En cas d'infection, l'ibuprofène peut masquer la fièvre et la douleur, retarder le diagnostic et favoriser des complications graves. L'Agence du médicament (ANSM) a recensé 162 cas graves avec l'ibuprofène sur quatre ans et demi, et 12 décès au total avec l'ibuprofène ou le kétoprofène. En première intention, c'est le paracétamol qu'il faut prendre.
L'essentiel
- L'ibuprofène peut masquer les symptômes d'une infection (fièvre, douleur) et retarder la prise en charge.
- Des complications graves (sepsis, choc septique, méningite, infections cutanées sévères) ont été signalées après quelques jours de traitement seulement.
- Entre janvier 2019 et juin 2023, l'ANSM a recensé 162 cas graves avec l'ibuprofène ; 12 décès au total, avec l'ibuprofène ou le kétoprofène, dont des enfants.
- En cas de fièvre liée à une infection, le paracétamol reste le premier choix.
- Si vous devez prendre un anti-inflammatoire : moins de 3 jours en cas de fièvre, à dose minimale, et avec un avis médical.
Pourquoi l'ibuprofène peut-il aggraver une infection ?
L'ibuprofène est un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS). Il réduit l'inflammation, la douleur et la fièvre. Mais en cas d'infection bactérienne ou virale, ces propriétés peuvent se retourner contre le patient.
Selon l'Assurance Maladie, « les AINS peuvent masquer les signes et les symptômes d'une infection, tels que la douleur et la fièvre, et retarder la mise en place d'un traitement adéquat ». Une angine qui s'aggrave, une otite qui se complique, une pneumonie qui démarre : si la fièvre est masquée, on consulte plus tard, et l'infection a le temps de s'étendre.
De plus, certaines données suggèrent que les AINS pourraient perturber la réponse immunitaire face à certaines bactéries, notamment les streptocoques et les pneumocoques, responsables de nombreuses infections ORL et respiratoires.
Quelles complications ont été signalées ?
L'ANSM a publié en décembre 2025 un bilan de pharmacovigilance portant sur la période janvier 2019 – juin 2023. Les résultats sont préoccupants :
- 162 cas graves déclarés avec l'ibuprofène ;
- 54 cas avec le kétoprofène ;
- 12 décès, dont des enfants et de jeunes adultes en bonne santé.
Les complications signalées comprennent : « sepsis, chocs septiques, méningites ou infections cutanées sévères ». Ces infections étaient souvent dues à des bactéries comme les streptocoques ou les pneumocoques.
L'Assurance Maladie ajoute que « des complications infectieuses graves cutanées, pulmonaires, ORL, neurologiques ont été constatées après de courtes durées de traitement par l'ibuprofène et le kétoprofène ».
Quand l'ibuprofène est-il formellement contre-indiqué ?
Dans certaines situations, l'ibuprofène ne doit jamais être utilisé, même pour une courte durée :
- Varicelle : « Si votre enfant a la varicelle ou si celle-ci est suspectée, il ne doit pas prendre d'ibuprofène ou de kétoprofène car les anti-inflammatoires non stéroïdiens augmentent le risque de complications infectieuses bactériennes » (Assurance Maladie).
- Déshydratation (vomissements, diarrhées importantes) : risque d'insuffisance rénale aiguë.
- Antécédent d'ulcère gastrique ou d'hémorragie digestive.
- Grossesse à partir du 6e mois (24 semaines d'aménorrhée).
Pour plus de détails sur les contre-indications, consultez notre fiche ibuprofène.
Quel médicament prendre à la place ?
En cas de fièvre ou de douleur liées à une infection (rhume, angine, otite, bronchite, grippe, gastro-entérite, etc.), le paracétamol est le médicament de référence.
« Le paracétamol est le médicament de référence pour traiter une fièvre mal supportée ou les douleurs » (Assurance Maladie).
Si le paracétamol est contre-indiqué (allergie, maladie grave du foie), un AINS peut être envisagé, mais uniquement sur avis médical et pour une durée très courte : « 3 jours maximum en cas de fièvre » selon l'Assurance Maladie.
Que faire si vous avez déjà pris de l'ibuprofène avec une infection ?
« Si vous prenez un AINS alors que vous avez une infection et que les symptômes de cette infection persistent ou qu'ils s'aggravent, consultez immédiatement un médecin » (Assurance Maladie).