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Zona ophtalmique : signes, urgence oculaire, traitement et suivi

Le zona ophtalmique est une réactivation du virus varicelle-zona dans la branche ophtalmique du nerf trijumeau, qui assure notamment la sensibilité du front, de la paupière supérieure, du nez et de plusieurs structures de l’œil. [3] Il se manifeste habituellement par une éruption douloureuse d’un seul côté du front ou du visage, mais le terme ne signifie pas que l’œil est nécessairement atteint. [3] [4] Une atteinte oculaire apparaît chez environ la moitié des personnes concernées et peut menacer durablement la vision. [2] [4] Une éruption évocatrice dans cette zone nécessite donc une évaluation ophtalmologique urgente, même si aucun trouble visuel n’est encore ressenti. [2] [4]

Pourquoi le zona peut-il atteindre le front et l’œil ?

Après une varicelle, le virus reste inactif dans des ganglions nerveux sensitifs pendant une durée parfois très longue. [1] [3] Lorsque l’immunité qui le maintient à l’état latent diminue, le virus peut se réactiver et progresser le long d’un nerf sous la forme d’un zona. [2] [3] Dans le zona ophtalmique, cette réactivation concerne la première branche du nerf trijumeau, appelée V1. [2] [4] L’âge et l’immunodépression augmentent le risque de zona, mais la maladie peut aussi survenir chez une personne sans immunodépression connue. [3] [4]

Quels sont les signes du zona ophtalmique ?

Des douleurs, des brûlures, des picotements ou une sensibilité anormale du front peuvent précéder l’éruption. [1] [3] L’éruption forme ensuite des vésicules douloureuses sur le front, la paupière supérieure ou le nez, généralement d’un seul côté et sans franchir la ligne médiane. [2] [3] Une lésion sur la pointe du nez, appelée signe de Hutchinson, indique un risque accru d’atteinte oculaire, mais son absence n’exclut pas une complication de l’œil. [2] [4] Les manifestations oculaires possibles comprennent une douleur ou une rougeur de l’œil, un larmoiement, une gêne à la lumière, une vision floue et un gonflement de la paupière. [1] [4] Plus rarement, une atteinte oculaire peut se manifester sans éruption cutanée, ce qui rend le diagnostic plus difficile. [4]

Quand faut-il demander une évaluation urgente ?

Une éruption vésiculeuse douloureuse d’un seul côté du front, de la paupière ou du nez doit conduire à une consultation ophtalmologique urgente afin de rechercher une atteinte de l’œil. [2] [4] Cette évaluation est particulièrement importante si l’éruption atteint la pointe du nez ou s’accompagne de douleur oculaire, de rougeur, de photophobie, de vision diminuée ou double, ou d’un mouvement anormal de l’œil. [4] L’absence initiale de gêne oculaire ne permet pas d’écarter une atteinte ultérieure, car certaines complications apparaissent après l’éruption. [4]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic est principalement clinique et repose sur l’aspect ainsi que la localisation de l’éruption, les douleurs associées et l’examen de l’œil. [2] [4] L’examen ophtalmologique peut notamment évaluer l’acuité visuelle, la cornée et les autres structures de l’œil à la lampe à fente, ainsi que la pression intraoculaire. [3] [4] Des prélèvements avec recherche du virus par PCR ou d’autres examens sont surtout envisagés lorsque les lésions sont atypiques ou que le diagnostic reste incertain. [2] [4] Une douleur isolée, une rougeur oculaire ou une éruption du visage peut avoir d’autres causes, de sorte que les symptômes ne permettent pas un autodiagnostic fiable. [4]

Quels sont les principes du traitement ?

Le traitement repose en premier lieu sur un antiviral systémique, généralement administré par voie orale, afin de limiter la multiplication du virus et le risque de complications oculaires. [1] [4] Son instauration précoce est importante et ne doit pas être retardée dans l’attente d’une confirmation biologique lorsque la présentation est évocatrice. [3] [4] Le choix de l’antiviral et de sa modalité d’administration dépend notamment de la gravité, de l’état immunitaire et des caractéristiques individuelles du patient. [3] [4] Une inflammation de la cornée ou de l’intérieur de l’œil peut nécessiter des collyres corticoïdes prescrits et surveillés par l’ophtalmologiste. [2] [4] Les corticoïdes ophtalmiques ne doivent pas être utilisés seuls en l’absence de traitement antiviral, car ils peuvent favoriser la réplication virale et des complications graves. [4] D’autres collyres peuvent être prescrits pour dilater la pupille, soulager certaines douleurs ou traiter une élévation de la pression intraoculaire. [1] [2] Une douleur persistante après la disparition de l’éruption, appelée névralgie post-zostérienne, peut nécessiter une prise en charge spécifique de la douleur neuropathique. [2] [4]

Quelles complications peuvent survenir ?

Le zona ophtalmique peut provoquer une conjonctivite, une kératite de la cornée, une uvéite ou une inflammation plus profonde de l’œil. [3] [4] La kératite et l’uvéite peuvent laisser des cicatrices, diminuer la transparence de la cornée et altérer la vision. [2] [4] L’inflammation peut aussi entraîner une augmentation de la pression dans l’œil, un glaucome ou une cataracte. [2] [3] Une diminution de la sensibilité de la cornée peut empêcher la perception d’une lésion et favoriser des ulcères difficiles à cicatriser. [1] [4] Des atteintes de la rétine ou du nerf optique sont plus rares, mais elles exposent à une perte visuelle sévère. [2] [3] Certaines personnes développent enfin une douleur nerveuse durable après la guérison de l’éruption. [1] [3]

Pourquoi le suivi ophtalmologique est-il important ?

Le suivi est adapté à la structure de l’œil atteinte et à la gravité de l’inflammation. [4] Il sert notamment à contrôler la cornée, l’inflammation intraoculaire, l’acuité visuelle et la pression dans l’œil. [3] [4] Une surveillance peut rester nécessaire après la phase aiguë, car une kératite, une uvéite, un glaucome, une cataracte ou une atteinte neurotrophique de la cornée peuvent apparaître tardivement ou récidiver. [2] [3] La fréquence des consultations dépend donc des constatations ophtalmologiques plutôt que d’un calendrier identique pour tous. [4]

Peut-on prévenir le zona ophtalmique ?

La vaccination contre le zona réduit le risque de zona et, par conséquent, celui de zona ophtalmique. [1] [4] Le vaccin recombinant a montré une forte efficacité contre le zona dans les populations adultes étudiées. [2] [4] Après un antécédent de zona ophtalmique, le moment de la vaccination doit être individualisé en tenant compte du contrôle de la maladie oculaire et de la situation immunitaire. [4] Les critères d’éligibilité et le calendrier applicables en France doivent être vérifiés avec un professionnel de santé au moment où la vaccination est envisagée. [4]

Sources et références

[3] Herpes Zoster Ophthalmicus - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

[4] Herpes Zoster Ophthalmicus: Presentation, Complications, Treatment, and Prevention

www.ebi.ac.uk · Version : 2024-06-04 · Consulté le 2026-09-16

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