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Silicose : causes, symptômes, diagnostic, traitement et prévention

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La silicose est une maladie pulmonaire provoquée par l’inhalation de poussières respirables de silice cristalline, généralement du quartz. [2] Ces particules entraînent la formation de nodules et d’un tissu cicatriciel permanent dans les poumons, appelé fibrose pulmonaire. [1] La maladie peut rester silencieuse pendant des années ou évoluer vers un essoufflement, une insuffisance respiratoire et d’autres complications. [2]

Comment l’exposition à la silice endommage-t-elle les poumons ?

Les poussières les plus dangereuses sont suffisamment fines pour atteindre les petites voies respiratoires et les alvéoles pulmonaires. [2] Dans les poumons, les macrophages, qui sont des cellules immunitaires chargées d’éliminer les particules, englobent la silice et libèrent des substances favorisant l’inflammation et la fibrose. [2] Lorsque l’exposition est plus intense ou plus prolongée, les nodules peuvent fusionner et provoquer une fibrose progressive ainsi qu’un dysfonctionnement pulmonaire. [2] Dans les formes avancées, cette fusion peut former de grandes masses de tissu fibreux, désignées sous le nom de fibrose massive progressive. [2]

Le risque et la gravité de la silicose dépendent notamment de la durée et de l’intensité de l’exposition ainsi que des caractéristiques des particules. [2] Les activités particulièrement exposantes comprennent les mines, les carrières, la taille de pierre, la construction, le sablage, la verrerie, la fonderie, la céramique et la poterie. [2] Des formes sévères ont également été observées chez des personnes travaillant dans la fabrication ou la transformation de pierre artificielle ou reconstituée. [2] La silice amorphe, présente notamment dans le verre ou la terre de diatomée, n’a pas la structure cristalline responsable de la silicose. [2]

Quelles sont les différentes formes de silicose ?

La silicose chronique est la forme la plus fréquente et apparaît généralement plusieurs décennies après le début de l’exposition. [2] Elle peut être simple, avec des nodules séparés, ou compliquée lorsque les nodules fusionnent et forment une fibrose massive progressive. [2] La silicose accélérée ressemble à la forme chronique mais se développe plus rapidement après des expositions élevées. [2] La silicose aiguë, aussi appelée silicoprotéinose aiguë, peut survenir après une exposition très intense pendant une période beaucoup plus courte. [2]

Quels sont les symptômes de la silicose ?

Une silicose chronique peut ne provoquer aucun symptôme pendant plusieurs années. [2] Lorsqu’ils apparaissent, les symptômes habituels sont un essoufflement progressif et une toux. [2] L’essoufflement peut d’abord se manifester pendant l’activité, puis être présent au repos lorsque l’atteinte s’aggrave. [1] Les personnes présentant une fibrose massive progressive peuvent développer des symptômes respiratoires chroniques sévères. [2]

La silicose aiguë se caractérise notamment par une aggravation rapide de l’essoufflement, une fatigue et une perte de poids. [2] Un manque d’oxygène dans le sang et une insuffisance respiratoire sont fréquents dans cette forme aiguë. [2] Ces manifestations peuvent être confondues avec celles d’une infection pulmonaire, ce qui interdit de conclure à une silicose à partir des seuls symptômes. [2]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic repose sur l’association d’antécédents d’exposition à la silice et d’anomalies compatibles à l’imagerie du thorax. [2] L’entretien médical recherche les métiers et les tâches exposantes, la durée de l’exposition, les protections utilisées et la chronologie des symptômes. [2] La radiographie thoracique peut montrer les anomalies caractéristiques de la maladie. [2] La tomodensitométrie thoracique est plus sensible que la radiographie pour détecter la silicose et en surveiller l’évolution. [2]

Les épreuves fonctionnelles respiratoires évaluent le fonctionnement des poumons, mais leurs résultats peuvent être normaux ou montrer des anomalies obstructives, restrictives ou mixtes selon le stade. [2] D’autres maladies peuvent ressembler à une silicose sur l’imagerie, notamment la sarcoïdose, la tuberculose miliaire, certaines infections fongiques et des cancers ayant atteint les poumons. [2] Des examens complémentaires peuvent donc être nécessaires pour rechercher une tuberculose, un cancer ou une autre maladie pulmonaire. [2]

Quels sont les principes du traitement ?

La prise en charge commence par la suppression de toute exposition supplémentaire à la silice. [2] Les conséquences professionnelles de cette suppression doivent néanmoins être prises en compte avec les mesures destinées à réduire l’exposition, en particulier lorsque la maladie est précoce et légère. [2] Il n’existe pas de traitement spécifique dont l’efficacité soit prouvée contre la silicose chronique. [2] Le traitement est donc principalement destiné à soulager les symptômes, maintenir les capacités quotidiennes et prendre en charge les complications. [2]

En présence d’une obstruction des voies respiratoires, des bronchodilatateurs ou des corticoïdes inhalés peuvent apporter un bénéfice. [2] Le taux d’oxygène dans le sang est surveillé et un manque d’oxygène est traité lorsqu’il est présent. [2] La réhabilitation respiratoire peut aider à mieux accomplir les activités de la vie quotidienne. [2] Les infections, dont la tuberculose, doivent être traitées rapidement. [2] Une transplantation pulmonaire peut être envisagée chez certaines personnes ayant atteint un stade terminal de la maladie pulmonaire. [2]

Quelles complications doivent être surveillées ?

La silicose augmente le risque d’infections dues à des mycobactéries, notamment la tuberculose. [2] L’exposition à la silice est également associée à un risque accru de bronchopneumopathie chronique obstructive, qui comprend notamment l’emphysème et la bronchite chronique. [2] La silice cristalline est classée comme cancérogène pulmonaire humain de groupe 1 par le Centre international de recherche sur le cancer. [2] La silicose est ainsi associée à une augmentation du risque de cancer du poumon. [2] L’exposition à la silice cristalline est aussi associée à certaines maladies auto-immunes, dont la polyarthrite rhumatoïde et la sclérodermie. [2] Dans les formes évoluées, une hypertension pulmonaire, une insuffisance respiratoire ou une insuffisance du ventricule droit du cœur peuvent se développer. [2]

Comment prévenir l’aggravation et organiser le suivi ?

La prévention repose avant tout sur l’élimination ou la réduction de l’exposition aux poussières de silice respirable. [2] Les contrôles techniques de l’environnement de travail constituent la mesure de prévention primaire la plus efficace. [2] Les protections respiratoires ne remplacent pas ces contrôles et doivent s’intégrer à un programme complet de maîtrise de l’exposition. [2] Une surveillance médicale peut contribuer à identifier la maladie à un stade précoce. [2]

Le suivi d’une personne exposée ou atteinte de silicose tient compte des symptômes, de l’imagerie, de la fonction respiratoire et du taux d’oxygène selon la situation clinique. [2] La surveillance doit également prendre en considération le risque de tuberculose et d’autres infections mycobactériennes. [2] Le sevrage tabagique et les vaccinations contre le pneumocoque, la grippe et la COVID font partie des mesures proposées pour réduire le risque de complications. [2]

Sources et références

[2] Silicose - Pneumologie - Édition professionnelle du Manuel MSD

Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13

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