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Infections à entérovirus : transmission, signes, diagnostic et soins

Les entérovirus forment un groupe de virus comprenant notamment les poliovirus, les virus Coxsackie, les échovirus et différents entérovirus numérotés. [1] Une infection à entérovirus ne correspond donc pas à une maladie unique : selon la souche et l’organe touché, elle peut passer inaperçue, ressembler à un rhume ou provoquer un syndrome digestif, cutané, neurologique, respiratoire ou cardiaque. [1] [2] La plupart de ces infections sont bénignes et guérissent complètement, mais certaines atteintes du cœur, du système nerveux ou de plusieurs organes peuvent être graves. [1] [2]

Comment les entérovirus se transmettent-ils ?

Les entérovirus se transmettent principalement par voie féco-orale ou respiratoire, et plus rarement par contact direct avec des lésions de la peau ou des muqueuses. [2] La contamination peut notamment survenir après ingestion d’eau ou d’aliments souillés par des selles, après contact avec une surface contaminée suivi d’un contact avec la bouche, ou par inhalation de gouttelettes émises par une personne infectée. [1] Les selles, les sécrétions respiratoires ainsi que certaines lésions cutanées ou buccales peuvent contenir le virus. [2] Dans les régions tempérées, la circulation des entérovirus et les épidémies associées sont plus fréquentes en été et en automne. [2] [4] Les infections concernent particulièrement les enfants et peuvent se propager rapidement dans les foyers, les écoles et les autres lieux de vie collective. [1] [4]

Quels sont les symptômes possibles ?

De nombreuses infections sont arrêtées par les défenses immunitaires et entraînent peu ou pas de symptômes. [1] Lorsqu’ils apparaissent, les signes courants comprennent de la fièvre, des maux de tête, un mal de gorge et des symptômes respiratoires ressemblant à ceux d’un rhume. [1] Des vomissements, une diarrhée, des ulcérations douloureuses dans la bouche ou une éruption cutanée généralement non prurigineuse peuvent également survenir. [1] [2] L’expression « grippe d’été » est parfois employée pour ces épisodes fébriles, mais les entérovirus ne sont pas des virus de la grippe. [1]

Certains tableaux portent un nom particulier, comme le syndrome pieds-mains-bouche, l’herpangine, la pleurodynie épidémique ou maladie de Bornholm, la poliomyélite et certaines infections respiratoires à entérovirus D68. [1] D’autres maladies, notamment la méningite aseptique, l’encéphalite, la myopéricardite et la conjonctivite hémorragique, peuvent être dues à un entérovirus mais aussi à d’autres agents. [1] La présence de l’un de ces syndromes ne suffit donc pas, à elle seule, à identifier un entérovirus comme cause. [1] [2]

Quelles atteintes graves sont possibles ?

Une méningite aseptique à entérovirus peut provoquer une fièvre, des maux de tête intenses, des vomissements, une raideur de la nuque et une sensibilité à la lumière. [1] Une encéphalite, plus rare, peut se manifester par de la confusion, une faiblesse, des convulsions ou un coma, en plus de la fièvre, des vomissements et des maux de tête. [1] Chez certains enfants, l’entérovirus D68 peut être associé à une myélite flasque aiguë, caractérisée par l’apparition d’une faiblesse ou d’une paralysie d’un bras ou d’une jambe. [1] [2] Les infections respiratoires sont le plus souvent légères, mais l’entérovirus D68 peut provoquer une respiration sifflante ou une détresse respiratoire, notamment chez certains enfants asthmatiques. [2]

Une myopéricardite correspond à une inflammation du muscle cardiaque et/ou de l’enveloppe du cœur. [1] Cette atteinte peut entraîner une douleur thoracique, des troubles du rythme ou une insuffisance cardiaque, et certaines personnes développent ensuite une cardiomyopathie dilatée. [1] [2] Chez un nouveau-né contaminé autour de l’accouchement, l’infection peut prendre la forme d’une maladie généralisée ressemblant à une septicémie, avec somnolence, saignements et défaillance de plusieurs organes. [1] [2] Les formes néonatales avec atteinte cardiaque, hépatique ou multiviscérale sont associées à un risque élevé de décès. [2]

Qui présente un risque accru de forme sévère ?

Les nourrissons et les jeunes enfants sont particulièrement concernés par les infections symptomatiques et certaines formes sévères. [1] [4] Une infection maternelle tardive pendant la grossesse peut entraîner une transmission périnatale et une infection néonatale disséminée. [2] Des infections sévères ou chroniques peuvent également survenir chez les personnes ayant un déficit de l’immunité humorale ou recevant certains traitements qui ciblent les lymphocytes B. [2] Dans le cas particulier de l’entérovirus D68, l’asthme est associé chez l’enfant à un risque de symptômes respiratoires plus importants. [2]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic d’un syndrome lié à un entérovirus repose souvent sur l’histoire de la maladie et l’examen clinique. [2] Le médecin recherche notamment des signes respiratoires, une éruption, des lésions de la bouche, des signes méningés, une diminution de la force musculaire ou une altération de la conscience selon la présentation. [1] [3] Une analyse par RT-PCR peut rechercher l’ARN viral dans le sang, le liquide céphalorachidien, les selles, les sécrétions respiratoires ou un prélèvement de lésion. [2] L’identification précise du virus est surtout importante devant une maladie neurologique, une infection néonatale sévère ou une infection chronique chez une personne ayant un déficit immunitaire humoral. [2]

La détection d’un entérovirus sur un site non stérile, comme les selles ou les voies respiratoires, doit être interprétée avec le tableau clinique car une excrétion virale peut être détectée en dehors des symptômes. [2] [3] Certains panels PCR respiratoires ne distinguent pas les rhinovirus des entérovirus et peuvent ne pas détecter tous les entérovirus. [2] Un typage moléculaire ou un test spécifique supplémentaire peut alors être nécessaire pour identifier plus précisément le virus. [2]

Quels sont les principes de la prise en charge ?

Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique disponible contre l’ensemble des infections à entérovirus. [4] [2] La prise en charge est principalement symptomatique et repose sur des soins de soutien adaptés aux manifestations et à leur gravité. [1] [2] [4] Une forme respiratoire sévère peut nécessiter une assistance en oxygène ou une ventilation, tandis qu’une atteinte neurologique paralytique demande une surveillance rapprochée. [3] La prise en charge d’une myélite flasque aiguë doit associer des spécialistes en neurologie et en maladies infectieuses, mais aucun traitement spécifique n’est actuellement étayé par des essais humains suffisants. [2] Les immunoglobulines intraveineuses constituent une option particulière chez certaines personnes ayant un déficit immunitaire humoral, et non un traitement général à appliquer à toutes les infections à entérovirus. [2]

Comment limiter la transmission ?

Le lavage des mains et l’hygiène de l’environnement contribuent à réduire la transmission des infections à entérovirus. [3] Ces mesures sont particulièrement importantes après un contact avec des selles, notamment lors du changement d’une couche, et avant de manipuler des aliments ou de porter les mains à la bouche. [1] Éviter le contact direct avec la salive et les lésions ouvertes d’un enfant atteint d’herpangine aide également à limiter la propagation de cette forme particulière. [1] La diversité des entérovirus limite la possibilité d’une prévention vaccinale commune à toutes les infections de cette famille. [3]

Sources et références

[3] Enterovirus Infections - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

[4] Enterovirus infections in children

www.ebi.ac.uk · Version : 2026-08-21 · Consulté le 2026-09-16

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