Carcinome anaplasique de la thyroïde : signes, diagnostic et principes des soins

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Chirurgie de la thyroïde par ville
Le carcinome anaplasique de la thyroïde est un cancer rare composé de cellules tumorales indifférenciées, c’est-à-dire ayant perdu une grande partie des caractéristiques des cellules thyroïdiennes normales. [1] [3] Il est également appelé carcinome indifférencié de la thyroïde. [3] Cette maladie représente environ 1 % des carcinomes thyroïdiens, mais elle se distingue par une évolution très agressive et un pronostic particulièrement défavorable. [2] [3]
En quoi diffère-t-il des autres cancers de la thyroïde ?
Le carcinome anaplasique provient de la lignée des cellules folliculaires de la thyroïde, comme plusieurs cancers thyroïdiens différenciés, mais ses cellules ont perdu leur organisation et une grande partie de leur fonction d’origine. [1] [2] [3] Il ne doit pas être confondu avec le carcinome papillaire, généralement bien différencié et beaucoup moins agressif, ni avec le carcinome médullaire, qui naît d’un autre type de cellules thyroïdiennes. [2] Le carcinome thyroïdien peu différencié constitue une entité distincte, intermédiaire sur le plan de la différenciation, dont l’évolution est en général moins fulminante que celle du carcinome anaplasique. [1]
Un carcinome anaplasique peut être associé, dans la même tumeur, à une composante de cancer thyroïdien différencié. [2] [3] Les analyses génétiques de tumeurs comportant des composantes papillaires et anaplasiques indiquent qu’elles peuvent partager une cellule ancestrale commune, la composante anaplasique accumulant ensuite davantage d’altérations. [2] L’origine des carcinomes anaplasiques diagnostiqués sans antécédent ni composante différenciée associée reste cependant incertaine. [2]
Quel signe peut révéler la maladie ?
La présentation la plus caractéristique est une masse du cou qui augmente rapidement de volume, le plus souvent chez une personne âgée. [3] La rapidité de cette croissance correspond au comportement très agressif de la tumeur. [1] [3] L’examen microscopique montre fréquemment une infiltration des tissus mous et des muscles voisins, ainsi que de la nécrose, de nombreuses divisions cellulaires anormales et une invasion des vaisseaux. [3]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Le diagnostic anatomopathologique repose sur l’analyse d’un prélèvement tumoral, en associant l’aspect des cellules, l’immunohistochimie et, lorsque cela est pertinent, les données moléculaires. [3] Cette analyse peut être difficile sur une biopsie de petite taille, car l’aspect microscopique du carcinome anaplasique est très variable. [3] Le pathologiste doit notamment le distinguer d’autres tumeurs pouvant lui ressembler, telles que certains sarcomes, lymphomes, mélanomes ou cancers provenant d’un autre organe. [3]
L’immunohistochimie recherche des protéines permettant d’étayer la nature épithéliale et l’origine thyroïdienne folliculaire de la tumeur. [3] La thyroglobuline est presque toujours absente, tandis que l’expression de marqueurs comme les cytokératines, TTF-1 ou PAX8 est inconstante. [3] Un résultat négatif pour une cytokératine ou pour TTF-1 ne suffit donc pas, à lui seul, à exclure ce diagnostic. [3] Les résultats doivent être interprétés comme un ensemble, car aucun marqueur isolé ne résume la diversité morphologique et moléculaire de la maladie. [2] [3]
Pourquoi rechercher des altérations moléculaires ?
Le carcinome anaplasique présente souvent plusieurs altérations génétiques, notamment dans les gènes TERT, TP53, BRAF ou RAS. [1] [2] [3] Les mutations de BRAF et de RAS sont deux profils distincts et ne doivent pas être considérées comme interchangeables. [1] [3] L’identification rapide d’une mutation BRAF p.V600E peut avoir une conséquence thérapeutique, car certaines tumeurs porteuses peuvent répondre à une association d’inhibiteurs de BRAF et de MEK. [3] La présence d’une mutation ne garantit toutefois pas une réponse individuelle au traitement. [2] [3]
Quels sont les principes actuels des soins et de la recherche ?
Les possibilités thérapeutiques restent limitées en raison de la rapidité d’évolution de la maladie et de sa résistance fréquente aux approches classiques. [1] L’arrivée des traitements ciblés a néanmoins amélioré les résultats observés par rapport aux périodes historiques chez certains patients. [3] Des essais ont également observé des réponses à certaines immunothérapies, seules ou associées à d’autres traitements, mais ces réponses ne concernent qu’une partie des patients. [2] Les études en cellule unique décrivent notamment un épuisement de certains lymphocytes T et un environnement immunitaire tumoral pouvant contribuer à l’échappement de la tumeur. [2] Ces travaux restent exploratoires, car les études disponibles portent sur peu d’échantillons et représentent encore imparfaitement les différents sous-types moléculaires. [2]
Que peut-on dire de l’évolution ?
Le carcinome anaplasique fait partie des cancers thyroïdiens dont l’évolution est la plus rapide et la plus grave. [1] [2] [3] Les chiffres de survie historiques ne permettent pas de prévoir l’évolution d’une personne donnée, notamment parce que les traitements ciblés ont modifié les résultats pour certains profils moléculaires. [1] [3] L’hétérogénéité des cellules cancéreuses et de leur environnement peut également influencer l’agressivité, la progression et la réponse aux traitements. [2]
Sources et références
[1] Targeting the Warburg Effect in Anaplastic Thyroid Carcinoma: Metabolic Vulnerabilities and Therapeutic Opportunities
www.ebi.ac.uk · Version : 2026-06-01 · Consulté le 2026-09-16
[2] Single-cell RNA sequencing: a powerful tool to study heterogeneity in papillary and anaplastic thyroid carcinoma
www.ebi.ac.uk · Version : 2026-08-01 · Consulté le 2026-09-16
[3] Evolving Pathology of Anaplastic Thyroid Carcinoma: Integrating Morphology, Immunohistochemistry, and Molecular Insights
www.ebi.ac.uk · Version : 2026-05-27 · Consulté le 2026-09-16
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