Maladie de Leigh : signes, diagnostic et prise en charge

La maladie, ou syndrome, de Leigh est une maladie mitochondriale rare qui atteint principalement le système nerveux central, notamment le cerveau et le tronc cérébral. [2] [3] Elle est liée à un défaut de production d’énergie par les mitochondries, structures indispensables au fonctionnement des cellules. [1] [3] Les maladies mitochondriales peuvent être dues à des anomalies de l’ADN mitochondrial ou de gènes situés dans le noyau des cellules. [2] [3] Le spectre de Leigh associé à l’ADN mitochondrial constitue un sous-ensemble précis et ne doit donc pas être confondu avec la totalité des formes de maladie de Leigh. [1] [2]
À quel âge la maladie apparaît-elle ?
Dans le spectre associé à l’ADN mitochondrial, les premières manifestations apparaissent habituellement entre l’âge de 3 et 12 mois. [1] Une aggravation peut survenir à l’occasion d’une infection, souvent virale, ou d’une situation imposant un stress métabolique à l’organisme, comme une intervention chirurgicale ou un jeûne prolongé. [1] Ces épisodes de décompensation s’accompagnent fréquemment d’un retard des acquisitions ou de la perte de capacités déjà acquises. [1] Une élévation du lactate dans le sang ou le liquide céphalorachidien peut également être observée pendant une décompensation, mais ce résultat biologique ne suffit pas à lui seul à poser le diagnostic. [1]
Quels sont les signes possibles ?
Les manifestations neurologiques possibles comprennent un manque de tonus musculaire, une raideur anormale des membres, des crises d’épilepsie, des mouvements involontaires, des troubles de l’équilibre et une atteinte des nerfs périphériques. [1] L’atteinte du tronc cérébral peut entraîner des troubles respiratoires, des difficultés pour avaler, une limitation de certains mouvements des yeux ou des anomalies de la régulation de la température. [1] Des difficultés visuelles, respiratoires et motrices liées à un défaut de contrôle ou de coordination des mouvements sont également décrites dans la maladie de Leigh. [3] D’autres organes peuvent être concernés, avec notamment une prise de poids insuffisante, une maladie du muscle cardiaque ou des troubles de la conduction électrique du cœur. [1] La présence, l’association et l’intensité de ces manifestations peuvent varier ; une personne n’éprouve donc pas nécessairement tous les signes décrits. [1] [3]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Le diagnostic d’une maladie mitochondriale repose sur le rapprochement des symptômes, de l’examen clinique, du bilan des organes potentiellement atteints et d’analyses spécialisées. [3] L’analyse génétique joue un rôle central, car les manifestations des maladies mitochondriales sont variables et de nombreux gènes peuvent être impliqués. [3] Pour le spectre de Leigh associé à l’ADN mitochondrial, le diagnostic est établi chez une personne remplissant les critères cliniques lorsque l’analyse identifie un variant génétique pathogène dans l’un des gènes de l’ADN mitochondrial reconnus comme responsables. [1] Ce variant peut être présent dans toutes les copies d’ADN mitochondrial analysées ou seulement dans une partie d’entre elles, situation appelée hétéroplasmie. [1] [3] Les passages disponibles ne permettent pas de détailler les critères cliniques, l’imagerie cérébrale ni l’ensemble des examens nécessaires pour distinguer la maladie de Leigh d’autres maladies neurologiques ou mitochondriales. [1] [3]
Quels sont les principes de la prise en charge ?
