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Tumeurs de la tête et du cou : distinctions, signes, diagnostic et traitements

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Les tumeurs de la tête et du cou forment une famille très hétérogène comprenant des lésions bénignes, précancéreuses et malignes. [2] [3] Le mot « tumeur » ne signifie donc pas systématiquement « cancer », même si les cancers constituent une partie importante de ce groupe. [2] [3] La localisation exacte et la nature microscopique de la lésion sont essentielles, car les symptômes, les examens, les traitements et le pronostic diffèrent fortement d'une tumeur à l'autre. [2] [1]

Quelles tumeurs sont concernées ?

Au sens large, les tumeurs de la tête et du cou peuvent toucher la cavité buccale, le pharynx, le larynx, les fosses nasales, les sinus, les glandes salivaires ou la thyroïde. [3] Certaines définitions excluent les tumeurs du cerveau, de la moelle épinière et de l'œsophage, qui relèvent alors d'autres familles anatomiques. [3] Dans les revues consacrées aux cancers de la tête et du cou, les localisations les plus souvent mises en avant sont le larynx, la cavité buccale et l'oropharynx. [1] Le nasopharynx, l'hypopharynx, les cavités naso-sinusiennes et les glandes salivaires font également partie des localisations décrites. [1]

Les tumeurs bénignes citées dans cette région comprennent notamment certains hémangiomes, schwannomes et paragangliomes. [2] Parmi les cancers, le carcinome épidermoïde est le type histologique le plus fréquent dans les voies aérodigestives supérieures. [2] [3] Une masse située dans cette région ne permet pas, à elle seule, de déterminer si la lésion est bénigne ou maligne. [2] [1]

Quels signes peuvent révéler un cancer de la tête et du cou ?

Les manifestations dépendent beaucoup de l'organe atteint et de l'étendue de la tumeur. [1] Les premiers signes possibles comprennent une masse du cou indolore, une ulcération douloureuse d'une muqueuse, une lésion visible dans la bouche, une modification persistante de la voix ou une difficulté à avaler. [1] Une douleur d'oreille peut parfois être une douleur projetée provenant d'une tumeur située ailleurs dans la tête ou le cou. [1] À un stade plus avancé peuvent apparaître une douleur, un engourdissement, une atteinte d'un nerf, une difficulté à ouvrir la bouche ou une mauvaise haleine. [1] Une douleur à la déglutition ou une perturbation de l'alimentation peut également entraîner une perte de poids. [1]

Un mal de gorge, un enrouement ou une douleur d'oreille inexpliqués qui persistent plus de deux à trois semaines doivent conduire à consulter un spécialiste ORL. [1] Ces symptômes ont de nombreuses causes possibles et ne permettent pas de conclure soi-même à la présence d'un cancer. [1]

Quels sont les principaux facteurs associés aux cancers ?

Le tabac et l'alcool sont des facteurs majeurs pour de nombreux carcinomes épidermoïdes de la tête et du cou. [1] [3] L'infection par le papillomavirus humain, ou HPV, est particulièrement associée à certains cancers de l'oropharynx. [1] [3] Le virus d'Epstein-Barr joue un rôle dans le cancer du nasopharynx. [1] L'exposition solaire prolongée est notamment associée aux cancers cutanés et au carcinome épidermoïde de la lèvre inférieure. [1] [3] Ces associations ne signifient pas qu'une personne exposée développera nécessairement un cancer, ni qu'un cancer possède toujours un facteur identifiable parmi ceux-ci. [1] [3]

Comment le diagnostic est-il établi ?

L'évaluation commence par l'histoire des symptômes et un examen clinique comprenant notamment l'inspection complète de la cavité buccale. [1] L'ORL peut examiner le larynx et le pharynx à l'aide d'un endoscope souple introduit par voie nasale. [1] Le diagnostic de certitude d'un cancer nécessite généralement une biopsie, c'est-à-dire le prélèvement d'un fragment ou de cellules pour analyse. [1] Pour une masse cervicale, une cytoponction peut être utilisée afin de prélever des cellules avec une aiguille fine. [1] Selon la localisation, une lésion de la bouche peut être biopsiée directement tandis qu'une lésion du nasopharynx, de l'oropharynx ou du larynx est généralement prélevée sous endoscopie. [1]

La tomodensitométrie, l'IRM ou la TEP couplée à la tomodensitométrie peuvent servir à évaluer la tumeur, les structures voisines et les ganglions cervicaux. [1] Le stade tient compte de la taille et de la localisation de la tumeur, de l'atteinte des ganglions et de la présence éventuelle de métastases à distance. [1] Pour un cancer de l'oropharynx, le statut HPV intervient également dans la classification et l'évaluation pronostique. [1] Les biomarqueurs étudiés dans le sang, la salive ou l'haleine ne remplacent pas actuellement l'examen clinique, l'imagerie et la biopsie pour diagnostiquer l'ensemble de ces tumeurs. [3] [1]

Quels traitements peuvent être proposés ?

