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Dystrophies musculaires des ceintures : signes, diagnostic et principes du suivi

Les dystrophies musculaires des ceintures, aussi appelées LGMD, forment un groupe de maladies musculaires héréditaires caractérisées principalement par une faiblesse progressive des muscles proches du tronc. [1] [3] Elles touchent notamment les muscles des hanches et des épaules, mais leur âge d'apparition, leur vitesse d'évolution et leurs complications varient fortement selon le sous-type génétique. [1] [2] [3] Le terme ne désigne donc pas une maladie unique et ne permet pas, à lui seul, de prévoir l'évolution d'une personne. [1] [3]

Pourquoi existe-t-il plusieurs formes de dystrophie des ceintures ?

Les dystrophies des ceintures résultent d'anomalies de gènes nécessaires à la structure ou au fonctionnement normal des fibres musculaires. [1] [3] Selon le sous-type, les protéines concernées se trouvent notamment dans le noyau, l'appareil contractile, la membrane ou l'environnement extérieur de la fibre musculaire. [3] Certaines formes suivent une transmission autosomique dominante et d'autres une transmission autosomique récessive. [1] [3] Dans une forme dominante, une seule copie altérée du gène est impliquée, tandis qu'une forme récessive est classée séparément en fonction de son mode de transmission. [1] La nomenclature évolue avec les découvertes génétiques et utilise désormais notamment la lettre D pour les formes dominantes et la lettre R pour les formes récessives. [1] Un ancien nom et un nom plus récent peuvent ainsi désigner le même sous-type, comme LGMD1F et LGMD D2 liée à la transportine 3. [1]

Quels sont les signes possibles ?

La manifestation habituelle est une faiblesse musculaire proximale, c'est-à-dire touchant surtout les muscles proches du bassin ou des épaules. [1] [2] [3] Cette faiblesse est généralement symétrique et progresse lentement, mais certaines formes sont plus sévères ou évoluent plus rapidement que d'autres. [1] [2] [3] Les muscles de la ceinture pelvienne ou ceux de la ceinture scapulaire peuvent être atteints en premier. [1] Une diminution ou une absence des réflexes tendineux peut accompagner la faiblesse, et certaines formes comportent également une atteinte du visage. [1] Dans les formes dominantes, les premiers symptômes peuvent apparaître de la petite enfance à l'âge adulte. [1] Les formes récessives ont davantage tendance à commencer pendant l'enfance et à toucher d'abord la ceinture pelvienne. [1]

La faiblesse et la fatigue peuvent réduire progressivement la marche et la capacité à accomplir les activités quotidiennes. [2] [3] Dans les formes avancées ou plus sévères, les muscles respiratoires, dont le diaphragme, peuvent être atteints. [3] Des ronflements, des épisodes d'apnée pendant le sommeil ou une somnolence dans la journée peuvent être des signes précoces d'insuffisance respiratoire. [3] Les risques respiratoires et cardiaques ne sont pas identiques dans tous les sous-types, ce qui rend l'identification génétique importante pour organiser le suivi. [1] [2] [3]

Comment le diagnostic est-il établi ?

L'évaluation diagnostique tient compte de la répartition de la faiblesse, de l'âge de début et des antécédents familiaux. [1] Ces éléments orientent le diagnostic, mais ils ne suffisent pas à identifier avec certitude le sous-type en raison du chevauchement possible entre plusieurs dystrophies. [1] [3] L'analyse des mutations de l'ADN constitue le principal examen de confirmation et permet de rechercher le sous-type génétique. [1] [3] Le taux sanguin de créatine kinase est souvent augmenté à cause de la dégradation des fibres musculaires, mais cette anomalie ne définit pas à elle seule le sous-type. [2] [3] Selon la situation, des analyses du tissu musculaire, telles que l'histologie, l'immunocytochimie ou le Western blot, peuvent compléter l'évaluation. [1] La biopsie musculaire n'est donc pas présentée comme un examen systématiquement nécessaire chez toutes les personnes lorsque l'analyse génétique apporte la confirmation recherchée. [1]

Quels sont les objectifs du suivi ?

Le suivi cherche notamment à mesurer l'évolution de la force, de la marche, de l'autonomie et des activités quotidiennes. [2] Les évaluations peuvent comporter des mesures de force, des tests fonctionnels standardisés et, dans certains contextes, une imagerie musculaire par IRM. [2] Les personnes présentant un risque élevé de complication cardiaque doivent bénéficier d'une évaluation cardiaque même en l'absence de symptôme cardiaque. [1] Les personnes exposées à un risque élevé d'insuffisance respiratoire doivent faire l'objet d'épreuves fonctionnelles respiratoires. [1] La spirométrie et la mesure de la capacité vitale forcée sont couramment utilisées pour évaluer la fonction respiratoire dans les études et le suivi des dystrophies des ceintures. [2] [3] Une prise en charge associant plusieurs disciplines ayant une expertise des maladies neuromusculaires est recommandée en raison de la diversité des atteintes possibles. [1] [3]

Quels sont les principes actuels des soins ?

Les soins disponibles sont principalement symptomatiques et visent à préserver la fonction, l'autonomie et la qualité de vie plutôt qu'à guérir la maladie. [1] [3] Ils cherchent également à prévenir ou à limiter les rétractions, qui correspondent à un raccourcissement durable des muscles et des articulations. [1] La rééducation peut contribuer au maintien des capacités musculaires et à la compensation de leur diminution progressive. [3] L'exercice doit être individualisé en fonction du sous-type, de la force restante, de la fatigue et de la tolérance de la personne. [3] Les exercices aérobies modérés et à faible impact sont généralement mieux tolérés que les efforts intenses dans les formes lentement progressives étudiées. [3] Les entraînements à forte résistance ou comportant des contractions excentriques peuvent léser les muscles dans certains sous-types et ne doivent pas être généralisés. [3] Une fatigue extrême ou des douleurs musculaires pendant ou après l'exercice signalent que son intensité ou sa fréquence doit être réévaluée par l'équipe qui encadre la rééducation. [3] Les études de rééducation restent peu nombreuses, portent sur de petits effectifs et ne permettent pas de définir un programme unique adapté à tous les sous-types. [3]

Lorsqu'une faiblesse respiratoire est présente, la prise en charge peut associer surveillance fonctionnelle, thérapie respiratoire et assistance ventilatoire non invasive selon les besoins. [3] Le moment approprié pour commencer une assistance ventilatoire ne peut pas être déduit d'un seuil unique, car la revue disponible signale un désaccord entre les études. [3] La thérapie génique, la transplantation de myoblastes, les anticorps neutralisant la myostatine et l'hormone de croissance sont présentés comme relevant de la recherche plutôt que des soins courants dans la recommandation citée par le Manuel MSD. [1]

Sources et références

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Spécialités médicales concernées

Médecine physique et réadaptation