Apudome : définition, signes, diagnostic et principes des soins

Le terme « apudome », également écrit APUDoma, est une ancienne appellation d’un groupe de tumeurs aujourd’hui appelées tumeurs neuroendocrines. [1] Ces tumeurs se développent à partir du système neuroendocrine diffus, dont les cellules sont présentes dans différents organes. [1] Elles apparaissent principalement dans l’appareil digestif, le pancréas et les poumons, mais d’autres localisations sont possibles. [1] Le mot apudome ne désigne donc pas une maladie unique : les symptômes, l’évolution et les soins dépendent notamment de l’organe atteint, des hormones éventuellement produites et des caractéristiques de la tumeur. [1] Les éléments de diagnostic et de traitement présentés ci-dessous proviennent toutefois d’une référence signalée comme historique et susceptible d’être obsolète ; ils doivent être vérifiés à partir de recommandations cliniques actuelles. [1]
Que signifie le terme APUD ?
L’appellation APUD vient de l’anglais « amine precursor uptake and decarboxylation », qui décrit la capacité de certaines cellules à capter des précurseurs d’amines, puis à les transformer en substances actives. [1] La conception historique selon laquelle toutes ces cellules provenaient de la crête neurale a ensuite été remise en cause au profit de celle d’un système endocrine diffus issu de cellules souches multipotentes. [1] La terminologie actuelle de tumeur neuroendocrine reflète mieux l’hétérogénéité des organes d’origine et des comportements tumoraux. [1]
Quels signes une tumeur neuroendocrine peut-elle provoquer ?
Une tumeur neuroendocrine peut être fonctionnelle lorsqu’elle sécrète des hormones responsables de symptômes, ou non fonctionnelle lorsqu’elle ne provoque pas de syndrome hormonal manifeste. [1] Les manifestations sont très variables, car elles dépendent de la localisation de la tumeur et du type de substance qu’elle produit. [1] Certaines tumeurs digestives sécrètent notamment de la sérotonine et d’autres substances vasoactives pouvant entraîner un syndrome carcinoïde. [1] Ce syndrome peut associer des rougeurs soudaines du visage ou du haut du corps, une diarrhée, des douleurs abdominales et parfois une constriction des bronches. [1] Il apparaît typiquement lorsque la maladie a atteint le foie ou s’est diffusée, car le foie dégrade normalement la sérotonine avant son passage dans la circulation générale. [1]
Les tumeurs neuroendocrines du pancréas peuvent produire différentes hormones et provoquer des tableaux cliniques distincts. [1] Un insulinome produit un excès d’insuline pouvant entraîner une hypoglycémie, tandis qu’un gastrinome peut être associé à des ulcères digestifs multiples, à une diarrhée et à des douleurs abdominales. [1] Un glucagonome peut notamment être associé à un diabète, à une atteinte cutanée, à une thrombose veineuse profonde ou à une dépression. [1] Un VIPome peut provoquer une diarrhée aqueuse très abondante et des rougeurs soudaines. [1] Ces exemples ne permettent pas de reconnaître seul une tumeur neuroendocrine, car des maladies non tumorales ou d’autres cancers peuvent provoquer des manifestations proches. [1]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Le diagnostic repose sur l’histoire des symptômes, l’examen clinique, des dosages hormonaux adaptés, l’imagerie et une confirmation par l’étude des tissus. [1] Lorsqu’un syndrome carcinoïde est suspecté, le bilan peut rechercher le 5-HIAA, un produit issu de la transformation de la sérotonine, dans les urines recueillies pendant 24 heures ou dans le plasma. [1] En cas de suspicion de tumeur neuroendocrine pancréatique fonctionnelle, le dosage est choisi en fonction de l’hormone supposée en cause, comme la gastrine à jeun pour un gastrinome. [1] Le scanner et l’imagerie par résonance magnétique servent à rechercher la tumeur, à préciser sa localisation et à évaluer son extension. [1] Certaines techniques d’imagerie utilisent les récepteurs de la somatostatine présents à la surface de nombreuses tumeurs neuroendocrines pour localiser les lésions et leurs métastases. [1] Cette approche peut être moins informative pour un insulinome, qui exprime souvent peu de récepteurs de la somatostatine. [1]
L’analyse anatomopathologique distingue notamment les tumeurs neuroendocrines bien différenciées des carcinomes neuroendocrines peu différenciés. [1] Le grade traduit l’activité de multiplication des cellules tumorales et s’appuie notamment sur l’index Ki-67 et le nombre de mitoses observées. [1] La différenciation, le grade, la localisation et l’extension contribuent ainsi à caractériser une tumeur donnée plutôt qu’à la réduire à l’appellation générale d’apudome. [1]
Quels sont les principes de la prise en charge ?
Le choix des soins dépend de la localisation, de l’extension, du grade, de la différenciation et du caractère fonctionnel ou non de la tumeur. [1] La chirurgie constitue le traitement potentiellement curatif des tumeurs localisées et de certaines tumeurs localement avancées. [1] Elle peut aussi être employée dans un objectif palliatif afin de réduire la masse tumorale lorsque l’ablation complète n’est pas possible. [1] Dans les formes plus avancées, les traitements systémiques cherchent à contrôler les symptômes liés aux sécrétions hormonales et à ralentir la prolifération ou la progression tumorale. [1] Les options décrites comprennent notamment les analogues de la somatostatine, certaines chimiothérapies, des traitements ciblés, l’interféron et la radiothérapie interne vectorisée dirigée contre les récepteurs de la somatostatine. [1] Des traitements dirigés vers le foie, comme l’embolisation, la chimioembolisation ou certaines techniques d’irradiation, peuvent aussi être envisagés lorsque la maladie atteint cet organe. [1] La diversité de ces situations nécessite une évaluation coordonnée faisant notamment intervenir l’oncologie, la chirurgie, l’endocrinologie ou la gastroentérologie selon le cas. [1]
Comment la maladie peut-elle évoluer ?
L’évolution des tumeurs neuroendocrines varie fortement selon leur site d’origine et leurs caractéristiques tumorales. [1] La localisation de la tumeur primitive constitue un facteur pronostique important, et les tumeurs pancréatiques sont plus souvent déjà métastatiques au moment du diagnostic dans les données rapportées par la source. [1] Une exposition prolongée du cœur aux substances produites lors d’un syndrome carcinoïde peut provoquer un épaississement fibreux de sa paroi interne, appelé cardiopathie carcinoïde. [1] D’autres complications décrites comprennent notamment la fibrose du mésentère, des atteintes fibreuses pulmonaires ou cutanées et la crise carcinoïde. [1]
Causes et facteurs associés
La cause exacte des tumeurs neuroendocrines reste inconnue. [1] La plupart apparaissent de manière sporadique, mais certaines peuvent s’inscrire dans un syndrome familial héréditaire, notamment la néoplasie endocrinienne multiple de type 1. [1] Des anomalies génétiques, le tabagisme et des mécanismes liés à la modulation immunitaire ont été impliqués comme facteurs possibles, sans constituer à eux seuls une explication générale de toutes les tumeurs neuroendocrines. [1]
Sources et références
[1] APUDoma - StatPearls - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
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