Fièvre typhoïde : transmission, symptômes, diagnostic, traitement et prévention

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Maladies infectieuses et tropicales par ville
La fièvre typhoïde, aussi appelée typhoïde, est une infection générale provoquée par la bactérie Salmonella enterica de sérotype Typhi. [2] Elle se manifeste habituellement par une fièvre élevée d’apparition progressive, une grande fatigue et des symptômes digestifs, mais ses signes ne suffisent pas à confirmer le diagnostic. [1] [2] La fièvre typhoïde due à Salmonella Typhi et les fièvres paratyphoïdes dues à Salmonella Paratyphi appartiennent ensemble au groupe des fièvres entériques, mais elles sont causées par des sérotypes différents. [3] Ces infections peuvent être impossibles à distinguer sur les seuls symptômes, ce qui rend l’identification de la bactérie particulièrement importante. [3]
Comment la fièvre typhoïde se transmet-elle ?
Salmonella Typhi a l’être humain pour seul hôte et réservoir naturel. [1] [2] La bactérie est principalement transmise lorsqu’une personne consomme de l’eau ou des aliments contaminés par les selles d’une personne malade ou porteuse. [1] [2] [3] Une mauvaise hygiène des mains après être allé aux toilettes peut contaminer l’eau, les aliments ou les surfaces utilisées pour leur préparation. [1] [2] Une transmission directe par voie oro-fécale peut aussi survenir, notamment lors de certains contacts sexuels. [1] [2] [3] Le risque est plus important dans les régions où l’accès à l’eau potable, l’assainissement et l’hygiène sont insuffisants. [1] [3]
Quels sont les symptômes de la fièvre typhoïde ?
Les symptômes apparaissent généralement après une période d’incubation d’environ 8 à 14 jours, même si une plage plus large de 6 à 30 jours est décrite pour les fièvres entériques. [1] [3] Le début est souvent progressif, avec une fièvre croissante, des maux de tête, une perte d’appétit, une fatigue marquée et un malaise général. [1] [2] [3] Des douleurs abdominales, une constipation ou une diarrhée peuvent accompagner la fièvre. [1] [2] [3] Une toux sèche, des douleurs musculaires, des douleurs articulaires ou un mal de gorge sont également possibles. [1] [2] [3] Chez certaines personnes, de petites taches roses apparaissent sur le thorax et l’abdomen, le plus souvent pendant la deuxième semaine de maladie. [1] [2] Cette éruption n’est présente que chez une minorité des malades et son absence n’écarte donc pas une fièvre typhoïde. [1] [2] [3]
Pourquoi les symptômes ne permettent-ils pas un autodiagnostic ?
La fièvre, la fatigue et les troubles digestifs de la typhoïde ressemblent à ceux de nombreuses autres maladies fébriles. [2] [3] Selon les expositions géographiques, le diagnostic différentiel peut notamment inclure le paludisme, la leptospirose, la brucellose, certaines rickettsioses et d’autres infections à Salmonella. [2] L’évaluation tient compte de la date de début des symptômes, de leur progression, des voyages récents, des aliments et de l’eau consommés ainsi que des traitements déjà reçus. [3] Les antécédents de voyage sont également utiles pour rechercher d’autres infections possibles et apprécier les profils de résistance aux antibiotiques dans la région d’exposition. [3]
Comment le diagnostic est-il confirmé ?
Le diagnostic est confirmé en recherchant Salmonella Typhi dans des prélèvements biologiques mis en culture. [1] [2] [3] Le sang est le prélèvement le plus couramment utilisé. Selon la situation, des cultures de selles, d’urines ou d’autres liquides ou tissus peuvent aussi être réalisées ; toutefois, une coproculture positive ne suffit pas à distinguer une infection aiguë d’une convalescence ou d’un portage chronique. [1] [3] Une culture sanguine négative n’exclut pas toujours la maladie, car la sensibilité du test varie avec le moment du prélèvement et peut être limitée. [2] [3] La culture permet aussi de réaliser un antibiogramme, c’est-à-dire un test qui détermine à quels antibiotiques la bactérie est sensible. [1] [2] [3] Les tests sérologiques comme le test de Widal ont une sensibilité et une spécificité insuffisantes pour remplacer une confirmation microbiologique fiable. [2] [3]
Quels sont les principes du traitement ?
Le traitement de la fièvre typhoïde repose sur des antibiotiques. [1] [2] Le choix de l’antibiotique doit tenir compte de l’antibiogramme, car les résistances sont fréquentes et évoluent selon les régions où l’infection a été acquise. [1] [2] [3] Cette résistance croissante rend inadapté le choix autonome d’un antibiotique sans évaluation médicale et microbiologique. [2] [3] Dans les formes sévères accompagnées notamment d’un syndrome confusionnel marqué, d’un coma ou d’un choc, des corticoïdes peuvent être ajoutés au traitement antibiotique en milieu médical. [1] [2] Une perforation intestinale associée à une péritonite nécessite une intervention chirurgicale et une antibiothérapie adaptée. [2]
Évolution, complications et rechute
Sans traitement ou lorsque celui-ci est retardé, la bactérie peut passer dans le sang et atteindre des organes éloignés. [1] [2] Les complications décrites comprennent notamment une hémorragie ou une perforation intestinale, une méningite, une endocardite, une pneumonie et une infection osseuse. [1] [2] Une altération de la conscience, une douleur abdominale intense aggravée par les mouvements ou une diarrhée fortement sanglante peuvent signaler une maladie sévère. [3] Une rechute avec réapparition des symptômes peut survenir après une amélioration initiale. [1] [2] Même après un traitement, le rétablissement complet peut demander plusieurs semaines ou plusieurs mois. [1] [2]
Portage après la maladie
Certaines personnes continuent à excréter Salmonella Typhi dans leurs selles après la disparition des symptômes. [1] [2] Lorsque cette excrétion se prolonge, on parle de portage chronique, souvent associé à la présence de la bactérie dans la vésicule biliaire. [1] [2] Une personne porteuse peut transmettre l’infection même si elle ne présente plus de symptômes. [1] [2] [3] Des cultures de selles peuvent être utilisées pour rechercher la persistance de la bactérie après la phase aiguë. [2] [3]
Comment prévenir la fièvre typhoïde en voyage ?
Dans une région où la fièvre typhoïde est fréquente, la prévention repose sur la sécurité de l’eau et des aliments, l’hygiène des mains et la vaccination des personnes pour lesquelles elle est indiquée. [1] [4] L’eau doit provenir d’une bouteille capsulée ou avoir été bouillie ou correctement traitée, y compris lorsqu’elle sert à se brosser les dents. [1] [2] Les glaçons doivent être évités lorsque la sécurité de l’eau utilisée pour les fabriquer n’est pas certaine. [1] [2] Les aliments servis très chauds immédiatement après leur cuisson et les fruits pelés soi-même sont des choix plus sûrs. [1] [4] Il est recommandé d’éviter les légumes crus ainsi que les aliments conservés ou servis à température ambiante. [1] [2] La vaccination réduit le risque de fièvre typhoïde, mais elle ne dispense pas des précautions concernant l’eau, les aliments et le lavage des mains. [1] [4] Un vaccin dirigé contre Salmonella Typhi ne protège pas contre la fièvre paratyphoïde ni contre l’ensemble des infections digestives du voyageur. [4]
Sources et références
[1] Fièvre typhoïde - Infections - Manuels MSD pour le grand public
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[2] Fièvre typhoïde - Maladie infectieuse - Édition professionnelle du Manuel MSD
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[3] Typhoid Fever - StatPearls - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
[4] Typhoid Vaccine - StatPearls - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
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