Hypertonie musculaire : définition, mécanismes et évaluation

L’hypertonie musculaire correspond à une résistance anormalement élevée lorsqu’un examinateur mobilise passivement un membre ou une partie du membre alors que la personne est complètement relâchée. [2] Ce terme décrit un constat clinique qui peut relever de mécanismes et d’affections différents, plutôt qu’une maladie unique. [1] [2] L’hypertonie ne doit notamment pas être confondue avec la seule spasticité, car une contracture, une rétraction articulaire ou une activité musculaire non déclenchée par l’étirement peuvent aussi augmenter la résistance au mouvement. [1]
Spasticité, contracture et dystonie : quelles différences ?
La spasticité est une augmentation du réflexe d’étirement qui dépend de la vitesse du mouvement passif et s’accompagne de réflexes tendineux exagérés. [1] Elle constitue donc la composante réflexe de certaines hypertonies, mais elle n’en explique pas nécessairement toute la résistance. [1] Une contracture est observée lorsque la position d’un membre ne peut plus être modifiée passivement. [2]
La dystonie est un syndrome dominé par des contractions musculaires soutenues, souvent responsables de mouvements répétitifs, de torsions ou de postures anormales. [1] Elle représente ainsi un concept voisin, mais ne constitue pas un synonyme général d’hypertonie musculaire. [1]
Quels mécanismes peuvent augmenter le tonus musculaire ?
L’hypertonie musculaire est fréquemment constatée dans le syndrome du neurone moteur supérieur, notamment après un accident vasculaire cérébral, une lésion de la moelle épinière ou un traumatisme crânien, ainsi que chez des personnes atteintes de sclérose en plaques. [1] Dans ce contexte, la résistance peut associer une composante réflexe correspondant à la spasticité et une composante non réflexe liée aux tissus ou à une activité musculaire persistante. [1] La composante non réflexe peut provenir d’une contracture musculaire, d’une rétraction articulaire ou de l’impossibilité d’obtenir un relâchement musculaire complet. [1]
L’immobilisation d’un muscle dans une position raccourcie peut favoriser son raccourcissement, la perte de sarcomères et l’accumulation de tissus conjonctifs ou graisseux à l’intérieur du muscle. [1] À un stade plus tardif, des modifications des tissus articulaires et des adhérences peuvent contribuer à une rétraction de l’articulation. [1] D’autres formes d’augmentation du tonus sont décrites en lien avec des atteintes du système nerveux périphérique ou du muscle, ce qui souligne la diversité des diagnostics possibles. [2]
Comment l’hypertonie est-elle évaluée ?
L’évaluation clinique commence par la mobilisation passive du membre alors que la personne essaie de rester complètement relâchée. [2] L’examinateur recherche une résistance au mouvement et vérifie si la position du membre peut encore être modifiée passivement. [2] Dans le syndrome du neurone moteur supérieur, il peut être difficile de distinguer par le seul examen la part réflexe de la part non réflexe de l’hypertonie. [1] Des mesures biomécaniques associées à des enregistrements électromyographiques peuvent alors séparer plus objectivement ces deux composantes. [1]
Quelles peuvent être les conséquences fonctionnelles ?
Chez les personnes présentant un syndrome du neurone moteur supérieur, la spasticité peut contribuer à un handicap important et gêner les activités quotidiennes. [1] Elle peut également altérer la qualité de vie dans cette population. [1] Les contractures musculaires et les rétractions articulaires peuvent ajouter une limitation mécanique durable à la composante neurologique de l’hypertonie. [1]
Que sait-on des ondes de choc dans certaines hypertonies neurologiques ?
Une revue publiée en 2014 a étudié les ondes de choc dans certaines hypertonies associées notamment à la paralysie cérébrale ou aux séquelles d’un accident vasculaire cérébral. [1] Les études recensées rapportaient des diminutions du tonus ou des améliorations de l’amplitude passive, mais la durée et l’importance des effets variaient selon les populations et les muscles traités. [1] Plusieurs travaux étaient de petite taille ou dépourvus de groupe placebo, tandis que les procédures simulées utilisées dans les autres études présentaient elles-mêmes des limites. [1] Les auteurs estimaient donc que les effets biologiques des ondes de choc ne pouvaient pas être clairement séparés d’un effet placebo. [1] Les effets indésirables rapportés dans ces études étaient principalement légers et de courte durée, avec notamment des douleurs, une faiblesse locale, de petits hématomes superficiels ou des pétéchies. [1]
Sources et références
[1] Shock Waves in the Treatment of Muscle Hypertonia and Dystonia
www.ebi.ac.uk · Version : 2014-09-17 · Consulté le 2026-09-16
[2] Differential diagnosis and treatment of muscle hypertonia as practiced in Zagreb's Centre/Institute for Neuromuscular Diseases
www.ebi.ac.uk · Version : 2013-12-01 · Consulté le 2026-09-16
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