Infections à filovirus : comprendre les maladies Ebola et Marburg

Les infections à filovirus regroupent notamment les maladies provoquées chez l’être humain par les virus Ebola et Marburg. [2] [3] Il s’agit de maladies rares mais sévères, susceptibles de provoquer des épidémies et d’entraîner une issue mortelle. [2] [3] Elles peuvent se ressembler sur le plan clinique, mais les vaccins et les traitements spécifiques approuvés ne sont disponibles que pour la maladie causée par le virus Ebola, et non pour les autres maladies Ebola ni pour la maladie à virus Marburg. [2] [3]
Quelles maladies appartiennent à cette famille ?
La maladie Ebola est causée par des virus du genre Orthoebolavirus, qui appartient à la famille des Filoviridae. [2] Trois virus sont connus pour avoir provoqué de grandes épidémies de maladie Ebola : le virus Ebola, le virus Soudan et le virus Bundibugyo. [2] La maladie à virus Marburg est principalement causée par le virus Marburg ou le virus Ravn, qui appartiennent eux aussi à la famille des Filoviridae. [3] Les appellations « Ebola » et « Marburg » ne désignent donc pas un seul et même virus, même si les maladies correspondantes présentent de nombreux points communs. [2] [3]
Comment les filovirus se transmettent-ils ?
Le passage initial d’un filovirus à l’être humain peut survenir après un contact avec un animal infecté ou avec ses liquides biologiques, ses organes ou sa viande crue. [2] [3] Pour la maladie de Marburg, une exposition prolongée à des mines ou à des grottes abritant des roussettes constitue une situation particulièrement décrite. [3] Après l’introduction du virus dans une population humaine, la transmission se produit surtout par contact direct d’une peau lésée ou d’une muqueuse avec le sang ou d’autres liquides corporels d’une personne malade. [2] [3] Des vêtements, de la literie, des surfaces ou du matériel contaminés par ces liquides peuvent également transmettre l’infection. [2] [3] Le contact direct avec le corps d’une personne décédée de la maladie représente aussi un risque, notamment pendant certaines pratiques funéraires. [2] [3]
Une personne infectée ne transmet pas Ebola ou Marburg avant l’apparition de ses symptômes. [2] [3] Elle reste contagieuse tant que son sang contient le virus. [2] [3] Chez certains survivants, le virus peut toutefois persister dans des sites particuliers de l’organisme, notamment les testicules, l’intérieur de l’œil ou, pour les orthoebolavirus, le cerveau. [2] [3]
Quels sont les symptômes d’Ebola et de Marburg ?
Pour Ebola comme pour Marburg, le délai entre l’infection et les premiers symptômes varie de 2 à 21 jours. [2] [3] Le début peut être brutal, avec de la fièvre, une fatigue ou un malaise important, des douleurs musculaires et des maux de tête. [2] [3] Des maux de gorge peuvent également faire partie des premiers symptômes de la maladie Ebola. [2] Des vomissements, une diarrhée, des douleurs abdominales et une éruption cutanée peuvent ensuite apparaître. [2] [3] Une atteinte du système nerveux central peut provoquer une confusion, une irritabilité ou des modifications du comportement. [2] [3]
Des saignements internes ou externes sont possibles, mais ils ne sont pas présents chez tous les malades et peuvent apparaître tardivement. [2] [3] Ils peuvent se manifester par du sang dans les vomissements ou les selles, des saignements du nez ou des gencives, ou un saignement au niveau d’un point de ponction. [2] [3] Le terme de fièvre hémorragique ne signifie donc pas qu’un saignement visible est nécessaire pour suspecter la maladie. [2] Les formes graves peuvent entraîner une perte importante de liquides, un état de choc et une défaillance de plusieurs organes. [1] [3]
Pourquoi les symptômes ne suffisent-ils pas au diagnostic ?
