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Noma : signes, facteurs de risque, diagnostic et prise en charge

Le noma est une maladie gangreneuse sévère de la bouche et du visage, également appelée cancrum oris ou stomatite gangreneuse. [1] Il commence habituellement par une lésion des gencives et peut évoluer rapidement jusqu’à détruire les tissus mous, les tissus durs et la peau du visage. [1] La détection précoce est essentielle, car le traitement est plus efficace pendant les premiers stades et peut alors permettre une cicatrisation sans séquelles à long terme. [1] Le noma touche principalement les enfants de 2 à 6 ans vivant dans des conditions de grande précarité, mais il peut aussi survenir chez des adultes immunodéprimés. [1]

Qui peut être touché par le noma ?

Les enfants principalement concernés présentent souvent plusieurs vulnérabilités associées, notamment la malnutrition, une mauvaise hygiène bucco-dentaire, un affaiblissement du système immunitaire ou une maladie infectieuse. [1] Chez l’adulte, des cas peuvent notamment se déclarer en présence d’une immunodépression liée à une infection par le VIH, à une leucémie ou à une autre maladie. [1] La maladie est prédominante en Afrique subsaharienne, mais des cas ont également été signalés en Asie, dans les Amériques, au Moyen-Orient, en Europe et dans d’autres régions. [1] Le noma est considéré comme un marqueur d’extrême pauvreté et touche surtout des populations défavorisées. [1]

Causes et facteurs de risque

Les connaissances sur les mécanismes exacts du noma restent limitées. [1] Les données disponibles suggèrent l’intervention de plusieurs microbes non spécifiques plutôt que celle d’un agent unique identifié. [1] La malnutrition, l’immunosuppression, une infection sous-jacente, une mauvaise hygiène bucco-dentaire et l’extrême pauvreté figurent parmi les facteurs de risque mis en évidence. [1] Ces facteurs sont associés à la maladie, mais ils ne constituent pas à eux seuls un diagnostic de noma. [1] Aucune transmission directe entre êtres humains n’ayant été signalée, le noma est généralement considéré comme une maladie opportuniste non contagieuse. [1]

Comment le noma débute-t-il et évolue-t-il ?

La première lésion décrite est une plaie des tissus mous au niveau des gencives. [1] Cette lésion peut évoluer vers une gingivite nécrosante, c’est-à-dire une inflammation des gencives accompagnée d’une destruction des tissus. [1] Un gonflement important des gencives peut apparaître pendant les premiers stades de la maladie. [1] Sans maîtrise précoce de la maladie, l’atteinte peut se propager rapidement, devenir gangreneuse et perforer le visage. [1]

L’Organisation mondiale de la santé distingue successivement la gingivite simple, la gingivite nécrosante aiguë, l’œdème, la gangrène, la cicatrisation et le stade des séquelles. [1] Cette classification sert à décrire l’évolution clinique et ne permet pas à elle seule un autodiagnostic. [1]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic du noma repose sur des critères cliniques propres aux différents stades de la maladie. [1] Il n’existe actuellement pas de test diagnostique réalisable sur le lieu des soins. [1] L’évaluation clinique doit donc notamment reconnaître l’atteinte des gencives et déterminer l’étendue de la destruction des tissus. [1] La progression rapide et la méconnaissance de la maladie contribuent à ce que de nombreux cas ne soient ni diagnostiqués, ni traités, ni signalés. [1]

Quels sont les principes de la prise en charge ?

Aux premiers stades, la prise en charge associe habituellement des antibiotiques, des bains de bouche désinfectants, des compléments alimentaires et un accompagnement destiné à améliorer l’hygiène bucco-dentaire. [1] Les bains de bouche mentionnés par l’OMS peuvent notamment utiliser de l’eau salée ou de la chlorhexidine dans le cadre de cette prise en charge. [1] Lorsque le traitement intervient précocement, il peut permettre une bonne cicatrisation des plaies sans séquelles à long terme. [1] Des pansements ou une intervention chirurgicale peuvent être indiqués lorsque la maladie est plus avancée. [1] Après une destruction importante du visage, une chirurgie réparatrice complexe et une rééducation peuvent être nécessaires. [1] Une prise en charge psychologique peut également contribuer à la réinsertion sociale des personnes ayant survécu et de leur famille. [1]

Quels sont les risques et les séquelles possibles ?

Le noma est une maladie potentiellement mortelle, mais sa létalité réelle actuelle reste difficile à mesurer. [1] Le taux de létalité de 90 % souvent cité provient d’estimations mondiales publiées par l’OMS en 1998 et présente des limites méthodologiques. [1] Des données plus récentes suggèrent que ce taux pourrait être inférieur, notamment lorsque la prise en charge intervient précocement. [1]

Les survivants peuvent présenter des déformations faciales graves ainsi que des difficultés à s’alimenter, à déglutir, à parler ou à respirer. [1] Des troubles visuels peuvent également faire partie des séquelles. [1] Les conséquences ne sont pas uniquement physiques, car la défiguration peut entraîner stigmatisation, discrimination et mise à l’écart. [1]

Pourquoi la fréquence du noma reste-t-elle mal connue ?

Le nombre réel de personnes atteintes ou survivantes demeure largement inconnu. [1] Cette incertitude s’explique notamment par la rapidité d’évolution, la létalité élevée, la faiblesse de certains systèmes de santé et de surveillance, ainsi que par l’évolution des critères diagnostiques. [1] La stigmatisation et la méconnaissance du noma par les populations comme par les professionnels de santé contribuent aussi à la sous-détection et au sous-signalement. [1] Le noma a été ajouté à la liste des maladies tropicales négligées de l’OMS en décembre 2023. [1]

Sources et références

[1] Noma

Organisation mondiale de la santé · Consulté le 2026-09-11

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Spécialités médicales concernées

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