d’entretien prévient à lui seul la fibrose, même si son maintien est envisagé pour limiter les rechutes. [3]
Sources et références
[1] Œsophagite à éosinophiles - Troubles digestifs - Manuels MSD pour le grand public
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[2] Œsophagite à éosinophiles - Gastroentérologie - Édition professionnelle du Manuel MSD
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[3] https://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/2022/07/311_023_ROMAN-vf.pdf
www.fmcgastro.org · Consulté le 2026-09-11
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