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Mycoses : formes cutanées et pulmonaires, diagnostic et prise en charge

Le terme « mycoses » désigne une famille d’affections liées à des champignons et non une maladie unique. [1] [2] Certaines mycoses touchent surtout la peau ou les ongles, tandis que d’autres atteignent les poumons et peuvent prendre une forme allergique, chronique ou invasive. [1] [2] Les modes d’exposition, les manifestations, la gravité, les examens et les traitements diffèrent donc selon le champignon, l’organe atteint et l’état de santé de la personne. [1] [2]

Quelles sont les principales formes de mycoses ?

Les mycoses cutanées concernent notamment la peau, les pieds, le cuir chevelu ou les ongles. [1] Elles comprennent par exemple le pied d’athlète et la teigne. [1] Les mycoses pulmonaires regroupent des maladies très différentes, parmi lesquelles les aspergilloses, la mucormycose, l’histoplasmose, la cryptococcose et la pneumonie à Pneumocystis jirovecii. [2]

Une aspergillose peut être invasive, chronique ou liée à une réaction immunoallergique. [2] L’aspergillose bronchopulmonaire allergique correspond à une hypersensibilité à la colonisation des voies respiratoires par Aspergillus plutôt qu’à une invasion des tissus. [2] La présence d’un champignon dans un prélèvement respiratoire peut aussi traduire une colonisation sans infection active. [2]

Comment surviennent les mycoses et qui est plus exposé ?

Une mycose cutanée peut se transmettre par contact direct avec une lésion ou les poils d’un animal infecté. [1] La transmission peut également être indirecte par des objets, du linge, le sol ou l’eau contaminés. [1] L’humidité persistante, la macération des plis et la transpiration des pieds favorisent le développement des champignons responsables de certaines mycoses cutanées. [1]

Pour les mycoses pulmonaires, l’exposition est souvent environnementale, notamment par inhalation de spores ou d’autres éléments fongiques présents dans l’air. [2] Des concentrations élevées d’Aspergillus peuvent notamment être rencontrées dans la végétation en décomposition, sur des chantiers et dans certains environnements hospitaliers. [2] L’exposition à un sol enrichi par des déjections d’oiseaux ou de chauves-souris augmente le risque d’exposition à Histoplasma dans les régions où ce champignon est présent. [2]

L’état immunitaire joue un rôle majeur dans le risque et la gravité de nombreuses mycoses pulmonaires. [2] Les personnes vivant avec une immunodéficience, atteintes d’une maladie hématologique, greffées ou traitées par des médicaments immunosuppresseurs font partie des populations particulièrement vulnérables. [2] Une maladie pulmonaire chronique ou une anomalie structurelle des poumons peut favoriser certaines formes chroniques d’aspergillose. [2] Certaines mycoses endémiques, comme l’histoplasmose, peuvent néanmoins provoquer une maladie chez une personne sans immunodépression connue. [2]

Quels signes peuvent évoquer une mycose pulmonaire ?

Les manifestations pulmonaires ne sont pas spécifiques d’une mycose et varient selon le champignon, le terrain et la forme de la maladie. [2] Une cryptococcose pulmonaire peut être asymptomatique ou se manifester par de la fièvre, une toux, un essoufflement, une douleur thoracique ou une perte de poids. [2] La pneumonie à Pneumocystis jirovecii provoque typiquement une fièvre modérée, une toux sèche et un essoufflement qui s’aggrave. [2] Chez une personne immunodéprimée, une aspergillose pulmonaire invasive peut parfois se révéler seulement par une fièvre associée à de nouvelles anomalies au scanner. [2]

