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Maladie de Niemann-Pick de type C : signes, diagnostic, prise en charge et suivi

La maladie de Niemann-Pick de type C, ou NPC, est une maladie génétique lysosomale ultra-rare qui atteint à la fois le système nerveux et différents organes. [2] Elle est progressive, mais son âge d’apparition, ses manifestations et sa vitesse d’évolution varient fortement d’une personne à l’autre. [1] [2] Les nourrissons présentent plus souvent une atteinte du foie, de la rate ou des poumons, tandis que les formes de l’enfance, de l’adolescence et de l’âge adulte sont davantage dominées par des manifestations neurologiques, cognitives ou psychiatriques. [1] [2] Les signes étant variables et souvent peu spécifiques, leur présence ne permet pas à elle seule de poser le diagnostic. [2]

Que se passe-t-il dans la maladie de Niemann-Pick de type C ?

La maladie est provoquée par des variants pathogènes présents sur les deux copies du gène NPC1 ou du gène NPC2. [1] [2] Les protéines produites par ces gènes participent normalement au transport du cholestérol et d’autres lipides à partir des lysosomes, des compartiments chargés de traiter et de recycler différents constituants de la cellule. [2] Lorsque leur fonctionnement est altéré, du cholestérol non estérifié et d’autres lipides s’accumulent dans les lysosomes. [2] Cette perturbation peut entraîner des manifestations viscérales et une dégénérescence progressive du système nerveux. [2]

Des signes différents selon l’âge de début

Avant la naissance, pendant la période néonatale ou au début de la vie, la maladie peut se manifester par une accumulation de liquide chez le fœtus, une jaunisse cholestatique prolongée, une augmentation du volume du foie et de la rate ou une atteinte pulmonaire. [2] Certaines formes précoces évoluent vers une insuffisance hépatique ou multiviscérale grave. [2] Chez le jeune enfant, une diminution du tonus musculaire et un retard des acquisitions motrices peuvent être au premier plan. [1] [2] Une maladresse, des troubles de la marche, des chutes fréquentes, un retard de parole ou une perte d’acquisitions peuvent apparaître par la suite. [2]

Les manifestations neurologiques possibles comprennent l’ataxie, qui correspond à un défaut progressif de coordination, la dystonie, des troubles de l’élocution, des difficultés à avaler et des crises d’épilepsie. [1] [2] Une cataplexie gélastique peut survenir sous la forme d’une perte soudaine du tonus musculaire déclenchée par une émotion, notamment le rire. [1] Un signe particulièrement évocateur est le ralentissement puis la limitation des mouvements rapides et volontaires des yeux dans le sens vertical. [1] [2] Les enfants peuvent compenser ce trouble oculomoteur en clignant des yeux ou en bougeant la tête et le haut du corps pour regarder vers le haut ou vers le bas. [1]

À l’âge scolaire, des difficultés d’apprentissage ou une baisse des résultats peuvent précéder une atteinte cognitive plus globale. [1] Chez l’adolescent ou l’adulte, la maladie peut commencer par un déclin cognitif précoce, une démence ou des manifestations psychiatriques ressemblant notamment à une dépression, une psychose ou un trouble bipolaire. [1] [2] Ces manifestations psychiatriques peuvent initialement masquer les signes neurologiques. [1] L’absence d’augmentation visible du volume du foie ou de la rate n’exclut pas la maladie. [1]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le bilan commence par l’analyse de l’histoire médicale, des manifestations présentes et de leur âge d’apparition. [2] La coexistence de manifestations viscérales, neurologiques, cognitives ou psychiatriques peut renforcer la suspicion, mais de nombreuses autres maladies peuvent produire des signes similaires. [2] Des anomalies des mouvements oculaires rapides ou une cataplexie gélastique sont des éléments particulièrement utiles pour orienter l’évaluation. [2]

Des biomarqueurs sanguins ou urinaires liés au métabolisme des lipides peuvent être utilisés comme examens de première intention lorsque la maladie est suspectée. [2] Ces biomarqueurs comprennent notamment des oxystérols, certains lysosphingolipides et des dérivés d’acides biliaires. [2] Un biomarqueur anormal doit être interprété avec le contexte clinique, car certains marqueurs peuvent aussi être modifiés dans d’autres maladies. [2] Le diagnostic est confirmé par la mise en évidence de deux variants pathogènes ou probablement pathogènes dans NPC1 ou dans NPC2. [1] [2] Un variant de signification incertaine ne suffit pas à confirmer ou à exclure la maladie. [1]

Une IRM cérébrale peut être normale au début ou montrer seulement des anomalies peu spécifiques. [1] [2] L’imagerie contribue donc à l’évaluation neurologique, mais elle ne remplace pas les examens biochimiques et génétiques nécessaires au diagnostic. [2]

Quelle prise en charge est possible ?

