Goitre ovarien : définition, diagnostic et principes de prise en charge

Le goitre ovarien, également appelé struma ovarii, est un tératome de l’ovaire dans lequel le tissu thyroïdien représente plus de la moitié de la lésion. [2] [3] Cette tumeur est rare et la plupart des cas sont bénins. [1] [2] Une petite proportion correspond toutefois à un cancer développé à partir du tissu thyroïdien présent dans l’ovaire. [1] [2] [3] La distinction entre une forme bénigne et une forme maligne repose principalement sur l’examen anatomopathologique de la tumeur et sur son comportement biologique. [1] [2]
Quels signes peut provoquer un goitre ovarien ?
Le goitre ovarien ne provoque souvent aucun symptôme et peut être découvert lors d’une échographie ou de l’exploration d’une masse ovarienne. [1] [2] Lorsqu’ils existent, les signes sont peu spécifiques et peuvent comprendre une augmentation du volume abdominal, la perception d’une masse ou une douleur pelvienne. [1] [2] Une accumulation de liquide dans l’abdomen, appelée ascite, peut accompagner certaines formes bénignes et donner à tort l’impression d’un cancer de l’ovaire. [1] Le marqueur sanguin CA 125 peut alors être augmenté, mais cette élévation ne suffit pas à établir la nature maligne de la masse. [1] [2]
Comme le tissu tumoral ressemble à celui de la thyroïde, il peut exceptionnellement produire des hormones et provoquer une hyperthyroïdie. [1] [2] Une fonction thyroïdienne normale n’exclut cependant pas le diagnostic, car la plupart des personnes atteintes n’ont pas d’anomalie hormonale manifeste. [1] [2]
Comment le diagnostic est-il établi ?
L’échographie permet de caractériser une masse ovarienne, mais l’aspect du goitre ovarien n’est pas toujours suffisamment spécifique pour l’identifier avant une intervention. [1] [2] La tumeur peut comporter plusieurs cavités et des parties solides très vascularisées, parfois décrites à l’échographie sous le nom de « perles de struma ». [2] L’imagerie par résonance magnétique peut apporter des informations complémentaires sur les composantes solides et liquidiennes de la masse. [1] [2] Même avec l’imagerie, il reste difficile de distinguer de façon fiable une forme bénigne d’un cancer avant l’opération. [1] [2]
Le diagnostic définitif repose généralement sur l’examen anatomopathologique du tissu retiré pendant l’intervention. [1] [2] Le pathologiste recherche notamment des caractéristiques de cancer thyroïdien papillaire ou folliculaire ainsi que des signes d’invasion des tissus, des vaisseaux ou de structures situées hors de l’ovaire. [2] [3] Un bilan de la thyroïde peut aussi être réalisé afin de rechercher une anomalie thyroïdienne associée et de distinguer une tumeur née dans l’ovaire d’un cancer thyroïdien ayant atteint l’ovaire. [2] [3]
Quels sont les principes du traitement ?
Le traitement principal du goitre ovarien est l’ablation chirurgicale de la tumeur. [1] L’étendue de l’intervention dépend notamment du caractère bénin ou malin, de l’extension de la maladie, de l’âge et du souhait de préserver la fertilité. [1] [2] Les interventions décrites vont de l’ablation de la masse ovarienne à l’ablation d’un ovaire et de sa trompe, voire à une chirurgie plus étendue lorsque la situation l’exige. [1] [2] La préservation de la fertilité doit donc être discutée avant le traitement lorsqu’elle est importante pour la patiente. [1] [2]
Dans une analyse rétrospective de cancers confinés à l’ovaire, la simple ablation du kyste était associée à davantage de récidives que l’ablation d’un ou des deux ovaires avec leurs trompes. [1] Ce résultat ne constitue pas à lui seul une règle universelle, car les études disponibles portent sur de petits effectifs, sont rétrospectives et peuvent surreprésenter les cas graves ou récidivants. [1] [3] Il n’existe pas de recommandations partagées définissant précisément l’étendue optimale de la chirurgie pour toutes les formes malignes. [1] [3]
Quand des traitements visant le tissu thyroïdien sont-ils envisagés ?
