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Encéphalomyélite auto-immune expérimentale : un modèle animal de la sclérose en plaques

L’encéphalomyélite auto-immune expérimentale, souvent abrégée EAE, est un modèle animal principalement employé pour étudier la sclérose en plaques. [1] [2] Ce terme ne désigne donc pas une maladie diagnostiquée chez une personne, mais une affection provoquée ou obtenue chez des animaux dans un cadre de recherche. [1] [2] L’EAE reproduit certains mécanismes importants de la sclérose en plaques, notamment l’inflammation du système nerveux central, l’altération de la barrière entre le sang et le cerveau, la démyélinisation et les lésions des axones. [1] [2] [3] Elle ne reproduit toutefois pas toute la diversité biologique et clinique de la maladie humaine. [1]

Comment l’EAE est-elle obtenue en laboratoire ?

L’EAE est le plus souvent étudiée chez des souris ou des rats sélectionnés pour leur sensibilité génétique au modèle. [1] [2] Certaines recherches utilisent également d’autres espèces, dont le ouistiti. [2] Dans un modèle actif, l’animal reçoit des antigènes de la myéline, généralement associés à un adjuvant destiné à déclencher une réponse immunitaire. [1] [2] Les antigènes employés peuvent provenir de protéines de la myéline telles que MOG, MBP ou PLP. [2] [3] Une EAE passive peut aussi être provoquée par le transfert de lymphocytes T capables de déclencher une inflammation du système nerveux central. [1] [2] Il existe enfin des modèles génétiquement modifiés dans lesquels des cellules immunitaires reconnaissent des composants précis de la myéline et peuvent entraîner une maladie spontanée. [2] [3]

Quelles sont les manifestations observées chez l’animal ?

L’EAE atteint souvent surtout la moelle épinière et peut provoquer chez l’animal une perte progressive des fonctions motrices. [1] [2] Une paralysie ascendante débutant aux membres postérieurs est notamment décrite dans des modèles courants. [2] L’évolution peut être aiguë et limitée à un épisode, chronique, ou marquée par des poussées et des rémissions. [1] [2] La forme obtenue et sa gravité dépendent notamment de l’espèce, de la souche, de l’âge de l’animal, de l’antigène et de la méthode d’induction. [1] [2] Ces manifestations animales ne constituent pas une liste de symptômes permettant à une personne de reconnaître ou de diagnostiquer une sclérose en plaques. [1] [2]

Quels mécanismes l’EAE permet-elle d’étudier ?

Dans l’EAE, des cellules immunitaires franchissent la barrière protégeant le système nerveux central et entretiennent une neuro-inflammation. [1] [3] Cette inflammation peut endommager la myéline, qui entoure les fibres nerveuses, ainsi que les axones eux-mêmes. [1] [2] [3] Les lymphocytes T CD4+, notamment certains sous-groupes appelés Th1 et Th17, occupent une place majeure dans de nombreux modèles d’EAE. [1] [3] Les astrocytes et la microglie, qui sont des cellules du système nerveux central, peuvent participer aux phases inflammatoires ou protectrices selon leur état d’activation. [1] Les lymphocytes B peuvent produire des anticorps, présenter des antigènes aux lymphocytes T ou libérer des molécules inflammatoires. [2] D’autres populations de lymphocytes B exercent au contraire une fonction régulatrice en produisant des molécules anti-inflammatoires comme l’IL-10 ou l’IL-35. [2] Le rôle des lymphocytes B varie fortement selon l’antigène, la souche animale et la méthode utilisée, ce qui explique que certains modèles en dépendent et d’autres non. [2]

Pourquoi l’EAE n’est-elle pas équivalente à la sclérose en plaques ?

L’EAE et la sclérose en plaques partagent des phénomènes inflammatoires, une démyélinisation et une atteinte des fibres nerveuses, mais leur organisation immunitaire n’est pas identique. [1] Les lésions d’EAE sont principalement riches en lymphocytes T CD4+, tandis que les lésions de sclérose en plaques comportent surtout des lymphocytes T CD8+. [1] La démyélinisation est généralement concentrée dans la moelle épinière dans l’EAE, alors que la sclérose en plaques peut aussi atteindre le cerveau et le cervelet. [1] Les modèles animaux reproduisent encore difficilement les formes progressives de la sclérose en plaques. [1] Des différences propres aux espèces, notamment dans les rythmes biologiques, les hormones et leur métabolisme, peuvent également modifier la réponse immunitaire observée. [1] Les résultats obtenus chez un animal doivent donc être confrontés à d’autres modèles puis à des études cliniques correctement conduites avant de pouvoir éclairer les soins humains. [1]

Que signifie ce modèle pour les patients ?

L’EAE sert à explorer les mécanismes de la neuro-inflammation et à évaluer des pistes thérapeutiques avant leur éventuelle étude chez l’être humain. [1] [3] Les chercheurs peuvent comparer différents antigènes, profils immunitaires et formes d’évolution afin d’étudier des dimensions particulières de la sclérose en plaques. [2] [3] Un effet favorable observé dans l’EAE reste néanmoins un résultat préclinique et ne démontre pas à lui seul qu’un traitement est efficace ou approprié chez un patient. [1] Les études consacrées aux hormones sexuelles illustrent cette prudence, car leurs effets expérimentaux peuvent varier selon le sexe, le statut hormonal, le modèle et l’intervention étudiée. [1] Ces recherches ne fournissent donc pas de consigne autonome permettant de commencer, d’arrêter ou de modifier un traitement hormonal ou immunologique. [1] Puisque l’EAE est un modèle expérimental et non une maladie humaine, les rubriques habituelles de diagnostic, de prévention et de recours aux soins ne s’appliquent pas directement à ce concept. [1] [2]

Sources et références

[2] Modeling pathogenic B cell function in experimental autoimmune encephalomyelitis

www.ebi.ac.uk · Version : 2026-07-01 · Consulté le 2026-09-16

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Spécialités médicales concernées

Médecine interne et immunologie clinique