Pour les cancers de la tête et du cou, les principaux traitements sont la chirurgie et la radiothérapie, utilisées seules ou en association. [1] Une chimiothérapie peut être ajoutée dans certaines situations, notamment dans des traitements combinés de maladies avancées. [1] Le choix dépend du site d'origine, du stade, de l'atteinte des structures voisines, des conséquences fonctionnelles attendues et de l'état de la personne. [1] Un traitement qui convient à une tumeur précoce de la cavité buccale ne peut pas être généralisé à une tumeur du larynx, du nasopharynx ou des glandes salivaires. [1] [2] La complexité de ces cancers justifie une planification associant plusieurs disciplines médicales et paramédicales. [1]

Les équipes peuvent notamment réunir des chirurgiens ORL, des oncologues, des radiothérapeutes, des radiologues, des anatomopathologistes, des dentistes, des orthophonistes et des professionnels de la nutrition. [1] La reconstruction chirurgicale peut contribuer à restaurer l'apparence ainsi que des fonctions telles que la parole, la mastication ou la déglutition. [1] Le contrôle de la douleur, des difficultés d'alimentation et des problèmes liés aux sécrétions fait également partie des soins. [1]

Quels effets indésirables doivent être anticipés ?

La chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie peuvent toutes entraîner des complications ou des séquelles. [1] La radiothérapie peut provoquer une inflammation des muqueuses, une sécheresse de la bouche, une atteinte cutanée et des troubles du goût ou de l'odorat. [1] La sécheresse buccale après irradiation des glandes salivaires augmente le risque de caries. [1] Une évaluation et les soins dentaires nécessaires doivent donc être intégrés à la préparation d'une radiothérapie de cette région. [1] L'association d'une chimiothérapie et d'une radiothérapie peut augmenter les toxicités aiguës, notamment les difficultés sévères à avaler. [1]

Évolution, récidive et suivi après traitement

Le pronostic varie fortement selon le site d'origine, la taille, la cause de la tumeur et la présence d'une atteinte ganglionnaire ou de métastases à distance. [1] Un diagnostic précoce suivi rapidement d'un traitement adapté est généralement associé à un pronostic plus favorable. [1] Ces cancers peuvent d'abord s'étendre localement, puis atteindre les ganglions du cou et, plus tardivement, former des métastases à distance. [1] Les cancers oropharyngés liés au HPV ont en général un meilleur pronostic que les tumeurs oropharyngées associées au tabac ou à l'alcool. [1]

Après un traitement, l'apparition au niveau du site initial d'une masse palpable ou d'une ulcération accompagnée d'un gonflement ou d'une douleur peut faire suspecter une persistance ou une récidive. [1] Cette situation nécessite une évaluation médicale et peut conduire à réaliser une tomodensitométrie ou une IRM. [1]

Peut-on réduire le risque ?

L'arrêt du tabac et la limitation de la consommation d'alcool réduisent l'exposition à deux facteurs majeurs de nombreux cancers de la tête et du cou. [1] Après un cancer, agir sur ces facteurs contribue également à prévenir une récidive. [1] Les vaccins contre le HPV ciblent certaines souches impliquées dans les cancers oropharyngés et devraient contribuer à en réduire l'incidence. [1] La protection solaire et l'arrêt du tabac participent à la prévention du cancer de la lèvre inférieure. [1] Une attention régulière portée à l'état de la bouche peut favoriser le repérage de lésions visibles avant l'apparition de symptômes plus avancés. [1]

Sources et références

[2] Endoglin in head and neck neoplasms

www.ebi.ac.uk · Version : 2023-02-10 · Consulté le 2026-09-16

[3] A Literature Review of the Potential Diagnostic Biomarkers of Head and Neck Neoplasms

www.ebi.ac.uk · Version : 2020-06-26 · Consulté le 2026-09-16

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Spécialités médicales concernées

Chirurgien maxillo-facial
Radiothérapeute
Chirurgie digestive, générale et oncologique