Infections à staphylocoques : formes, diagnostic, traitements et prévention

Les infections à staphylocoques forment un ensemble de maladies provoquées par des bactéries du genre Staphylococcus, et non une maladie unique. [1] Staphylococcus aureus est l'espèce la plus pathogène et provoque surtout des infections de la peau, mais il peut également atteindre les poumons, le sang, le cœur, les os ou les articulations. [1] D'autres espèces ont des profils différents : Staphylococcus epidermidis est notamment associé aux infections acquises à l'hôpital et aux dispositifs médicaux, tandis que Staphylococcus saprophyticus peut provoquer des infections urinaires. [1]
Portage ou infection : quelle différence ?
Une personne peut porter un staphylocoque sur la peau ou dans la partie antérieure du nez sans présenter de maladie : ce phénomène est appelé portage ou colonisation. [1] À partir de ces sites, la bactérie peut parfois provoquer une infection chez la personne porteuse ou se transmettre à d'autres personnes. [1] Le portage ne doit donc pas être confondu avec une infection, laquelle correspond à une atteinte clinique d'un tissu ou d'un organe. [1]
Quelles formes et quels signes peuvent survenir ?
Les infections de la peau et des tissus mous sont les formes les plus fréquentes. [1] Elles peuvent prendre la forme d'un impétigo avec des vésicules ou pustules qui se rompent puis forment des croûtes couleur miel. [1] Un furoncle se présente plutôt comme un nodule ou une pustule douloureuse touchant un follicule pileux. [1] Les staphylocoques peuvent aussi provoquer des abcès plus profonds, une infection diffuse de la peau ou, plus rarement, une infection cutanée nécrosante sévère. [1] Ils sont également impliqués dans certaines infections de plaies, de brûlures ou d'incisions opératoires, ainsi que dans des mastites et des abcès du sein pendant l'allaitement. [1]
Une infection invasive peut se manifester par une bactériémie, c'est-à-dire la présence de bactéries dans le sang, parfois accompagnée de foyers infectieux à distance. [1] Une atteinte osseuse peut entraîner de la fièvre, des frissons et une douleur localisée, puis une rougeur et un gonflement des tissus situés au-dessus de l'os. [1] Une articulation peut être infectée à partir du sang, par extension d'une infection osseuse, après un traumatisme ou lors d'une intervention articulaire. [1] Les prothèses articulaires sont particulièrement exposées, car les staphylocoques peuvent former un biofilm sur les matériaux étrangers. [1] [2] Une pneumonie staphylococcique peut notamment survenir après une grippe, chez une personne atteinte d'une maladie bronchopulmonaire chronique, sous traitement immunosuppresseur ou porteuse d'un cathéter intraveineux. [1]
Certaines souches produisent des toxines responsables de maladies distinctes, dont le syndrome de choc toxique, le syndrome de la peau ébouillantée et l'intoxication alimentaire staphylococcique. [1] Le syndrome de la peau ébouillantée touche surtout les nourrissons et les enfants de moins de cinq ans et provoque de grandes bulles avec un décollement de la couche superficielle de la peau. [1] L'intoxication alimentaire résulte de l'ingestion d'une toxine déjà formée dans un aliment contaminé, même si celui-ci conserve un goût et une odeur normaux. [1] Elle provoque typiquement des nausées et vomissements importants deux à huit heures après l'ingestion, puis des crampes abdominales et une diarrhée. [1]
Qui présente un risque accru ?
