Morsure de serpent : signes, premiers secours et traitements

Une morsure de serpent peut être causée par un serpent venimeux ou non venimeux. [2] Lorsqu’un serpent venimeux mord, il n’injecte pas nécessairement du venin : on parle de morsure sèche lorsqu’aucune envenimation ne se produit. [1] Il est néanmoins impossible de conclure immédiatement à une morsure sèche uniquement parce que la douleur, le gonflement ou les autres signes sont absents. [1] Une morsure potentiellement venimeuse nécessite donc une évaluation médicale rapide, même si la personne se sent initialement bien. [1]
Morsure et envenimation : quelle différence ?
Une morsure non venimeuse provoque habituellement une douleur locale, de petites perforations ou plusieurs écorchures superficielles. [1] [2] Une envenimation correspond aux effets locaux ou généraux du venin injecté pendant la morsure. [1] [2] La nature des manifestations dépend notamment de l’espèce, de la quantité de venin injectée, du nombre et du siège des morsures, ainsi que de l’âge, de la corpulence et de l’état de santé de la personne. [1] [2] Les venins contiennent plusieurs substances capables d’agir simultanément sur les tissus, la coagulation, les muscles, les nerfs, les reins, le cœur ou la respiration. [1]
Quels signes peuvent apparaître ?
Une envenimation peut provoquer une douleur, une rougeur, un gonflement progressif, des ecchymoses, un suintement ou des cloques autour de la morsure. [1] [2] Le gonflement peut s’étendre rapidement au-delà de la zone mordue et parfois gagner une grande partie du membre. [1] Des nausées, des vomissements, une diarrhée, des sueurs, une faiblesse, une confusion, des picotements, une douleur thoracique ou une baisse de la pression artérielle peuvent également survenir. [1] Des saignements spontanés peuvent toucher la morsure, les gencives, le nez, les urines, les selles ou les vomissements lorsque le venin perturbe la coagulation. [1] [2]
Certains venins neurotoxiques peuvent entraîner une vision floue ou double, une chute des paupières, des difficultés à parler ou à avaler, une faiblesse musculaire et une détresse respiratoire. [1] [2] Ces manifestations neurologiques peuvent n’apparaître qu’après plusieurs heures, alors que la douleur et le gonflement autour de la morsure sont faibles ou absents. [1] La peur peut elle-même provoquer des sueurs, des nausées, une accélération du cœur ou de la respiration, mais ces réactions ne permettent pas d’exclure une véritable envenimation. [1] [2] Une réaction allergique immédiate au venin peut aussi provoquer rapidement des symptômes généraux. [1]
Que faire immédiatement après une morsure ?
Éloignez-vous du serpent afin d’éviter une nouvelle morsure, sans essayer de l’attraper ni de le manipuler. [1] [2] [4] Contactez immédiatement les services d’urgence et organisez un transport rapide vers un établissement médical. [1] [4] Restez aussi calme et immobile que possible et évitez tout effort inutile pendant l’attente et le transport. [1] [2] [4] Retirez les bagues, montres, bracelets, chaussures ou vêtements serrés avant que le membre ne gonfle. [1] [2] [4] Immobilisez le membre mordu sans le comprimer. [1] [4]
N’incisez pas la plaie et ne tentez pas d’aspirer le venin, car ces gestes n’ont pas démontré de bénéfice et peuvent causer des lésions ou retarder les soins. [1] [2] [4] N’appliquez pas de garrot, de bandage serré, de glace, de préparation irritante ou de choc électrique sur la morsure. [1] [2] [3] Si le serpent est déjà mort, une photographie prise sans s’en approcher peut aider à son identification, mais il ne faut pas chercher à le capturer pour le montrer aux soignants. [2]
Comment la morsure est-elle évaluée ?
L’évaluation tient compte de l’heure de la morsure, de la description du serpent, des premiers gestes réalisés, des symptômes, des antécédents médicaux et des allergies. [1] Le nombre ou la forme des marques de dents peut orienter l’examen, mais ne permet pas à lui seul de déterminer si du venin a été injecté. [1] Les soignants examinent notamment l’évolution du gonflement, l’état général, la respiration, la circulation et les éventuels signes neurologiques ou hémorragiques. [1] Des analyses sanguines et urinaires peuvent rechercher une anomalie des plaquettes ou de la coagulation, une destruction musculaire et une atteinte rénale. [1] L’examen clinique et les analyses sont répétés, car une envenimation initialement légère peut s’aggraver en quelques heures. [1]
Quels sont les traitements possibles ?
Une morsure non venimeuse relève généralement du nettoyage, du pansement et de la surveillance de la plaie. [1] [2] La protection contre le tétanos est vérifiée et adaptée aux antécédents vaccinaux. [1] [2] Les morsures de serpent s’infectent rarement, si bien que les antibiotiques ne sont pas systématiques et sont réservés à une infection cliniquement présente. [1]
Lorsqu’une envenimation est suffisamment importante, l’antivenin constitue le traitement spécifique principal avec les soins de soutien. [1] [3] Le choix de l’antivenin dépend du serpent en cause ou suspecté et de la gravité des manifestations. [1] Administré précocement, l’antivenin peut limiter les effets du venin, mais son utilisation nécessite une surveillance en raison du risque de réaction allergique immédiate. [1] Selon la gravité, les soins peuvent aussi comprendre une assistance respiratoire, un traitement de la douleur, une compensation des pertes de liquide ou une prise en charge de l’état de choc. [1]
Un gonflement important après une morsure peut ressembler à un syndrome des loges, dans lequel la pression au sein d’un compartiment musculaire compromet la circulation des tissus. [3] Le gonflement seul ne suffit pas à justifier une ouverture chirurgicale du compartiment, car les lésions dues au venin ne suivent pas exactement le mécanisme d’un syndrome des loges traumatique. [1] [3] L’antivenin et la réévaluation spécialisée sont prioritaires, tandis que la chirurgie est réservée aux situations sévères où un véritable syndrome des loges est confirmé. [1] [3]
Quelle surveillance après le traitement ?
La plaie, la mobilité des articulations, la force, la sensibilité et l’évolution du gonflement peuvent nécessiter une surveillance au cours des jours suivant la morsure. [1] Après un traitement par antivenin, une réaction retardée appelée maladie sérique peut apparaître une à trois semaines plus tard. [1] Elle peut se manifester par de la fièvre, une éruption cutanée, une urticaire, un malaise, des douleurs articulaires ou une augmentation du volume des ganglions. [1]
Sources et références
[1] Morsures de serpent - Blessures; empoisonnement - Édition professionnelle du Manuel MSD
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[2] Les faits en bref:Morsures de serpents - Manuels MSD pour le grand public
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[3] Is the acute compartment syndrome diagnosed in snake bites true?: A review
www.ebi.ac.uk · Version : 2024-10-01 · Consulté le 2026-09-16
[4] The Treatment of Snake Bites in a First Aid Setting: A Systematic Review
www.ebi.ac.uk · Version : 2016-10-17 · Consulté le 2026-09-16
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