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Infections à Escherichia coli : formes, symptômes, diagnostic et prise en charge

Escherichia coli, souvent abrégée en E. coli, désigne un groupe de bactéries dites Gram négatives qui vivent normalement dans l’intestin des personnes en bonne santé. [1] Certaines souches ont toutefois acquis des caractéristiques qui leur permettent de provoquer une infection. [1] Ces infections ne constituent donc pas une maladie unique : leurs manifestations, leurs risques et leur traitement dépendent de la souche en cause et de la partie du corps atteinte. [1] Les infections urinaires sont les infections à E. coli les plus fréquentes, mais la bactérie peut aussi atteindre le tube digestif, le sang, les plaies et plusieurs autres organes. [1]

Quelles infections E. coli peut-elle provoquer ?

E. coli est notamment responsable d’infections de la vessie et d’autres parties des voies urinaires. [1] Elle peut également provoquer une gastro-entérite, une prostatite, une infection de la vésicule biliaire, une pneumonie ou une infection de la circulation sanguine. [1] D’autres formes comprennent les infections de plaies, d’escarres ou des pieds chez les personnes diabétiques, ainsi que la méningite du nouveau-né. [1] Les infections situées hors du tube digestif sont plus souvent observées chez des personnes affaiblies, accueillies dans un établissement de soins ou ayant reçu des antibiotiques. [1]

Une lésion de la paroi intestinale peut permettre à E. coli de quitter l’intestin et de gagner les tissus voisins ou la circulation sanguine. [1] Cette situation peut notamment survenir après une blessure ou en présence d’une maladie inflammatoire chronique de l’intestin. [1]

Comment surviennent les infections intestinales ?

Une infection intestinale peut être contractée en consommant un aliment contaminé, en touchant un animal porteur ou en avalant de l’eau contaminée. [1] La viande de bœuf hachée insuffisamment cuite et les produits laitiers non pasteurisés font partie des sources décrites pour les souches entérohémorragiques. [1] Des aliments prêts à consommer peuvent également être contaminés par de l’eau souillée ou du fumier. [1] Une hygiène insuffisante peut favoriser une transmission entre personnes, particulièrement chez les jeunes enfants qui portent des couches. [1]

La diarrhée du voyageur liée à E. coli survient généralement après la consommation d’eau ou d’aliments contaminés dans une région où l’eau est insuffisamment purifiée. [1] Les E. coli entérohémorragiques produisent des toxines qui endommagent le côlon et peuvent entraîner une inflammation sévère appelée colite. [1] E. coli O157:H7 est l’une de ces souches, mais elle ne représente pas à elle seule toutes les infections à E. coli. [1]

Quels sont les symptômes des formes intestinales ?

Les symptômes d’une infection à E. coli varient selon la région du corps touchée et la souche responsable. [1] Les infections intestinales peuvent provoquer une diarrhée, parfois grave ou sanglante, ainsi que des douleurs abdominales. [1] La diarrhée du voyageur se manifeste habituellement par des crampes abdominales et une diarrhée aqueuse, parfois accompagnées de nausées ou de vomissements. [1] Dans cette forme, les symptômes sont souvent bénins et disparaissent généralement en trois à cinq jours. [1]

Une infection par E. coli O157:H7 ou une autre souche entérohémorragique commence généralement par de fortes crampes abdominales et une diarrhée aqueuse. [1] La diarrhée peut devenir sanglante dans les vingt-quatre heures. [1] Les douleurs abdominales peuvent être sévères et les selles très fréquentes. [1] La plupart des personnes atteintes de cette forme n’ont pas de fièvre. [1]

Qu’est-ce que le syndrome hémolytique et urémique ?

Le syndrome hémolytique et urémique, ou SHU, est une complication grave possible des infections à E. coli entérohémorragiques. [1] Il associe une destruction des globules rouges à une insuffisance rénale, ce qui entraîne une accumulation de substances toxiques dans le sang. [1] Cette complication peut apparaître environ une semaine après le début des symptômes, parfois au moment où la diarrhée diminue. [1] Elle concerne principalement les enfants de moins de cinq ans et les adultes de plus de soixante ans. [1] L’infection à E. coli O157:H7 peut être mortelle, particulièrement chez les personnes âgées, même en l’absence de SHU. [1]

Après la disparition des symptômes, la bactérie peut encore rester dans le tube digestif. [1] Cette persistance peut favoriser une nouvelle infection chez la personne ou la transmission de la bactérie à d’autres personnes. [1]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le choix du prélèvement dépend de la localisation suspectée de l’infection. [1] Des échantillons de selles, d’urine, de sang ou d’un autre tissu infecté peuvent être envoyés au laboratoire pour rechercher la bactérie par culture. [1] La mise en évidence d’E. coli dans l’échantillon confirme le diagnostic dans le contexte clinique correspondant. [1] Lorsque la bactérie est identifiée, un antibiogramme peut déterminer les antibiotiques auxquels elle est sensible. [1]

En cas de suspicion d’E. coli O157:H7, les selles sont analysées pour rechercher la bactérie et les toxines Shiga qu’elle produit. [1] Si cette souche est détectée, des analyses sanguines répétées permettent de surveiller l’apparition éventuelle d’un SHU. [1]

Quels sont les principes de la prise en charge ?

Le traitement dépend de la localisation de l’infection, de sa gravité et du type d’E. coli responsable. [1] De nombreuses infections urinaires ou extra-intestinales sont traitées par des antibiotiques. [1] La résistance de certaines bactéries aux antibiotiques rend le résultat de l’antibiogramme particulièrement utile pour adapter le traitement. [1] Lorsqu’un abcès s’est formé, un geste chirurgical peut être nécessaire pour évacuer le pus. [1]

Pour une diarrhée du voyageur, l’apport de liquides constitue un élément de la prise en charge. [1] Un voyageur présentant une diarrhée sanglante ou accompagnée de fièvre doit consulter un médecin. [1]

Une diarrhée due à E. coli O157:H7 n’est pas traitée par des antibiotiques ni par le lopéramide. [1] Dans cette forme, les antibiotiques peuvent aggraver la diarrhée et augmenter le risque de SHU, tandis que le lopéramide peut entraîner d’autres complications. [1] De nombreux patients atteints doivent recevoir en milieu de soins des liquides contenant des sels minéraux par voie intraveineuse. [1] Si un SHU apparaît, une admission en soins intensifs est nécessaire et une hémodialyse peut être requise. [1]

Comment réduire le risque d’infection intestinale ?

La prévention des infections à E. coli O157:H7 repose notamment sur l’éviction du lait et des produits laitiers non pasteurisés. [1] La viande de bœuf doit être bien cuite. [1] Les mains doivent être soigneusement lavées avec du savon et de l’eau courante après être allé aux toilettes, avoir changé une couche ou avoir touché des animaux ou leur environnement. [1] Le lavage des mains est également indiqué avant et après la préparation ou la consommation d’aliments. [1] Il convient enfin de ne pas avaler l’eau des lacs, des étangs, des cours d’eau, des piscines ou des pataugeoires. [1]

Sources et références

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