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Fièvre paratyphoïde : symptômes, diagnostic, traitement et prévention

La fièvre paratyphoïde est une infection bactérienne potentiellement grave, parfois mortelle, provoquée par Salmonella enterica de sérotype Paratyphi A, B ou C. [1] Elle appartient avec la fièvre typhoïde au groupe des fièvres entériques, mais la fièvre typhoïde est causée par le sérotype Typhi. [1] Ces infections se distinguent des salmonelloses dites non typhiques, qui provoquent le plus souvent une gastro-entérite. [1] Les symptômes de la fièvre paratyphoïde ne permettent pas de la différencier avec certitude d’une fièvre typhoïde ou d’une autre cause de fièvre. [1] [3]

Comment la fièvre paratyphoïde se transmet-elle ?

La contamination survient principalement après ingestion d’eau ou d’aliments souillés par les matières fécales d’une personne infectée. [1] [2] La personne à l’origine de la contamination peut être malade, en convalescence ou porteuse chronique de la bactérie sans présenter de symptôme. [1] La bactérie peut notamment atteindre la bouche par de l’eau contaminée, des aliments rincés avec cette eau ou des aliments manipulés par une personne qui ne s’est pas lavé les mains après être allée aux toilettes. [2] Le risque est particulièrement présent dans les régions où l’accès à l’eau potable, l’hygiène alimentaire et l’assainissement sont insuffisants. [1] [3] Les zones d’endémie comprennent notamment certaines parties de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique latine, avec un risque particulièrement important en Asie du Sud. [1] [2] Un séjour même court dans une zone de forte endémie peut suffire pour contracter une fièvre entérique. [1]

Quels sont les symptômes de la fièvre paratyphoïde ?

Pour la fièvre paratyphoïde, le délai habituel entre la contamination et le début des symptômes est de 1 à 10 jours, mais il peut varier selon la personne et la quantité de bactéries ingérée. [1] Le début est souvent progressif, avec une fatigue croissante et une fièvre qui augmente au fil de plusieurs jours. [1] Une perte d’appétit, des maux de tête, un malaise général et des douleurs abdominales peuvent accompagner la fièvre. [1] [3] Une diarrhée ou, à l’inverse, une constipation peut survenir. [1] D’autres manifestations sont possibles, notamment des vomissements, une toux sèche, des douleurs musculaires ou un mal de gorge. [1] Une éruption transitoire faite de petites taches rosées peut parfois apparaître sur le tronc. [1] Chez l’enfant, la diarrhée et les vomissements sont plus fréquents que chez l’adulte. [1]

Quand obtenir une aide médicale ?

La fièvre paratyphoïde peut menacer le pronostic vital : une personne présentant des symptômes compatibles doit obtenir une aide médicale immédiatement. [2] La possibilité d’une fièvre entérique doit notamment être signalée lors de l’évaluation médicale si la fièvre augmente progressivement après un séjour dans une région d’endémie. [1] La présentation peut être confondue avec d’autres maladies fébriles, notamment le paludisme, ce qui interdit de conclure sur les seuls symptômes. [1]

Une fièvre entérique peut entraîner une hémorragie digestive, une perforation intestinale, un état de choc ou une atteinte du cerveau appelée encéphalopathie. [3] Les complications deviennent plus fréquentes lorsque la maladie se prolonge au-delà de deux semaines. [3] Une reconnaissance précoce et un traitement antimicrobien efficace réduisent le risque de complications et de décès. [1] [3]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le médecin tient compte des symptômes, de leur évolution et des expositions possibles, en particulier des destinations et dates d’un voyage récent. [1] La culture d’un prélèvement sanguin, appelée hémoculture, est l’examen privilégié pour confirmer une fièvre typhoïde ou paratyphoïde. [1] [3] Une seule hémoculture ne détecte qu’environ la moitié des cas, de sorte que plusieurs prélèvements peuvent être nécessaires. [1] Une hémoculture négative n’exclut donc pas à elle seule le diagnostic. [3] La culture des selles est moins sensible que l’hémoculture et reste souvent négative pendant la première semaine de maladie. [1] Les tests sérologiques ne distinguent pas toujours une infection aiguë d’une infection ancienne ou d’une vaccination antérieure. [1] Le test de Widal et les tests rapides disponibles ne sont pas assez fiables pour remplacer l’hémoculture dans la confirmation d’une infection aiguë. [1] [3]

Quels sont les principes du traitement ?

La fièvre paratyphoïde est traitée par des antibiotiques, qui raccourcissent l’évolution de la maladie et réduisent le risque de complication et de décès. [1] Le choix de l’antibiotique dépend notamment de la gravité, du lieu probable de contamination et des résistances bactériennes. [1] [3] La culture permet de tester la sensibilité de la bactérie aux antibiotiques et d’adapter le traitement lorsque les résultats sont disponibles. [1] [3] Cette adaptation est importante car les résistances concernent plusieurs familles d’antibiotiques et évoluent selon les régions et au cours du temps. [1] [3] La fièvre peut encore persister pendant trois à cinq jours après le début d’un traitement antibiotique, mais la température maximale diminue généralement chaque jour. [1] Si elle ne baisse pas dans les cinq jours suivant le début du traitement, l’équipe médicale doit rechercher un échec thérapeutique ou un foyer infectieux persistant et réévaluer l’antibiothérapie. [1]

Quel suivi est nécessaire après le traitement ?

Une rechute peut survenir après une amélioration clinique et nécessite un nouveau traitement antibiotique. [1] Elle concerne jusqu’à 10 % des patients et apparaît généralement une à trois semaines après la guérison clinique. [1] Une nouvelle infection est également possible. [1] Environ 1 à 4 % des patients traités deviennent des porteurs chroniques asymptomatiques, définis par l’excrétion de la bactérie dans les selles pendant au moins douze mois. [1] L’éradication d’un portage chronique nécessite généralement un traitement antibiotique prolongé décidé dans le cadre du suivi médical. [1]

Comment prévenir la fièvre paratyphoïde ?

La prévention repose sur l’accès à une eau sûre, l’assainissement, l’hygiène alimentaire et le lavage fréquent des mains, notamment avant les repas. [1] [3] Ces précautions restent particulièrement importantes lors d’un séjour dans une région où la fièvre paratyphoïde est endémique. [1] Les vaccins contre la fièvre typhoïde ciblent Salmonella Typhi et ne constituent pas une protection établie contre l’ensemble des fièvres paratyphoïdes. [1] Il n’existe pas de vaccin disponible spécifiquement contre la fièvre paratyphoïde. [1] [3] La vaccination contre la fièvre typhoïde ne dispense donc jamais des précautions concernant l’eau, les aliments et l’hygiène des mains. [1]

Sources et références

[1] Typhoid and Paratyphoid Fever | CDC Yellow Book™

CDC · Consulté le 2026-09-11

[3] Treatment of enteric fever (typhoid and paratyphoid fever) with cephalosporins

www.ebi.ac.uk · Version : 2022-11-24 · Consulté le 2026-09-16

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Spécialités médicales concernées

Gastro-entérologue et hépatologue