Le risque d'infection staphylococcique est accru chez les nouveau-nés, les mères qui allaitent et les personnes atteintes notamment de diabète, de maladie rénale chronique, de maladie cutanée chronique, de cancer, d'infection par le VIH ou de maladie bronchopulmonaire chronique. [1] Une greffe, une immunosuppression, une chimiothérapie, une dialyse, une plaie ouverte, une brûlure ou une incision chirurgicale font également partie des situations prédisposantes décrites. [1] Les cathéters intravasculaires, les prothèses et les autres corps étrangers favorisent certaines infections parce que des staphylocoques peuvent adhérer à leur surface et y former un biofilm. [1] [2] Chez le nouveau-né, les infections survenant pendant les quatre premières semaines peuvent comprendre des lésions cutanées, une bactériémie, une méningite ou une pneumonie. [1]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Le diagnostic repose principalement sur l'examen au microscope après coloration de Gram et sur la mise en culture d'un prélèvement provenant du site infecté. [1] Le prélèvement peut concerner le sang, une plaie, un abcès, un tissu ou un autre foyer suspect selon la localisation de l'infection. [1] Un antibiogramme recherche la sensibilité de la bactérie aux antibiotiques, car les souches résistantes à la méticilline sont fréquentes et nécessitent un choix thérapeutique différent. [1] Des tests moléculaires peuvent compléter la culture dans certaines situations. [1] Lorsqu'une infection osseuse est suspectée, une IRM, un scanner ou une scintigraphie osseuse peut montrer des anomalies avant les radiographies standards. [1] Une biopsie osseuse est parfois nécessaire pour identifier précisément le microorganisme et tester sa sensibilité aux antibiotiques. [1]
Quels sont les principes du traitement ?
Le traitement dépend du site infecté, de la gravité de la maladie et de la probabilité qu'une souche résistante soit en cause. [1] Il peut associer le drainage d'un abcès, l'ablation des tissus nécrosés, le retrait d'un cathéter ou d'un autre matériel étranger infecté et une antibiothérapie. [1] Le choix initial de l'antibiotique tient compte des résistances observées localement, puis les résultats de la culture et de l'antibiogramme permettent de l'adapter. [1] Le sigle SARM désigne un Staphylococcus aureus résistant à la méticilline et, par conséquent, à la plupart des antibiotiques bêta-lactamines usuels. [1] [2] Cette résistance ne signifie pas qu'aucun traitement n'est possible, mais elle impose de choisir un antibiotique auquel la souche reste sensible. [1] Les infections liées à une prothèse ou à un autre dispositif sont particulièrement difficiles à traiter en raison du biofilm et peuvent nécessiter une intervention chirurgicale en plus des antibiotiques. [2]
Les maladies provoquées par une toxine nécessitent une prise en charge adaptée au syndrome concerné. [1] Dans le syndrome de choc toxique, le traitement décrit comprend l'élimination du foyer produisant la toxine, des soins intensifs de soutien et des antimicrobiens. [1] Les traitements expérimentaux ou encore en cours d'évaluation ne remplacent pas les traitements de référence. [3]
Prévention et suivi
Dans les établissements de soins, l'hygiène des mains, le nettoyage de l'environnement et la désinfection ou la stérilisation du matériel partagé contribuent à limiter la transmission des staphylocoques. [1] Pour prévenir une intoxication alimentaire, une personne présentant une infection cutanée staphylococcique ne doit pas manipuler les aliments. [1] Les aliments préparés doivent être consommés immédiatement ou réfrigérés plutôt que laissés à température ambiante. [1] Un dépistage du portage de SARM peut être organisé par certains établissements avant une chirurgie à risque élevé ou chez des patients présentant des facteurs de risque particuliers. [1] Une décolonisation nasale et cutanée peut être proposée à certains porteurs de SARM, notamment dans des contextes chirurgicaux sélectionnés, mais elle n'est pas présentée comme une mesure universelle. [1] La recolonisation et l'apparition d'une résistance au traitement local sont possibles, ce qui justifie que la décolonisation soit décidée et encadrée par les soignants. [1]
Le suivi dépend du foyer initial, de la présence éventuelle de bactéries dans le sang, de la réponse au traitement et de l'existence d'une prothèse, d'un cathéter ou d'un autre corps étranger. [1] Les résultats microbiologiques sont importants pour vérifier la sensibilité du staphylocoque et ajuster l'antibiothérapie lorsqu'une résistance est identifiée. [1]
Sources et références
[1] Staphylococcal Infections - Infectious Disease - MSD Manual Professional Edition
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[2] Prevention and Modern Strategies for Managing Methicillin-Resistant Staphylococcal Infections in Prosthetic Joint Infections (PJIs)
www.ebi.ac.uk · Version : 2024-12-01 · Consulté le 2026-09-16
[3] Exebacase: A Novel Approach to the Treatment of Staphylococcal Infections
www.ebi.ac.uk · Version : 2022-02-17 · Consulté le 2026-09-16
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