Dans certains cancers thyroïdiens différenciés développés dans un goitre ovarien, une ablation de la thyroïde suivie d’un traitement par iode radioactif peut être discutée. [1] [3] Cette stratégie est surtout décrite en présence de métastases, d’une récidive, d’une extension hors de l’ovaire ou de caractéristiques anatomopathologiques agressives. [1] [3] Elle n’est pas proposée de façon systématique lorsque la maladie est peu agressive et limitée à l’ovaire. [1] [3] Le bénéfice de l’iode radioactif dans les situations intermédiaires reste débattu faute d’essais prospectifs comparant les différentes stratégies. [1] [3] Une discussion multidisciplinaire est donc particulièrement importante pour mettre en balance l’extension de la maladie, le risque de récidive, les effets du traitement et les projets de grossesse. [1] [2] [3]
Quelle évolution et quel suivi sont possibles ?
Le pronostic des cancers différenciés développés dans un goitre ovarien est souvent favorable, en particulier lorsque la maladie reste limitée à l’ovaire. [1] [3] Une récidive reste néanmoins possible après une forme bénigne comme après une forme maligne. [1] [2] Dans les formes malignes, la récidive peut rester locale dans l’ovaire ou le péritoine, ou prendre la forme de métastases à distance. [1] Des récidives tardives ayant été rapportées, les publications insistent sur la nécessité d’un suivi prolongé et adapté aux caractéristiques de la tumeur. [1] [2] Ce suivi peut associer l’examen clinique, l’imagerie et certains marqueurs biologiques, selon le diagnostic anatomopathologique et les traitements reçus. [2] [3]
Que change une grossesse ?
Le goitre ovarien est exceptionnel pendant la grossesse et les connaissances disponibles reposent principalement sur de petites séries et des observations isolées. [2] L’évaluation doit tenir compte à la fois de la santé de la mère, de celle du fœtus, du terme de la grossesse, des symptômes et de la suspicion de malignité. [2] L’échographie est l’examen d’imagerie le plus fréquemment utilisé pour étudier et surveiller une masse ovarienne pendant la grossesse. [2] Les marqueurs tumoraux et les dosages thyroïdiens doivent être interprétés avec les valeurs et les limites propres à la grossesse. [2] Toute masse ovarienne persistante pendant la grossesse doit être évaluée afin de ne pas méconnaître une tumeur maligne. [2] Si une intervention est envisagée, son moment et son étendue doivent être individualisés en fonction du contexte obstétrical et tumoral. [2]
Sources et références
[1] Surgical approach and recurrence risk in struma ovarii: A retrospective and systematic analysis
www.ebi.ac.uk · Version : 2025-04-03 · Consulté le 2026-09-16
[2] Struma Ovarii during Pregnancy
www.ebi.ac.uk · Version : 2024-06-01 · Consulté le 2026-09-16
[3] The Role of Radioiodine Therapy in Differentiated Thyroid Cancer Arising from Struma Ovarii: A Systematic Review
www.ebi.ac.uk · Version : 2024-12-18 · Consulté le 2026-09-16
La téléconsultation peut être envisagée selon votre situation
- Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée
- Peut être remboursée selon conditions *
* Dans le cadre du parcours de soins coordonné. Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée à votre situation.
Téléconsultation : préparer votre rendez-vous
Une consultation à distance peut être envisagée avec votre médecin. Il détermine si elle convient à votre situation ou si un examen en présence est nécessaire.
Avant le rendez-vous
- Notez le motif de consultation, les symptômes et leur durée.
- Préparez la liste de vos traitements, vos allergies connues et les comptes rendus ou résultats déjà disponibles.
- Installez-vous dans un endroit calme et confidentiel, avec une connexion et un appareil permettant la vidéo.
Organiser la suite
Contactez votre médecin habituel ou le professionnel qui vous suit pour organiser la consultation. Selon votre situation, une consultation en présence pourra être nécessaire.
En cas d’urgence médicale, appelez le 15 ou le 112 ; n’attendez pas une téléconsultation.
Informations pratiques : Assurance Maladie — téléconsultation · Service Public — numéros d’urgence.