Certaines formes invasives sont graves et peuvent évoluer rapidement, en particulier chez les personnes immunodéprimées. [2] La mucormycose pulmonaire peut notamment progresser en quelques jours et provoquer une destruction des tissus ainsi qu’une atteinte des organes ou des vaisseaux voisins. [2]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic d’une mycose pulmonaire repose sur le rapprochement entre les symptômes, les facteurs de risque, l’imagerie et les résultats mycologiques. [2] Le scanner thoracique à haute résolution aide à repérer des anomalies et à orienter les examens ciblés. [2] L’examen direct au microscope et la culture recherchent le champignon dans des prélèvements adaptés. [2] La culture peut toutefois être lente, manquer de sensibilité et nécessiter une expertise spécialisée. [2]

Selon la mycose envisagée, le bilan peut aussi rechercher des antigènes, des anticorps ou du matériel génétique du champignon par PCR. [2] Les performances de ces tests dépendent du champignon, du prélèvement et de la population examinée. [2] Des résultats faussement positifs ou des réactions croisées sont possibles avec certains marqueurs sanguins. [2] Une PCR positive dans un prélèvement respiratoire peut détecter une colonisation ou de l’ADN résiduel sans démontrer à elle seule une infection active. [2]

La mise en évidence d’une invasion fongique dans un tissu apporte une preuve diagnostique forte, mais la biopsie n’est pas toujours réalisable en raison de son caractère invasif ou de l’état du patient. [2] Aucun résultat isolé ne doit donc être interprété indépendamment du contexte clinique et radiologique. [2]

Quels sont les principes de la prise en charge ?

La prise en charge dépend du champignon identifié ou suspecté, de la localisation, de la gravité, de l’état immunitaire et des autres maladies de la personne. [2] Le choix d’un antifongique doit aussi tenir compte de la toxicité attendue, du fonctionnement des organes et d’une éventuelle résistance du champignon. [2] Certaines formes pulmonaires nécessitent un traitement rapide, tandis qu’une surveillance peut être discutée dans des situations chroniques très sélectionnées et peu symptomatiques. [2] Une intervention chirurgicale peut compléter le traitement dans certaines infections invasives ou certaines lésions localisées. [2]

Tous les agents responsables de mycoses ne répondent pas aux mêmes médicaments. [2] Pneumocystis jirovecii est par exemple un champignon naturellement résistant aux antifongiques conventionnels et son traitement de référence appartient à une autre famille de médicaments. [2] L’identification de l’espèce et, dans certaines situations, l’étude de sa sensibilité aux antifongiques peuvent donc orienter le traitement. [2]

Comment limiter les mycoses de la peau et leur transmission ?

Après la toilette, sécher soigneusement la peau, les plis et les espaces entre les orteils limite la macération favorable aux champignons. [1] Des chaussures suffisamment aérées et des chaussettes absorbantes aident à réduire l’humidité des pieds. [1] Dans les piscines, les salles de sport et les douches collectives, porter des sandales limite le contact direct avec le sol. [1] Il est également conseillé de laver régulièrement les chaussettes, les tapis de salle de bains et le linge de toilette. [1]

En présence d’une mycose cutanée, il ne faut pas partager les serviettes, les sandales ou les tapis de salle de bains. [1] Le grattage peut favoriser l’extension des lésions à d’autres parties du corps. [1] Le lavage des mains est particulièrement important après les soins des lésions. [1] Si plusieurs membres de l’entourage présentent des symptômes de mycose cutanée, chacun doit être traité. [1]

En cas de teigne, un animal familier peut être à l’origine de la transmission et doit être évalué par un vétérinaire. [1] Les bonnets, les capuches, les brosses, les tondeuses et les rasoirs ayant été en contact avec les cheveux doivent alors être nettoyés ou désinfectés selon leur nature. [1] Pour un enfant atteint de teigne, l’établissement doit être informé et le retour en collectivité est possible dès la mise en route du traitement. [1]

Sources et références

[1] Prévenir les mycoses cutanées | ameli.fr | Assuré

Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-11

[2] Pulmonary mycoses: a clinical perspective

www.ebi.ac.uk · Version : 2026-01-01 · Consulté le 2026-09-16

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