Dr Badaoui Antoine
dermatologue et vénérologue 26 RUE LAFERRIERE75009 Paris Conventionné
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Guide médical
Le zona correspond à la réactivation du virus varicelle-zona resté dans l'organisme après une varicelle. Il provoque le plus souvent des douleurs, brûlures ou picotements, puis des vésicules groupées sur une zone limitée à un côté du corps. Le diagnostic est habituellement clinique. Une consultation précoce permet d'évaluer la localisation, l'étendue, la douleur et les facteurs de fragilité afin de décider si un antiviral est indiqué.
Après une varicelle, le virus varicelle-zona persiste à l'état latent dans certains ganglions nerveux. Il peut se réactiver des années plus tard et suivre le trajet d'un nerf jusqu'à la peau. Cette réactivation est plus fréquente avec l'âge ou lorsque les défenses immunitaires sont diminuées, mais elle peut survenir chez un adulte plus jeune sans cause évidente.
Le zona n'est donc pas une nouvelle varicelle attrapée à l'extérieur. La personne atteinte peut toutefois transmettre le virus par contact direct avec le liquide des vésicules à une personne qui n'a jamais eu la varicelle et n'est pas immunisée. Cette personne développera une varicelle, pas directement un zona. Le risque diminue lorsque toutes les lésions sont croûtées.
La douleur précède parfois l'éruption de quelques heures ou quelques jours. Elle peut prendre la forme d'une brûlure, d'une hypersensibilité au toucher, de démangeaisons ou de décharges électriques. Des plaques rouges puis de petites vésicules apparaissent en bouquet. Elles suivent habituellement une bande limitée et ne franchissent pas la ligne médiane du corps.
Le thorax et l'abdomen sont des localisations fréquentes. Le visage peut aussi être touché. Une douleur isolée avant l'éruption peut être difficile à interpréter et imiter une douleur dentaire, cardiaque ou abdominale selon sa localisation. Inversement, toutes les éruptions vésiculeuses ne sont pas des zonas : un examen médical permet d'écarter un herpès, un eczéma infecté ou une autre cause.
Le médecin interroge sur le début de la douleur, l'apparition des lésions, les traitements en cours et les maladies pouvant diminuer l'immunité. L'aspect des vésicules et leur distribution sur le territoire d'un nerf suffisent le plus souvent. Aucun examen complémentaire n'est alors nécessaire.
Un prélèvement peut être discuté lorsque l'aspect est atypique, lorsque les lésions sont disséminées ou chez une personne immunodéprimée. Le médecin recherche surtout les localisations à risque et mesure l'intensité de la douleur. En cas d'atteinte du haut du visage, un examen ophtalmologique peut être nécessaire, car une complication de l'œil ne se juge pas seulement sur l'apparence de la peau.
Les soins locaux visent à garder la peau propre, limiter le grattage et prévenir une surinfection. Les vésicules ne doivent pas être percées. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens et l'aspirine ne doivent pas être pris en automédication pour cette situation.
Le traitement antiviral est notamment envisagé selon l'âge, la localisation, l'étendue, le délai depuis le début de l'éruption et l'état immunitaire. Le choix de l’antiviral et sa dose relèvent du prescripteur, notamment en cas d’insuffisance rénale.
La plupart des lésions cutanées sèchent puis cicatrisent en quelques semaines. Chez certaines personnes, surtout après 50 ans et lorsque la douleur initiale était importante, une douleur neuropathique persiste après la disparition des boutons. On parle de douleur post-zostérienne. Elle peut être continue ou provoquée par un simple contact avec les vêtements.
Cette douleur ne doit pas conduire à multiplier seul les antalgiques. Le médecin peut proposer des traitements adaptés aux douleurs neuropathiques ou, dans certaines situations, des traitements locaux. Un suivi est utile pour évaluer le sommeil, l'autonomie et l'efficacité réelle du traitement. Une douleur persistante n'indique pas que la personne reste contagieuse si les lésions sont complètement cicatrisées.
Il est recommandé de se laver les mains après avoir touché la zone, de ne pas partager le linge ayant été en contact avec les lésions et de couvrir celles-ci par un vêtement ou un pansement non adhérent lorsque cela est possible. Évitez le contact direct des vésicules avec une femme enceinte non immunisée, un nouveau-né ou une personne immunodéprimée.
Les personnes exposées et fragiles doivent demander rapidement un avis médical, car une prévention spécifique peut être envisagée selon leur immunité et le délai depuis le contact. La contagiosité concerne surtout le liquide des vésicules ; elle cesse lorsque toutes les lésions sont sèches et croûtées. Le médecin peut préciser les règles adaptées au travail ou à la vie en collectivité.
La vaccination réduit le risque de zona et de douleurs post-zostériennes, sans garantir une protection absolue. Le calendrier vaccinal français recommande actuellement le vaccin recombinant chez les personnes immunocompétentes à partir de 65 ans, y compris après un épisode antérieur, ainsi que chez les adultes immunodéprimés à partir de 18 ans selon leur situation.
Le calendrier et l'intervalle peuvent être adaptés lorsqu'une immunosuppression est prévue. Une vaccination passée ou un antécédent de zona ne dispensent donc pas automatiquement d'en parler avec un professionnel. Les recommandations évoluent: l'éligibilité et la prise en charge doivent être vérifiées au moment de la prescription ou de la vaccination.
Le zona peut transmettre le virus varicelle-zona par contact avec le liquide des vésicules. Une personne non immunisée peut alors développer une varicelle. Le risque cesse lorsque toutes les lésions sont croûtées.
Oui, un avis précoce est utile, car l'indication d'un antiviral dépend notamment de la localisation, du terrain et du délai. Un zona du visage ou survenant chez une personne immunodéprimée doit être évalué rapidement.
Cela dépend de la localisation, de la possibilité de couvrir les lésions, du métier et des personnes côtoyées. Le médecin précise les précautions et un éventuel arrêt, notamment au contact de personnes fragiles.
Une nouvelle éruption doit être examinée pour confirmer le diagnostic et rechercher un facteur favorisant.
Elle peut être recommandée malgré un épisode antérieur, notamment à partir de 65 ans ou en cas d'immunodépression. Le délai et l'indication sont à vérifier avec un professionnel de santé.
Non. Une douleur post-zostérienne correspond à une atteinte nerveuse persistante. La contagiosité est liée aux vésicules actives et cesse lorsque toutes les lésions sont sèches et croûtées.