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Kératite : signes, diagnostic et soins de plusieurs formes infectieuses

Une kératite atteint la cornée, la couche transparente située devant l’iris et la pupille. [2] [3] Plusieurs agents infectieux peuvent être en cause, notamment une amibe du genre Acanthamoeba, le virus herpes simplex, des champignons, Pythium ou la bactérie Nocardia. [2] [3] [4] [5] Ces formes peuvent se ressembler par leurs symptômes, alors que leur confirmation et leur traitement diffèrent selon le micro-organisme responsable. [4] Une identification précoce est importante, car certaines infections peuvent léser progressivement la cornée et altérer durablement la vision. [2] [3] [5]

Quels symptômes peuvent accompagner une kératite infectieuse ?

La douleur oculaire, la rougeur, le larmoiement, la sensation de corps étranger, la gêne provoquée par la lumière et la baisse de vision sont décrits dans plusieurs formes infectieuses. [2] [3] [5] La kératite amibienne provoque généralement des lésions cornéennes très douloureuses et ne touche le plus souvent qu’un seul œil. [2] La kératite herpétique peut récidiver et entraîner une diminution de la sensibilité cornéenne, des ulcères, des cicatrices ou une perte visuelle permanente. [3] Une kératite à Nocardia évolue souvent plus insidieusement, avec une douleur, une photophobie et une baisse de vision apparaissant sur plusieurs jours ou semaines. [5] Les symptômes ne suffisent donc pas à identifier la cause de l’atteinte cornéenne. [4]

Quelles expositions orientent vers certaines causes ?

Le port de lentilles de contact est le principal facteur de risque décrit pour la kératite amibienne. [2] Le risque est notamment associé au port des lentilles pendant la baignade, au contact avec de l’eau contaminée et à un nettoyage ou une conservation inadaptés. [2] Certaines kératites amibiennes débutent également après une éraflure de la cornée. [2] Les kératites fongiques sont notamment associées à un traumatisme par un végétal, au port de lentilles ou à une maladie préalable de la surface oculaire. [4] La kératite à Nocardia survient surtout après une contamination d’une cornée lésée par de la terre, de l’eau ou des végétaux, mais le port prolongé de lentilles constitue aussi un facteur de risque. [5] La kératite herpétique correspond à la réactivation possible d’un virus herpes simplex resté inactif dans les nerfs après une première infection. [3]

Comment la cause est-elle recherchée ?

L’examen ophtalmologique permet d’observer la cornée avec un fort grossissement à l’aide d’une lampe à fente. [3] De la fluorescéine peut être déposée dans l’œil afin de colorer temporairement les zones cornéennes endommagées et de les rendre visibles. [3] Pour rechercher Acanthamoeba, un prélèvement de tissu cornéen peut être examiné au microscope, mis en culture et analysé par PCR afin de détecter l’ADN de l’amibe. [2] Une microscopie confocale peut également montrer les kystes d’Acanthamoeba dans la cornée, mais sa réalisation et son interprétation nécessitent une expertise. [1] Dans la kératite herpétique, le diagnostic repose principalement sur l’examen de la cornée, parfois complété par un prélèvement destiné à identifier le virus. [3] Pour Nocardia, l’examen direct, des colorations spécifiques, la culture et la PCR peuvent aider à distinguer cette bactérie d’un champignon ou d’un autre agent infectieux. [5] L’aspect de la cornée peut orienter le médecin, mais les ressemblances entre infections rendent souvent nécessaire une confirmation microbiologique. [4] [5]

Pourquoi le traitement dépend-il de la cause ?

La kératite amibienne est traitée par des collyres anti-infectieux contenant de la chlorhexidine, du polyhexaméthylène biguanide ou leur association. [2] Lorsque les lésions amibiennes sont superficielles, l’ophtalmologiste peut retirer les cellules infectées et endommagées. [2] Ce traitement est intensif au début, peut durer plusieurs mois et expose à une récidive s’il est interrompu prématurément. [2] Une greffe de cornée est rarement nécessaire dans la forme amibienne, notamment lorsque le traitement médicamenteux est inefficace. [2] La kératite herpétique est au contraire traitée par des médicaments antiviraux administrés localement, par voie orale ou, dans certaines situations, par voie intraveineuse. [3] Certaines infections herpétiques profondes avec une inflammation importante peuvent nécessiter un collyre corticoïde prescrit dans le cadre du traitement spécialisé. [3] À l’inverse, la source consacrée à la kératite amibienne indique que les corticoïdes en collyre ne doivent pas être utilisés. [2] Ces différences montrent qu’un collyre adapté à une cause ne doit pas être transposé de façon autonome à une autre kératite. [2] [3]

Quels sont les risques et pourquoi le suivi compte-t-il ?

Une kératite amibienne peut devenir chronique, détruire progressivement la cornée et altérer la vision. [2] Les kystes d’Acanthamoeba résistent à l’éradication, ce qui contribue à la durée du traitement et au risque de récidive. [1] [2] Les récidives herpétiques peuvent provoquer des ulcères profonds, des cicatrices permanentes, une perte de sensibilité et une déficience visuelle importante. [3] Une kératite à Nocardia diagnostiquée tardivement peut entraîner un amincissement, une cicatrice ou une perforation de la cornée. [5] Le pronostic visuel dépend notamment de la profondeur de l’atteinte, de la rapidité du diagnostic et de la mise en route d’un traitement actif sur l’agent responsable. [5]

Comment réduire le risque de kératite amibienne avec des lentilles ?

Les lentilles doivent être nettoyées et conservées conformément aux recommandations du professionnel de la vue et du fabricant. [2] Les mains doivent être soigneusement lavées avant toute manipulation des lentilles. [2] La solution de conservation doit rester fraîche et ne doit être ni réutilisée ni mélangée à une solution déjà présente. [2] Il ne faut pas utiliser d’eau du robinet ni de solution faite maison pour nettoyer ou conserver les lentilles. [2] Le port des lentilles doit être évité pendant la baignade, dans une piscine ou un jacuzzi. [2] Le port nocturne et le sommeil avec les lentilles peuvent également augmenter le risque de kératite amibienne. [2]

Quels repères de recours sont documentés ?

La prise en charge d’une kératite amibienne doit être rapidement instaurée par un ophtalmologiste, les lésions superficielles précoces étant plus faciles à traiter. [2] Le traitement d’une kératite herpétique doit également commencer dès que possible. [3] Les documents disponibles ne permettent toutefois pas de fixer un délai général de recours à partir des seuls symptômes pour l’ensemble des kératites. [2] [3] [4]

Sources et références

[5] Nocardia Keratitis - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

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