Mélioïdose : transmission, symptômes, diagnostic et traitement

La mélioïdose, aussi appelée maladie de Whitmore, est une infection provoquée par la bactérie Burkholderia pseudomallei. [1] Elle peut prendre des formes très différentes, allant d’une infection localisée à une pneumonie ou à une infection généralisée appelée septicémie. [1] La mélioïdose ne doit pas être confondue avec la morve, qui est une autre maladie infectieuse causée par Burkholderia mallei. [2]
Comment la mélioïdose se transmet-elle ?
Burkholderia pseudomallei vit dans le sol et dans l’eau, principalement dans des régions tropicales et subtropicales. [1] [2] Les principales régions d’endémie décrites comprennent l’Asie du Sud-Est, l’Australie, l’Inde, la Chine, le Moyen-Orient et plusieurs parties de l’Afrique. [1] Des cas ont également été identifiés dans les Caraïbes, au Mexique, en Amérique centrale et en Amérique du Sud. [1] La contamination peut survenir lorsque la bactérie pénètre par une écorchure ou une brûlure, ou après son inhalation ou son ingestion. [1] L’exposition concerne notamment les personnes en contact avec de la terre ou de l’eau contaminées dans une zone d’endémie, comme certains voyageurs, militaires, ouvriers du bâtiment ou mineurs. [1]
Qui présente un risque accru de maladie ?
Dans les régions d’endémie, la mélioïdose survient plus volontiers chez les personnes atteintes de diabète, de maladie rénale chronique ou de maladie pulmonaire chronique. [1] Un trouble de l’usage de l’alcool et une immunodépression, notamment liée au VIH, figurent également parmi les facteurs associés. [1] Une personne sans facteur de risque connu peut néanmoins contracter la maladie. [2]
Quels sont les symptômes de la mélioïdose ?
La maladie peut apparaître rapidement ou rester latente pendant des années après une infection initiale passée inaperçue. [1] Cette variabilité et la diversité des organes susceptibles d’être atteints rendent sa présentation peu spécifique. [1] [2]
L’infection pulmonaire aiguë est la forme la plus fréquente et peut aller d’une pneumonie modérée à une pneumonie nécrosante très grave. [1] Elle peut provoquer une forte fièvre, une toux, une respiration rapide, une douleur thoracique, des maux de tête, une perte d’appétit et des douleurs musculaires. [1] Les expectorations peuvent contenir des traces de sang. [1]
Une forme septicémique aiguë peut entraîner un choc septique et l’atteinte de plusieurs organes. [1] Les manifestations décrites comprennent une désorientation, une difficulté respiratoire extrême, une forte fièvre, une baisse de la pression artérielle, une respiration accélérée, des douleurs abdominales, une diarrhée ou des lésions cutanées pustuleuses. [1] Cette forme septicémique est fréquemment mortelle. [1]
Une infection purulente localisée peut se développer dans la peau, les ganglions lymphatiques ou presque n’importe quel organe. [1] Des abcès peuvent notamment atteindre le foie, la rate, les reins, la prostate, les os ou les muscles. [1] L’absence de fièvre n’exclut pas une forme localisée. [1]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Le diagnostic repose principalement sur la mise en évidence de Burkholderia pseudomallei par coloration et par culture microbiologique. [1] La bactérie peut être recherchée dans différents prélèvements, notamment le sang, les expectorations, l’urine, un prélèvement de gorge ou le contenu d’une lésion. [1] [2] Une hémoculture négative n’exclut pas la maladie, car les cultures de sang restent souvent négatives en dehors d’une bactériémie importante. [1] Les tests sérologiques peuvent être difficiles à interpréter dans les régions d’endémie, où un résultat positif peut correspondre à une infection antérieure. [1]
Une radiographie thoracique peut montrer une condensation pulmonaire, des nodules, un épanchement ou des cavités qui peuvent rappeler une tuberculose. [1] L’imagerie ne suffit toutefois pas à confirmer à elle seule une mélioïdose. [2] Une échographie ou un scanner peut rechercher des abcès profonds du foie, de la rate ou de la prostate, y compris lorsqu’ils ne provoquent pas de symptôme local évident. [1] [2]
Quels sont les principes du traitement ?
Le traitement d’une mélioïdose symptomatique repose sur une antibiothérapie prolongée organisée en deux phases. [1] La première phase utilise pendant plusieurs semaines un antibiotique administré par voie intraveineuse, notamment la ceftazidime ou, selon la situation, un carbapénème. [1] Cette phase est prolongée lorsque la maladie est plus grave ou qu’il existe des abcès profonds. [1] Une phase orale de plusieurs mois est ensuite utilisée pour éradiquer l’infection, avec des antibiotiques tels que le triméthoprime-sulfaméthoxazole ou la doxycycline. [1] Le choix antibiotique doit tenir compte de situations particulières, car la source décrit l’amoxicilline-acide clavulanique à la place de la doxycycline chez la femme enceinte et l’enfant de moins de huit ans. [1]
Certains foyers infectieux nécessitent un geste en plus des antibiotiques. [2] Un traitement chirurgical est notamment décrit pour les abcès de la prostate et les arthrites septiques, alors qu’il n’est souvent pas indiqué pour les abcès du foie ou de la rate. [2]
Pourquoi un suivi est-il nécessaire après le traitement ?
Une mélioïdose peut rechuter après le traitement. [2] Le respect de la phase antibiotique d’éradication réduit ce risque de récidive. [2] Un suivi prolongé est recommandé afin de rechercher une réapparition de l’infection. [2]
Existe-t-il un vaccin ?
Aucun vaccin contre la mélioïdose n’est actuellement disponible. [2] La prévention repose donc sur la réduction de l’exposition à la bactérie présente dans le sol et l’eau des régions d’endémie. [1] [2]
Sources et références
[1] Mélioïdose - Maladie infectieuse - Édition professionnelle du Manuel MSD
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[2] Glanders and Melioidosis - StatPearls - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
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