Il n’existe actuellement aucun traitement curatif de la maladie de Niemann-Pick de type C. [1] [2] La prise en charge associe le traitement des manifestations à des traitements visant à modifier l’évolution de la maladie lorsqu’ils sont disponibles et adaptés à la situation de la personne. [2] Elle repose sur une équipe multidisciplinaire coordonnée par un centre spécialisé et en lien avec les professionnels de proximité. [2] Selon les besoins, cette équipe peut réunir notamment neurologie, génétique clinique, rééducation, orthophonie, nutrition, accompagnement psychologique et soutien social. [1]

L’évaluation initiale recherche notamment les troubles moteurs, les crises d’épilepsie, les troubles du sommeil, les difficultés cognitives et les manifestations psychiatriques. [1] Elle examine aussi la mobilité, la communication, l’audition, l’état nutritionnel et la capacité à avaler. [1] Une évaluation de la déglutition est importante, car la dysphagie peut progresser et exposer à l’inhalation d’aliments ou de liquides dans les voies respiratoires. [1] Des adaptations alimentaires ou une autre modalité d’alimentation peuvent être envisagées par l’équipe lorsque la dysphagie ou le risque d’inhalation le justifie. [1]

Évolution et suivi régulier

La maladie forme un continuum allant de formes périnatales rapidement progressives à des formes neurologiques chroniques révélées à l’âge adulte. [2] L’âge de début des manifestations neurologiques est associé à la gravité et à l’espérance de vie, sans permettre de prévoir exactement l’évolution individuelle. [2] Les troubles de la déglutition peuvent devenir une complication majeure en raison du risque de pneumonie d’inhalation. [1]

Un suivi régulier est recommandé pour surveiller la progression, détecter de nouvelles manifestations et évaluer la réponse aux soins. [1] [2] Les objectifs du suivi doivent prendre en compte le bien-être physique et psychosocial de la personne ainsi que celui de sa famille. [2] Pour les enfants atteignant l’âge adulte, la transition entre les services pédiatriques et adultes doit être préparée afin de préserver la continuité des soins. [2]

Transmission génétique et possibilités pour la famille

La maladie de Niemann-Pick de type C se transmet sur un mode autosomique récessif. [1] [2] Lorsque les deux parents portent chacun un variant familial pathogène, chaque grossesse comporte une probabilité de 25 % d’enfant atteint, de 50 % d’enfant porteur d’un seul variant et de 25 % d’enfant n’ayant hérité d’aucun des deux variants familiaux. [1] Une fois les variants familiaux identifiés, un conseil génétique peut informer les proches sur les tests possibles et sur les options de diagnostic prénatal ou préimplantatoire. [1] [2] L’évaluation génétique des frères et sœurs à risque peut permettre d’identifier plus tôt une personne atteinte susceptible de bénéficier d’une surveillance et d’une prise en charge spécialisées. [1] [2]

Ne pas confondre le type C avec des maladies voisines

L’appellation « maladie de Niemann-Pick » regroupe des affections différentes qui ne doivent pas être assimilées les unes aux autres. [1] Le type C est lié aux gènes NPC1 ou NPC2, tandis que les types A et B figurent parmi les maladies associées au gène SMPD1 dans le diagnostic différentiel. [1] L’ancienne appellation « type D » désigne un isolat génétique de Nouvelle-Écosse aujourd’hui considéré comme indissociable du type C lié à NPC1. [1] La maladie de Pick, qui est une cause de démence de l’adulte, n’est pas liée à la maladie de Niemann-Pick. [1]

Sources et références

[1] Niemann-Pick Disease Type C - GeneReviews® - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

[2] 2025 Consensus Clinical Management Guidelines for Niemann‐Pick Disease Type C

www.ebi.ac.uk · Version : 2026-05-01 · Consulté le 2026-09-16

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