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Sclérose de Mönckeberg : définition, détection et différence avec l’athérosclérose

La sclérose de Mönckeberg, également appelée médiacalcose artérielle ou calcification artérielle médiale, correspond à la présence de dépôts calcifiés dans la couche moyenne de la paroi des artères musculaires. [2] Selon les définitions retenues dans la littérature, la calcification peut également concerner la lame élastique interne qui sépare les couches interne et moyenne de l’artère. [2] Cette affection ne doit pas être confondue avec l’athérosclérose, même si les deux anomalies peuvent coexister dans une même artère. [2]

Quelle partie de l’artère est atteinte ?

La paroi d’une artère comprend trois couches principales : l’intima au contact du sang, la média contenant notamment des cellules musculaires lisses, et l’adventice formée de tissu conjonctif, de collagène et de fibres élastiques. [2] Dans la sclérose de Mönckeberg, la calcification siège principalement dans la média, contrairement à la plaque d’athérosclérose qui se forme dans l’intima et comporte notamment des lipides. [2] La sclérose de Mönckeberg fait partie des calcifications vasculaires, une famille qui comprend aussi la calcification des plaques d’athérosclérose, celle des valves cardiaques et la calciphylaxie. [2]

Différences avec l’artériosclérose et l’athérosclérose

Le mot artériosclérose est un terme général désignant le durcissement ou la rigidification de la paroi artérielle. [2] Il peut englober plusieurs affections distinctes, notamment l’athérosclérose, l’artériolosclérose et la sclérose de Mönckeberg. [2] L’athérosclérose est une maladie inflammatoire chronique caractérisée par la formation de plaques dans l’intima des artères de moyen et de gros calibre. [2] Ces plaques peuvent réduire le calibre intérieur de l’artère ou favoriser une obstruction aiguë par un caillot. [2] À l’inverse, la sclérose de Mönckeberg est classiquement décrite comme non obstructive et ne rétrécissant pas directement la lumière artérielle. [2] Son caractère habituellement non obstructif n’exclut toutefois pas la présence simultanée de plaques d’athérosclérose responsables d’un rétrécissement. [2]

Dans quels contextes survient-elle ?

La sclérose de Mönckeberg est notamment associée à l’âge avancé, au diabète et à la maladie rénale chronique. [2] Elle est généralement rare avant 50 ans, mais peut apparaître plus tôt chez les personnes atteintes d’une maladie rénale chronique, y compris en l’absence de lésions d’athérosclérose. [2] L’âge avancé et le diabète sont aussi des facteurs communs à la sclérose de Mönckeberg et aux lésions athéroscléreuses calcifiées. [2] La présence d’un de ces contextes associés ne suffit donc pas, à elle seule, à déterminer le type exact de calcification artérielle. [2]

Comment la calcification peut-elle être détectée ?

La sclérose de Mönckeberg peut produire des images de calcification visibles sur une radiographie, une radioscopie ou d’autres examens d’imagerie vasculaire. [2] Sur une tomodensitométrie, il peut néanmoins être difficile de déterminer si une calcification se situe dans l’intima, comme dans une plaque d’athérosclérose, ou dans la média. [2] L’index de pression systolique, aussi appelé index cheville-bras, est un examen non invasif qui compare des mesures de pression au niveau de la cheville et du bras. [2] Une valeur anormalement élevée de cet index peut suggérer une sclérose de Mönckeberg, car la calcification rend les artères distales difficiles à comprimer avec le brassard de mesure. [2] Cette difficulté de compression peut donner un résultat faussement élevé, notamment chez une personne diabétique présentant une ischémie du membre inférieur. [2] L’index cheville-bras ne permet donc pas, isolément, de conclure à la présence ou à l’absence d’une obstruction artérielle chez tous les patients. [2]

Quelle est sa portée clinique ?

La sclérose de Mönckeberg a été associée à une augmentation de la morbidité et de la mortalité cardiovasculaires, mais une association statistique ne signifie pas que la calcification est, à elle seule, la cause d’un événement chez une personne donnée. [2] Une étude de cohorte menée chez des adultes sans antécédent cardiovasculaire a notamment suggéré une association possible entre un index cheville-bras au moins égal à 1,4 et un risque accru de mortalité cardiovasculaire. [2] La calcification médiale peut également compliquer certains gestes vasculaires, notamment la cathétérisation, l’angioplastie, le clampage ou la réalisation d’une anastomose chirurgicale. [2] Dans les artères situées sous l’aine, les calcifications vasculaires peuvent rendre une tentative de réouverture plus difficile et augmenter les risques techniques de perforation, de dissection ou d’embolisation distale. [2]

Quand une douleur thoracique constitue-t-elle une urgence ?

Toute douleur thoracique nécessite un avis médical, quelle que soit sa cause supposée. [1] Une douleur brutale, intense ou constrictive, qui dure plus de cinq minutes, ne disparaît pas au repos, s’étend vers la mâchoire, les bras, le dos, le cou ou l’abdomen, ou devient plus vive à la respiration fait partie des signes d’alerte. [1] L’essoufflement, une respiration difficile, une pâleur, des lèvres bleues, des sueurs, des nausées, des vertiges, une faiblesse inhabituelle, des palpitations ou un trouble de la conscience sont également des signes à prendre en compte. [1] Lorsque plusieurs de ces signes sont associés, il peut s’agir d’une urgence vitale et il faut appeler sans attendre le 15 ou le 112. [1] Ces repères concernent les douleurs thoraciques en général et ne permettent pas d’attribuer les symptômes à une sclérose de Mönckeberg. [1] [2]

Sources et références

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Spécialités médicales concernées

Chirurgien vasculaire
Médecin vasculaire, angiologue, phlébologue