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Mal de l’espace : symptômes, mécanismes et limites des contre-mesures

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Le mal de l’espace, appelé Space Motion Sickness dans la littérature scientifique, est un syndrome clinique lié à l’exposition à la microgravité. [1] Il se manifeste surtout au début d’un séjour en apesanteur et peut réapparaître après le retour sur Terre. [1] Ce syndrome est distinct du mal des transports terrestre et du syndrome du mal de débarquement, qui n’étaient pas inclus dans la revue scientifique consacrée au mal de l’espace. [1]

Quels sont les symptômes du mal de l’espace ?

Les manifestations décrites comprennent des étourdissements, des vertiges, des maux de tête, des sueurs froides, de la fatigue, des nausées et des vomissements. [1] Une sensation de chaleur, une diminution de l’appétit et une désorientation spatiale peuvent également survenir. [1] La gravité varie d’un inconfort limité à une incapacité sensorimotrice et cognitive importante, susceptible de compromettre certaines tâches opérationnelles. [1]

La revue estime qu’environ 70 % des astronautes sont concernés au cours des premières 72 heures du voyage vers la microgravité ou du retour depuis cet environnement. [1] Les effets les plus déstabilisants ont été décrits du premier au cinquième jour d’apesanteur et peuvent réapparaître pendant les dix premiers jours suivant le retour sur Terre. [1]

Pourquoi la microgravité provoque-t-elle ces troubles ?

Sur Terre, les organes otolithiques de l’oreille interne détectent l’accélération gravitationnelle et renseignent le cerveau sur la position de la tête par rapport à la gravité. [1] Le cerveau associe normalement ces signaux vestibulaires aux informations provenant de la vision et de la perception de la position du corps. [1] En microgravité, les signaux vestibulaires ne fournissent plus les repères gravitationnels habituels, ce qui peut créer un conflit avec les informations visuelles et proprioceptives. [1] Ce conflit sensoriel est présenté comme l’explication actuellement la plus prometteuse des nausées, des illusions vestibulaires et de la désorientation spatiale. [1]

La redistribution du sang et de la lymphe vers le haut du corps en microgravité pourrait aussi modifier les pressions dans le système vestibulaire et contribuer aux symptômes. [1] Cette hypothèse ne suffit toutefois pas à tout expliquer, car la redistribution des liquides persiste alors que l’intensité du syndrome évolue au cours de la mission. [1]

Qui est susceptible d’être concerné ?

L’âge, le sexe, l’expérience de vols antérieurs et la sensibilité individuelle ont été proposés comme facteurs susceptibles d’influencer la survenue ou la sévérité du mal de l’espace. [1] La sensibilité paraît diminuer avec l’expérience des vols, mais les données directes consacrées à ces facteurs individuels restent peu nombreuses. [1] Les connaissances disponibles reposent en outre largement sur des personnels très entraînés, avec des échantillons souvent réduits et majoritairement masculins. [1]

Quelles contre-mesures ont été étudiées ?

Différents médicaments, notamment la prométhazine et la scopolamine, ont été étudiés pour réduire les symptômes du mal de l’espace. [1] Des diminutions de symptômes ont été observées avec ces médicaments, mais leurs études différaient par les doses, les voies d’administration, le moment d’utilisation et les méthodes d’évaluation. [1] La fatigue, la somnolence, la sécheresse buccale et des problèmes de coordination sensorimotrice figurent parmi les effets indésirables rapportés. [1] Ces effets sont particulièrement problématiques dans un environnement où l’attention et la coordination sont indispensables à la sécurité. [1]

Des approches non médicamenteuses ont aussi été testées, notamment le biofeedback, la réalité virtuelle, des exercices de rotation de la tête ou du corps et la stimulation vestibulaire galvanique. [1] Certaines études ont signalé une réduction des symptômes, mais le nombre de travaux consacrés à ces approches est très limité. [1] La revue ne permet pas de déterminer si une contre-mesure médicamenteuse ou non médicamenteuse est supérieure aux autres. [1]

Pourquoi les résultats restent-ils difficiles à interpréter ?

Les études utilisent des protocoles, des effectifs et des critères de mesure très différents, ce qui empêche de comparer correctement les contre-mesures. [1] Beaucoup de résultats reposent sur une autoévaluation des symptômes, une méthode susceptible d’introduire des biais. [1] Les vols paraboliques, centrifugeuses et dispositifs rotatifs permettent d’étudier une gravité modifiée, mais ils ne reproduisent pas parfaitement les conditions d’un véritable vol spatial. [1] En l’état des recherches, aucune recommandation définitive ne peut donc être formulée sur la contre-mesure la plus efficace. [1]

Quelles sont les conséquences pour la sécurité des missions ?

Une forme sévère peut gêner les capacités physiques et cognitives nécessaires lors de la rentrée atmosphérique ou d’une évacuation d’urgence. [1] La revue rapporte qu’aucune activité extravéhiculaire n’est autorisée pendant les premiers jours des missions spatiales en raison de ce risque. [1] La revue scientifique ne décrit cependant pas le parcours d’évaluation ni la conduite immédiate qu’un membre d’équipage ou un passager doit suivre lorsque les symptômes apparaissent. [1]

Sources et références

[1] Pharmacological and non-pharmacological countermeasures to Space Motion Sickness: a systematic review

www.ebi.ac.uk · Version : 2023-06-16 · Consulté le 2026-09-16

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