Infections à Bartonella : comprendre la maladie des griffes du chat

La maladie des griffes du chat est une infection due à la bactérie Bartonella henselae, qui provoque le plus souvent une petite lésion cutanée suivie d'une augmentation de volume des ganglions situés à proximité. [2] Elle représente une forme particulière d'infection à Bartonella et ne résume pas toutes les maladies humaines susceptibles d'être causées par les différentes espèces de ce genre bactérien. [2] Cette fiche porte uniquement sur la maladie des griffes du chat due à Bartonella henselae et ne décrit pas les autres bartonelloses humaines. [2]
Comment la maladie des griffes du chat se transmet-elle ?
Le chat domestique, en particulier le chaton, est le principal réservoir de Bartonella henselae. [2] La transmission à l'être humain peut survenir après une griffure, une morsure ou le léchage par un chat. [2] Les chats concernés paraissent souvent en bonne santé, car ils peuvent présenter des périodes durant lesquelles la bactérie est présente dans leur sang sans provoquer de symptômes. [2] La puce du chat transmet l'infection entre les chats et peut également être impliquée chez certaines personnes n'ayant pas eu de contact direct avec un chat. [2] La maladie peut toucher les adultes comme les enfants, mais les enfants sont les plus souvent atteints. [2]
Quels sont les signes habituels ?
Dans les trois à dix jours suivant une griffure ou une morsure, une petite bosse rouge, croûteuse et généralement indolore peut apparaître au point de contact. [2] Dans les deux semaines, un ou plusieurs ganglions proches de cette lésion peuvent augmenter de volume et devenir sensibles. [2] Ces ganglions sont d'abord fermes, mais ils peuvent ensuite devenir plus mous, contenir du liquide et parfois s'ouvrir vers la peau. [2] Une fièvre, une sensation de malaise, des maux de tête ou une diminution de l'appétit peuvent accompagner l'atteinte ganglionnaire. [2] Ces manifestations ne suffisent pas à établir soi-même le diagnostic, car d'autres infections et certaines maladies non infectieuses peuvent aussi provoquer une augmentation de volume des ganglions. [2]
Quelles formes compliquées peuvent survenir ?
Certaines formes inhabituelles peuvent associer une conjonctivite à des ganglions palpables devant l'oreille. [2] Des atteintes neurologiques sont également décrites, notamment une encéphalopathie, des convulsions, une inflammation du nerf optique avec atteinte de la rétine, ou plus rarement une paralysie. [2] L'infection peut aussi toucher le foie et la rate, provoquer une fièvre dont l'origine est initialement inconnue ou être responsable d'une infection d'une valve cardiaque, surtout en présence d'une maladie valvulaire préexistante. [2] Chez les personnes immunodéprimées, Bartonella henselae peut provoquer une prolifération anormale de petits vaisseaux appelée angiomatose bacillaire, une atteinte du foie appelée péliose hépatique ou une maladie disséminée grave. [2]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Le diagnostic repose sur l'ensemble formé par les symptômes, l'examen clinique et le contexte d'exposition, puis peut être confirmé par la recherche d'anticorps dans le sang ou par un test PCR recherchant le matériel génétique de la bactérie. [2] La sérologie peut nécessiter de comparer un prélèvement effectué pendant la phase aiguë à un prélèvement réalisé pendant la convalescence. [2] La PCR peut notamment être pratiquée sur un prélèvement obtenu par ponction d'un ganglion. [2] Une biopsie ganglionnaire peut être envisagée si un cancer est suspecté ou si le diagnostic doit être confirmé par l'étude du tissu. [2] Des examens complémentaires peuvent rechercher d'autres causes d'augmentation des ganglions lorsque la présentation n'est pas suffisamment caractéristique. [2] Chez une personne immunodéprimée ou présentant des symptômes généraux, des hémocultures peuvent être nécessaires, avec des techniques et une durée d'incubation adaptées à la croissance difficile de ces bactéries. [2]
Quels sont les principes de la prise en charge ?
Chez une personne dont le système immunitaire fonctionne normalement, la forme localisée est habituellement spontanément résolutive. [2] La prise en charge peut alors reposer sur l'application locale de chaleur et sur des médicaments contre la douleur. [2] Lorsqu'un ganglion devenu fluctuant est douloureux, une aspiration à l'aiguille réalisée dans un cadre médical peut soulager la douleur. [2] Les antibiotiques ne sont généralement pas administrés pour une infection localisée chez une personne immunocompétente, même si un médecin peut en envisager un afin de réduire potentiellement la durée des symptômes et de l'atteinte ganglionnaire. [2] Un traitement antibiotique est en revanche recommandé chez les personnes immunodéprimées et généralement utilisé en cas d'atteinte systémique. [2] Le choix des antibiotiques, leur association éventuelle et la durée du traitement dépendent de l'organe atteint et doivent être déterminés par l'équipe médicale. [2]
Les ganglions diminuent habituellement spontanément en deux à cinq mois et la guérison complète est habituelle. [2] Les atteintes neurologiques ou touchant le foie et la rate peuvent néanmoins laisser des séquelles et, dans les formes graves, engager le pronostic vital. [2]
Quels signes nécessitent une aide médicale urgente ?
Une confusion apparue soudainement nécessite une aide médicale immédiate, car ses causes peuvent être graves ou menacer le pronostic vital. [5] Une perte soudaine de la vision d'un œil ou des deux yeux, ou une douleur oculaire intense apparue brutalement, nécessite également une prise en charge immédiate. [4] Une première crise convulsive présumée justifie de demander immédiatement une aide médicale. [3] En France, il faut contacter sans tarder le Samu au 15 ou au 112 lorsqu'un mal de tête soudain et violent s'accompagne d'une faiblesse brutale, d'une paralysie, de mouvements convulsifs, de troubles de la parole ou d'une confusion. [1] Le même recours urgent est indiqué devant une douleur crânienne explosive et maximale dès son début, ou devant des maux de tête accompagnés de vomissements, de fièvre, d'une raideur de la nuque et d'une détérioration de l'état général. [1]
Sources et références
[1] Mal de tête : comment être soulagé(e) et quand consulter ? | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-11
[2] Maladie des griffes du chat - Maladie infectieuse - Édition professionnelle du Manuel MSD
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-11
[3] Epilepsy - NHS
NHS · Consulté le 2026-09-11
[4] Vision loss - NHS
NHS · Consulté le 2026-09-11
[5] Sudden confusion (delirium) - NHS
NHS · Consulté le 2026-09-11
La téléconsultation peut être envisagée selon votre situation
- Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée
- Peut être remboursée selon conditions *
* Dans le cadre du parcours de soins coordonné. Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée à votre situation.
Téléconsultation : préparer votre rendez-vous
Une consultation à distance peut être envisagée avec votre médecin. Il détermine si elle convient à votre situation ou si un examen en présence est nécessaire.
Avant le rendez-vous
- Notez le motif de consultation, les symptômes et leur durée.
- Préparez la liste de vos traitements, vos allergies connues et les comptes rendus ou résultats déjà disponibles.
- Installez-vous dans un endroit calme et confidentiel, avec une connexion et un appareil permettant la vidéo.
Organiser la suite
Contactez votre médecin habituel ou le professionnel qui vous suit pour organiser la consultation. Selon votre situation, une consultation en présence pourra être nécessaire.
En cas d’urgence médicale, appelez le 15 ou le 112 ; n’attendez pas une téléconsultation.
Informations pratiques : Assurance Maladie — téléconsultation · Service Public — numéros d’urgence.