Au début, Ebola et Marburg peuvent ressembler à d’autres infections telles que le paludisme, la fièvre typhoïde, la shigellose, la méningite ou d’autres fièvres hémorragiques virales. [2] [3] La présence de fièvre, de diarrhée ou de saignements ne permet donc pas, à elle seule, de diagnostiquer une infection à filovirus. [2] [3] L’évaluation tient compte des symptômes et d’une exposition compatible, par exemple un contact avec un malade, ses liquides corporels, un animal à risque ou une zone touchée. [1] [2] [3] La confirmation repose sur des examens de laboratoire spécialisés, notamment la RT-PCR, des tests ELISA ou des tests de détection d’antigènes. [2] [3] Les prélèvements non inactivés présentent un risque biologique extrême et doivent être manipulés par du personnel formé dans des laboratoires disposant d’un niveau de confinement adapté. [2] [3]
Quels sont les principes de la prise en charge ?
Une prise en charge précoce et intensive peut améliorer les chances de survie. [2] [3] Les soins de support comprennent notamment la réhydratation et le traitement des symptômes ainsi que des complications. [1] [2] [3] Pour la maladie causée spécifiquement par le virus Ebola, l’OMS recommande deux traitements par anticorps monoclonaux, l’ansuvimab et REGN-EB3. [2] Ces traitements ne doivent pas être présentés comme des traitements de toutes les infections à filovirus. [2] [3] Selon l’OMS, aucun vaccin ni traitement antiviral n’est actuellement approuvé pour la maladie à virus Marburg, même si plusieurs produits sont étudiés. [3]
Comment limiter la transmission ?
Une personne chez qui une maladie Ebola ou Marburg est suspectée doit être isolée dans un centre de traitement désigné afin de recevoir des soins précoces et d’éviter une transmission au domicile. [2] [3] Les professionnels qui prennent en charge un cas suspect ou confirmé appliquent des mesures renforcées pour éviter tout contact avec le sang, les liquides corporels et les objets contaminés. [2] [3] Le contrôle d’une épidémie associe les soins, la surveillance, la recherche et le suivi des contacts, les analyses de laboratoire, la prévention des infections et des pratiques funéraires sécurisées. [2] [3] La vaccination peut faire partie de cette réponse pour la maladie causée par le virus Ebola, mais les vaccins correspondants ne protègent pas contre toutes les maladies Ebola ni contre Marburg. [1] [2] [3]
Quelles conséquences peuvent persister après la guérison ?
Les survivants d’Ebola ou de Marburg peuvent présenter des séquelles physiques ou psychologiques nécessitant un suivi. [2] [3] Une rechute liée à la persistance du virus dans certains sites de l’organisme est rare, mais elle a été documentée. [2] [3] Une transmission par du sperme infecté a également été documentée après la guérison clinique. [2] [3] Pour réduire ce risque, l’OMS recommande aux survivants masculins et à leurs partenaires un accompagnement, des pratiques sexuelles protégées et, lorsqu’il est disponible, un test mensuel du sperme jusqu’à deux résultats négatifs consécutifs ; en l’absence de programme de tests, ces pratiques sont recommandées pendant 12 mois. [2] [3] L’OMS ne recommande pas d’isoler les personnes guéries dont le sang est négatif pour le virus concerné. [2] [3]
Quand une évaluation médicale précoce est-elle nécessaire ?
L’apparition d’une fièvre ou d’autres symptômes compatibles après une exposition possible à un malade, à ses liquides corporels, à un animal à risque ou à une zone touchée nécessite une évaluation médicale précoce. [1] [2] [3] Cette situation ne peut pas être confirmée ou écartée par les symptômes seuls et requiert une organisation spécialisée du diagnostic, de l’isolement et des soins. [1] [2] [3]
Sources et références
[1] Infections à virus Marburg et Ébola - Maladie infectieuse - Édition professionnelle du Manuel MSD
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-11
[2] Ebola disease
Organisation mondiale de la santé · Consulté le 2026-09-11
[3] Marburg virus disease
Organisation mondiale de la santé · Consulté le 2026-09-11
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