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Abcès du poumon : causes, symptômes, diagnostic et traitement

Un abcès du poumon, ou abcès pulmonaire, est une infection qui détruit localement du tissu pulmonaire et forme une cavité circonscrite remplie de pus. [1] [2] Il provoque souvent une toux avec des expectorations, de la fièvre, des sueurs nocturnes, de la fatigue et une perte de poids, mais son installation et sa gravité varient selon sa cause. [1] [2] Les symptômes ne permettent pas à eux seuls de reconnaître un abcès, car plusieurs infections et maladies non infectieuses peuvent également produire une cavité dans le poumon. [1] [2]

Comment un abcès pulmonaire se forme-t-il ?

La cause la plus fréquente est l’aspiration de sécrétions de la bouche ou du pharynx contenant des bactéries. [1] [2] Une gingivite, une maladie parodontale ou une mauvaise hygiène bucco-dentaire peut constituer la source de ces bactéries. [1] [2] Le risque d’aspiration augmente notamment lorsque la conscience ou la capacité à tousser est altérée par l’alcool, certaines drogues, des médicaments sédatifs, une anesthésie ou une maladie neurologique. [1] [2] Les personnes ayant des difficultés à avaler ou à évacuer leurs sécrétions buccales sont également exposées à ce mécanisme. [2]

Un abcès peut aussi se former derrière une bronche obstruée par une tumeur ou un corps étranger, car les sécrétions s’accumulent et sont moins bien éliminées. [1] [2] Chez une personne immunodéprimée, des bactéries inhabituelles, des mycobactéries ou des champignons peuvent être en cause. [1] [2] Plus rarement, l’infection atteint les poumons par le sang depuis un autre foyer infectieux ou se propage directement à partir d’une infection voisine. [1] [2] L’aspiration et l’obstruction produisent généralement un abcès isolé, tandis qu’une propagation par le sang peut entraîner plusieurs abcès dans les deux poumons. [1] [2]

Quels sont les symptômes possibles ?

Les symptômes apparaissent souvent progressivement pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois, mais certaines causes entraînent une installation beaucoup plus rapide. [1] [2] Les manifestations habituelles comprennent une toux productive, de la fièvre parfois accompagnée de frissons, des sueurs nocturnes, une fatigue et une diminution de l’appétit. [1] [2] Une perte de poids peut devenir importante lorsque l’infection évolue depuis longtemps. [1] [2] Les expectorations peuvent être purulentes, avoir une odeur ou un goût fétide et contenir des traces de sang. [1] [2] Une mauvaise haleine peut accompagner des expectorations fétides. [1] [2] Une douleur thoracique accentuée par la respiration peut apparaître lorsque la plèvre, l’enveloppe située autour du poumon, est enflammée. [1] [2]

Comment le diagnostic est-il établi ?

L’évaluation tient compte des symptômes, de leur évolution et des facteurs favorisant une aspiration, une obstruction bronchique ou une infection inhabituelle. [2] La radiographie du thorax est l’examen d’imagerie principal pour confirmer la présence d’une cavité compatible avec un abcès. [1] [2] La cavité contient souvent de l’air et du liquide, mais cet aspect radiologique n’est pas propre à l’abcès pulmonaire. [1] [2] Une tomodensitométrie thoracique peut être utile si la cavité est mal visible, si une masse obstruant une bronche est suspectée ou s’il faut distinguer l’abcès d’un empyème ou d’une bulle pulmonaire. [1] [2]

Des prélèvements d’expectorations et de sang peuvent aider à identifier le micro-organisme responsable et à adapter le traitement. [1] [2] L’interprétation d’une culture d’expectorations peut être difficile parce que l’échantillon est susceptible d’être contaminé par les bactéries normalement présentes dans la bouche. [2] En présence d’un empyème, le liquide infecté situé dans la cavité pleurale est prélevé pour analyse microbiologique. [1] [2] Une bronchoscopie peut servir à rechercher une tumeur ou un corps étranger, à obtenir des prélèvements moins contaminés ou à identifier un micro-organisme inhabituel. [1] [2] Cet examen est notamment envisagé en cas d’immunodépression, de présentation atypique ou de réponse insuffisante au traitement initial. [1] [2]

Quels sont les principes du traitement ?

Le traitement repose principalement sur des antibiotiques choisis en fonction des bactéries probables, du contexte clinique et, lorsqu’ils sont disponibles, des résultats microbiologiques. [1] [2] Les antibiotiques peuvent être administrés par voie intraveineuse au début, puis relayés par voie orale lorsque la fièvre a disparu et que l’état clinique est stable. [1] [2] Les personnes moins gravement atteintes peuvent, dans certains cas, recevoir d’emblée un traitement oral. [2] Le traitement dure généralement plusieurs semaines et peut être prolongé selon la cause, la taille de l’abcès et la réponse clinique et radiologique. [1] [2] L’amélioration est évaluée par l’évolution des symptômes et par des radiographies montrant la résorption de l’abcès ou une petite cicatrice résiduelle stable. [1] [2]

Une réponse insuffisante conduit à rechercher un micro-organisme résistant ou inhabituel, une obstruction bronchique ou une cause non infectieuse de la cavité. [2] Si un corps étranger bloque une bronche, il peut parfois être retiré au cours d’une bronchoscopie. [1] Un abcès qui ne répond pas aux antibiotiques peut nécessiter un drainage par cathéter, par bronchoscopie ou par chirurgie. [1] [2] Un empyème associé doit être drainé. [2] L’ablation chirurgicale d’une partie du poumon, ou plus rarement d’un poumon entier, est réservée à certaines formes compliquées ou résistantes au traitement médical. [1] [2]

Quelles sont l’évolution et les complications possibles ?

Lorsqu’un abcès s’ouvre dans une bronche, son contenu peut être évacué par une toux produisant une grande quantité d’expectorations. [1] [2] La cavité restante peut alors contenir à la fois de l’air et du liquide. [1] [2] L’abcès peut aussi se rompre ou s’étendre dans l’espace pleural et y répandre du pus, ce qui provoque un empyème. [1] [2] La plupart des personnes guérissent, mais le traitement réussit moins souvent chez les personnes fragilisées ou immunodéprimées et lorsqu’une tumeur obstrue une bronche. [1]

Peut-on réduire certains facteurs de risque ?

Une bonne hygiène bucco-dentaire et la prise en charge des maladies dentaires ou parodontales contribuent à réduire une source possible de bactéries aspirées. [1] [2] [3] Éviter une consommation excessive d’alcool fait partie des mesures générales proposées pour diminuer les situations favorisant l’aspiration. [3] Chez les personnes ayant un trouble de la déglutition, une maladie neurologique ou une altération de la conscience, la prévention repose aussi sur l’identification et la réduction individualisée du risque d’aspiration. [2] [3]

Sources et références

[3] Lung Abscess - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

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Spécialités médicales concernées

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