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Actualité santé· 22 septembre 2026

Alzheimer : un malade sur trois prend des médicaments à risque cognitif

Par Olivier Menir, docteur en pharmacie Publié le 23 septembre 2026 ✓ Contenu vérifié
Infographie : Alzheimer : un malade sur trois prend des médicaments à risque cognitif — 4 points clés
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Pourquoi on en parle À la suite de : Alzheimer : un malade sur trois prend encore des médicaments qui aggravent ses troubles (Actualité santé, 22 septembre 2026).

Un malade d'Alzheimer sur trois prendrait encore des médicaments à effet anticholinergique, une famille de substances susceptibles d'aggraver la confusion et les troubles de mémoire, selon des travaux relayés fin septembre 2026. Objectif de cet article : expliquer simplement ce que sont ces médicaments, pourquoi ils posent question chez les personnes atteintes d'Alzheimer, et ce qu'il convient de faire — sans jamais arrêter un traitement seul.

L'essentiel

  • Selon une étude relayée en septembre 2026, environ un patient Alzheimer sur trois prendrait un médicament à effet anticholinergique.
  • Ces substances bloquent l'action de l'acétylcholine, un messager chimique déjà déficitaire dans la maladie d'Alzheimer.
  • Elles peuvent aggraver la confusion, les troubles de mémoire et parfois la somnolence ou les chutes chez les personnes âgées.
  • Aucun arrêt ne doit être décidé seul : la réévaluation de l'ordonnance se fait avec le médecin ou le pharmacien.

Ce que montre cette étude

Selon des travaux relayés par la presse le 22 septembre 2026, près d'un malade d'Alzheimer sur trois continuerait à prendre un ou plusieurs médicaments à effet anticholinergique, alors que ces substances sont connues pour pouvoir aggraver les troubles cognitifs.

Ce constat interroge la façon dont les ordonnances des personnes âgées, souvent poly-traitées pour plusieurs pathologies, sont revues au fil du temps.

Qu'est-ce qu'un médicament à effet anticholinergique ?

L'acétylcholine est un messager chimique du cerveau impliqué notamment dans la mémoire, l'attention et la concentration.

Un médicament dit « anticholinergique » bloque, à des degrés divers, l'action de ce messager. Cet effet peut être recherché (par exemple pour soulager des spasmes digestifs) ou simplement être un effet secondaire d'un médicament prescrit pour une tout autre raison.

Chez une personne sans trouble cognitif, cet effet est souvent discret et transitoire. Chez une personne âgée ou déjà fragilisée sur le plan cognitif, il peut se manifester plus nettement :

  • trous de mémoire ou confusion inhabituelle
  • somnolence, ralentissement
  • bouche sèche, constipation, troubles urinaires
  • dans certains cas, un risque accru de chute

Pourquoi c'est particulièrement problématique dans la maladie d'Alzheimer

La maladie d'Alzheimer s'accompagne d'une perte progressive des neurones qui produisent justement de l'acétylcholine. C'est la raison pour laquelle certains traitements spécifiques de la maladie, comme le bromhydrate de galantamine, agissent au contraire en augmentant la quantité d'acétylcholine disponible dans le cerveau.

Ajouter un médicament à effet anticholinergique revient donc, en quelque sorte, à agir dans le sens inverse de ce que recherchent ces traitements. Cela peut :

  • accentuer la confusion ou les troubles de mémoire déjà présents
  • réduire l'efficacité perçue du traitement anti-Alzheimer
  • rendre plus difficile la distinction entre une aggravation de la maladie et un effet du médicament

Quels médicaments peuvent être concernés ?

Plusieurs classes de médicaments courants peuvent avoir un effet anticholinergique, parfois de façon peu connue du patient lui-même. Cela peut concerner, selon les cas :

  • certains antihistaminiques (allergie, sommeil)
  • certains traitements de la vessie hyperactive
  • certains antispasmodiques digestifs
  • certains antidépresseurs ou traitements psychiatriques anciens

Cette liste n'est pas à interpréter comme une liste à éviter soi-même : seul un professionnel de santé peut identifier, sur une ordonnance donnée, ce qui relève ou non de cette catégorie.

Que faire si vous ou un proche êtes concerné ?

Il n'est jamais recommandé d'arrêter ou de modifier seul un traitement, même en cas de doute sur un effet anticholinergique.

  • Faites le point sur l'ensemble des médicaments pris (ordonnances, automédication, compléments) lors d'une consultation avec le médecin traitant.
  • Le pharmacien peut également identifier les interactions ou effets anticholinergiques cumulés lors de la délivrance.
  • Toute apparition ou aggravation de confusion, de somnolence inhabituelle ou de troubles de mémoire chez un proche déjà suivi pour Alzheimer justifie d'en parler rapidement au médecin.
  • Attention au cumul de plusieurs médicaments à faible effet anticholinergique chacun, qui peut avoir un impact plus marqué que prévu : c'est justement ce que le médecin ou le pharmacien peut repérer en réexaminant l'ensemble de l'ordonnance.

Questions fréquentes

Faut-il arrêter un médicament anticholinergique si on est atteint d'Alzheimer ?

Non, pas de sa propre initiative. Seul le médecin traitant, éventuellement avec le pharmacien, peut évaluer si un médicament de l'ordonnance a un effet anticholinergique significatif et s'il existe une alternative adaptée à la situation.

Comment savoir si un médicament a un effet anticholinergique ?

Cette information ne figure pas toujours clairement sur la notice grand public. Le plus fiable est de faire le point avec le pharmacien ou le médecin en apportant l'ensemble des traitements pris, y compris ceux achetés sans ordonnance.

Les médicaments contre la maladie d'Alzheimer sont-ils concernés par ce risque ?

Non : les traitements spécifiques de la maladie d'Alzheimer, comme la galantamine, agissent à l'inverse en augmentant la disponibilité de l'acétylcholine. C'est justement pour cela que l'association avec un médicament à effet anticholinergique pose question et mérite d'être discutée avec un professionnel de santé.

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Questions fréquentes

Mon parent prend un médicament pour l'allergie et il a Alzheimer, dois-je l'arrêter ?

Non, ne jamais arrêter un médicament seul. Certains antihistaminiques peuvent avoir un effet anticholinergique, mais seul le médecin ou le pharmacien peut l'évaluer et proposer une alternative si nécessaire. Parlez-en lors de votre prochaine visite médicale.

Pourquoi les médicaments anticholinergiques sont-ils mauvais pour Alzheimer ?

Alzheimer provoque déjà une perte d'acétylcholine (un messager chimique du cerveau). Les médicaments anticholinergiques bloquent ce messager, ce qui peut aggraver la confusion et les troubles de mémoire, et réduire l'efficacité des traitements contre Alzheimer.

Comment savoir si un de mes médicaments a cet effet ?

La notice ne le mentionne pas toujours clairement. Le plus fiable est de montrer tous vos médicaments (ordonnances et sans ordonnance) à votre pharmacien ou médecin, qui pourra vous le dire.

Quels symptômes doivent m'alerter chez un proche ?

Une aggravation soudaine de la confusion, de la somnolence inhabituelle ou des troubles de mémoire justifie de contacter rapidement le médecin, car cela peut provenir d'un effet médicamenteux.

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