Dans le spectre associé à l’ADN mitochondrial, la prise en charge est symptomatique et vise à traiter les manifestations de la maladie ainsi qu’à préserver l’alimentation, le développement et l’autonomie. [1] Elle peut comprendre le traitement des crises d’épilepsie ou des mouvements anormaux, la prise en charge d’une acidose importante et le traitement spécialisé d’une atteinte respiratoire ou cardiaque. [1] Un soutien nutritionnel, une aide pour l’alimentation, de la kinésithérapie, de l’ergothérapie et un accompagnement du développement ou de la scolarité peuvent être proposés selon les besoins. [1] Les atteintes de l’audition, de la vision, du foie, des reins, du système digestif ou du système endocrinien nécessitent une prise en charge adaptée lorsqu’elles sont présentes. [1] La coordination des soins et le soutien psychologique de la personne atteinte et de sa famille font également partie de cette prise en charge. [1]
Des approches de thérapie génique ont amélioré les manifestations et la survie dans un modèle de souris atteint d’une forme expérimentale de syndrome de Leigh. [2] Ces résultats constituent une preuve de concept expérimentale et ne démontrent pas qu’une thérapie génique soit disponible ou efficace chez les patients. [2]
Pourquoi un suivi régulier est-il nécessaire ?
Un suivi régulier recherche la progression des troubles neurologiques ainsi que les complications respiratoires, nutritionnelles, digestives et cardiaques. [1] Il comporte aussi une évaluation du développement, des capacités cognitives, de la mobilité, de l’autonomie et des besoins scolaires ou éducatifs. [1] Selon les atteintes possibles, la surveillance peut inclure des évaluations ophtalmologiques et auditives, un électrocardiogramme, une échographie du cœur et des analyses sanguines ou urinaires. [1] Le calendrier exact dépend de l’état de la personne et des recommandations des professionnels qui suivent chaque organe concerné. [1]
Quelles précautions particulières sont décrites ?
Dans le spectre associé à l’ADN mitochondrial, le valproate de sodium, les médicaments susceptibles de provoquer une acidose et le dichloroacétate doivent être évités ou employés avec prudence. [1] Une anesthésie exige une évaluation attentive en raison du risque d’aggravation des troubles respiratoires et de déclenchement d’une insuffisance respiratoire. [1] Les données disponibles ici décrivent des difficultés respiratoires ou de déglutition et des décompensations, mais elles ne définissent pas les signes précis imposant un recours médical immédiat. [1]
Comment les formes liées à l’ADN mitochondrial se transmettent-elles ?
Lorsqu’elle est due à un variant pathogène de l’ADN mitochondrial, la maladie suit une transmission maternelle, car l’ADN mitochondrial transmis à l’enfant provient de la mère. [1] [3] La mère peut porter le variant avec des manifestations légères, tandis que certaines personnes atteintes n’ont aucun antécédent familial connu de maladie mitochondriale. [1] Dans une même fratrie, la quantité d’ADN mitochondrial porteur du variant peut différer entre les enfants et entre leurs tissus. [1] Le risque de développer des manifestations est donc difficile à prévoir à partir de la seule présence du variant. [1] Le conseil génétique aide la famille à comprendre le mode de transmission, l’incertitude du risque et les options reproductives pouvant être discutées selon sa situation. [1] [3] Ces règles de transmission mitochondriale ne doivent pas être appliquées aux formes dues à des gènes nucléaires, qui peuvent suivre d’autres modes de transmission. [3]
Quelle peut être l’évolution ?
Le spectre de Leigh associé à l’ADN mitochondrial est une affection neurodégénérative progressive dont l’évolution peut être sévère. [1] Dans cette forme documentée, jusqu’à la moitié des personnes atteintes meurent avant l’âge de 3 ans, le plus souvent d’une insuffisance respiratoire ou cardiaque. [1] Cette donnée de groupe ne permet pas de prédire l’évolution individuelle, qui dépend notamment de l’anomalie génétique et de l’étendue des atteintes. [1]
Sources et références
[1] Mitochondrial DNA-Associated Leigh Syndrome Spectrum - GeneReviews® - NCBI Bookshelf
GeneReviews, University of Washington, diffusion NCBI Bookshelf · Consulté le 2026-09-13
[2] Développement de nouvelles stratégies de thérapie génique pour le syndrome de Leigh - Archive ouverte HAL
hal.science · Consulté le 2026-09-15
[3] Myopathies mitochondriales | AFM Téléthon
www.afm-telethon.fr · Consulté le 2026-09-15
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