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Bref incident résolu inexpliqué chez le nourrisson (BRUE) : signes, évaluation et suivi

Le bref incident résolu inexpliqué, désigné en anglais par l’acronyme BRUE, décrit un épisode soudain survenant chez un nourrisson de moins d’un an, durant moins d’une minute et complètement terminé au moment de l’évaluation. [1] [2] Pendant cet épisode, l’entourage a observé au moins une modification de la respiration, de la couleur, du tonus musculaire ou du niveau de réaction de l’enfant. [2] Le BRUE n’est pas une maladie précise ni un diagnostic que les parents peuvent poser eux-mêmes. [1] [2] Ce terme ne peut être retenu qu’après une évaluation médicale appropriée n’ayant retrouvé aucune cause à l’épisode. [1] [2]

Quels signes peuvent correspondre à un BRUE ?

La respiration peut devenir absente, diminuée ou irrégulière pendant l’épisode. [2] La peau peut devenir bleutée ou anormalement pâle. [2] Le nourrisson peut paraître soudainement très mou ou, au contraire, anormalement raide. [1] [2] Son niveau de réaction peut également changer, avec par exemple une somnolence inhabituelle, une inactivité ou une perte de connaissance apparente. [1]

Pour répondre à la définition, l’épisode doit être bref, avoir cessé et être suivi d’un retour à l’état de santé habituel, avec une apparence et des constantes vitales normales lors de l’évaluation. [2] Un nourrisson qui présente encore une fièvre, une gêne respiratoire ou un autre symptôme au moment de l’examen ne relève pas de cette définition. [2] De même, lorsqu’une cause est mise en évidence par l’histoire de l’épisode ou l’examen, l’événement n’est plus qualifié d’inexpliqué. [1] [2]

Quelles causes peuvent produire un épisode ressemblant à un BRUE ?

Des troubles digestifs ou de la déglutition peuvent provoquer des manifestations ressemblant à celles d’un BRUE. [1] [2] Des infections respiratoires, une coqueluche, une infection grave, une crise convulsive ou une obstruction des voies aériennes font aussi partie des explications possibles. [1] [2] L’évaluation peut également rechercher, selon le contexte, un trouble cardiaque ou métabolique, une exposition à une substance, une réaction allergique ou un traumatisme infligé. [1] [2] Cette diversité explique pourquoi l’apparence inquiétante de l’épisode ne suffit ni à en déterminer la cause ni à confirmer un BRUE. [1] [2]

Comment l’évaluation médicale se déroule-t-elle ?

L’évaluation commence par un récit précis de ce que la personne présente a observé avant, pendant et après l’épisode. [1] [2] Le médecin s’intéresse notamment à la respiration, à la couleur, au tonus, au regard, aux bruits éventuels, à la durée de l’événement et à la façon dont l’enfant a récupéré. [1] [2] Il demande aussi si une stimulation, une ventilation bouche-à-bouche ou une réanimation cardiopulmonaire a été pratiquée. [1] [2] Les circonstances de la naissance, les antécédents d’épisodes similaires, une maladie ou un traumatisme récents et les antécédents familiaux de mort précoce ou de trouble du rythme cardiaque sont également recherchés. [1] [2] Les difficultés pendant les repas, comme la toux, les haut-le-cœur, les vomissements ou une mauvaise prise de poids, apportent des indications utiles sur une éventuelle cause. [1] [2]

L’examen vérifie les constantes vitales et recherche notamment une anomalie respiratoire ou neurologique, une infection, une malformation ou des signes de traumatisme. [1] [2] Les examens complémentaires ne sont pas identiques pour tous les nourrissons, car ils dépendent du niveau de risque et des indices relevés lors de l’entretien et de l’examen. [1] [2] Chez un nourrisson classé à faible risque, une brève observation avec mesure continue de l’oxygénation peut suffire, tandis qu’un électrocardiogramme ou une recherche de coqueluche peut être envisagé. [1] [2] Chez un nourrisson à risque plus élevé, les analyses, l’imagerie, la surveillance cardiorespiratoire ou les examens neurologiques sont choisis en fonction des causes suspectées. [1] [2] Même dans les situations à risque élevé, des examens réalisés sans hypothèse précise ont un rendement diagnostique relativement faible. [2]

Que signifient les catégories de risque faible et élevé ?

La classification du risque est effectuée après l’histoire clinique et l’examen, et non à partir du seul récit d’un changement de couleur ou de respiration. [2] La catégorie de faible risque suppose notamment que le nourrisson ait plus de 60 jours et qu’il soit né à au moins 32 semaines de grossesse avec un âge corrigé d’au moins 45 semaines. [2] Elle suppose aussi un premier épisode isolé, d’une durée inférieure à une minute, sans réanimation pratiquée par un professionnel formé. [2] Enfin, aucun élément préoccupant ne doit être retrouvé dans les antécédents, les circonstances de l’événement ou l’examen. [2] Un nourrisson qui ne remplit pas l’ensemble de ces conditions est classé à risque plus élevé et nécessite une recherche plus poussée d’une explication. [2] Être classé à risque élevé ne signifie pas qu’une maladie grave est certaine, mais que l’évaluation doit être adaptée aux éléments préoccupants. [2]

Quels sont les principes de la prise en charge ?

Il n’existe pas de traitement unique du BRUE, puisque ce terme désigne un événement inexpliqué et non une maladie particulière. [1] [2] Lorsqu’une cause est finalement identifiée, la prise en charge vise cette cause. [1] [2] Un nourrisson ayant nécessité une réanimation, présentant une anomalie à l’examen ou aux tests, ou ayant une histoire préoccupante peut être hospitalisé pour surveillance et évaluation complémentaires. [1] [2] Pour les situations à faible risque, les recommandations décrites dans les sources privilégient une évaluation limitée, l’information des proches et une décision partagée sur le suivi plutôt qu’une multiplication systématique des examens. [2] Une formation des parents et des proches à la réanimation du nourrisson peut leur être proposée. [1] [2] La prescription d’un moniteur cardiorespiratoire à domicile n’est pas nécessaire pour un BRUE à faible risque. [2] Les moniteurs à domicile n’ont pas démontré qu’ils permettaient de prévenir une mort subite inexpliquée. [2]

Le BRUE est-il lié à la mort inattendue du nourrisson ?

Le BRUE est distinct du syndrome de mort subite du nourrisson et des autres morts inattendues du nourrisson. [1] [2] Ces situations présentent des profils de risque, des circonstances et des âges de survenue différents. [1] [2] Les données examinées n’ont pas confirmé qu’une apnée antérieure soit une cause du syndrome de mort subite du nourrisson. [2] Un BRUE ne doit donc pas être présenté comme une forme de mort subite évitée de justesse. [2]

Quel suivi et quelles mesures de prévention sont utiles ?

Le suivi est organisé en fonction de la catégorie de risque, des résultats de l’évaluation et de la possibilité d’une cause particulière. [2] Une nouvelle évaluation est particulièrement importante si des épisodes se répètent ou si des symptômes persistent. [2] Après un BRUE à faible risque, le risque de complication grave est faible et le pronostic est généralement rassurant. [1] [2] Une récidive est néanmoins rapportée chez environ un nourrisson sur dix. [1] [2] Les proches doivent recevoir des informations sur les soins habituels de sécurité du nourrisson, notamment le couchage sur le dos. [1] [2] Le nourrisson ne doit pas être exposé à la fumée de tabac, celle-ci étant associée à un risque accru de BRUE. [1] [2]

Sources et références

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