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Rhinophyma : signes, diagnostic, traitements et évolution

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ORL et chirurgie plastique par ville

Le rhinophyma est une forme avancée de rosacée qui provoque un épaississement progressif des tissus mous du nez. [1] [2] La peau et les glandes sébacées augmentent de volume, tandis que la structure osseuse et cartilagineuse sous-jacente reste habituellement inchangée. [1] [2] Cette affection peut modifier fortement l’apparence du nez, gêner la respiration dans les formes sévères et avoir un retentissement psychologique ou social important. [1] [2]

Comment reconnaître un rhinophyma ?

Le rhinophyma touche surtout les deux tiers inférieurs du nez, notamment la pointe, les ailes du nez et la partie distale de son dos. [1] [2] Il associe à des degrés variables une peau épaissie, une augmentation du volume nasal, une surface irrégulière, des nodules ou des lobules donnant un aspect bulbeux. [2] Une rougeur persistante et de petits vaisseaux sanguins visibles, appelés télangiectasies, peuvent accompagner ces modifications. [1] [2] Les formes débutantes peuvent se limiter à des pores dilatés et à un léger épaississement sans modification importante du contour nasal. [1] [2] Lorsque la maladie progresse, l’épaississement devient plus marqué et des lobules ou des nodules proéminents peuvent déformer le nez. [1] [2] Dans une forme sévère, l’épaississement des ailes du nez peut rétrécir les valves nasales externes et entraîner une obstruction respiratoire. [1] [2]

Quel est le lien avec la rosacée ?

Le rhinophyma appartient aux manifestations dites phymateuses de la rosacée, caractérisées par un épaississement irrégulier de la peau et une augmentation de volume. [1] [2] La rosacée peut également provoquer des rougeurs transitoires ou persistantes du centre du visage, des papules, des pustules et des vaisseaux visibles. [1] [2] Les mécanismes précis du rhinophyma restent imparfaitement compris, mais une inflammation chronique, un œdème, une augmentation de la vascularisation et une fibrose semblent participer à son développement. [1] [2] Le rhinophyma est observé beaucoup plus souvent chez les hommes et apparaît principalement après 50 ans dans les populations décrites par les études disponibles. [1] [2] La consommation excessive d’alcool n’est pas une cause démontrée du rhinophyma, malgré une association historique erronée qui entretient parfois une stigmatisation. [1] [2]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic repose principalement sur l’examen clinique de l’aspect, de la localisation et de l’importance de l’épaississement nasal. [1] [2] Il n’existe pas de prise de sang ni d’examen d’imagerie spécifique nécessaire pour identifier un rhinophyma typique. [1] Le professionnel de santé apprécie aussi la sévérité en recherchant l’épaisseur de la peau, les changements de contour, les lobules, les fissures et une éventuelle obstruction nasale. [1] [2] Une analyse histologique d’un prélèvement peut confirmer la nature des tissus et rechercher une autre lésion. [1] [2] Certaines tumeurs cutanées peuvent imiter un rhinophyma ou rester dissimulées dans une zone déjà déformée. [1] [2] L’examen médical doit donc distinguer le rhinophyma d’autres causes d’augmentation du volume nasal et écarter une lésion maligne sous-jacente. [1] [2]

Quels sont les principes du traitement ?

Le choix du traitement dépend de la sévérité, de la gêne fonctionnelle, des objectifs du patient et de l’expérience du praticien. [1] [2] Une surveillance peut être discutée pour certaines formes légères sans déformation importante ni gêne fonctionnelle. [1] Les médicaments utilisés contre la rosacée peuvent réduire certaines manifestations inflammatoires, mais leur action sur un rhinophyma installé reste limitée. [1] [2] Le traitement principal d’un épaississement constitué consiste généralement à retirer l’excès de tissu puis à remodeler le contour du nez. [1] [2] Les techniques possibles comprennent notamment l’excision au scalpel, l’électrochirurgie, la radiofréquence, la dermabrasion et différents lasers. [1] [2] Certaines interventions enlèvent superficiellement les tissus tout en préservant les structures cutanées nécessaires à la cicatrisation. [1] [2] Une reconstruction plus complexe peut être envisagée dans les formes très sévères, après un traitement antérieur insuffisant ou lorsqu’un défaut de soutien du nez participe à l’obstruction. [2] Les techniques d’excision ont l’avantage de fournir un fragment de tissu pour l’analyse anatomopathologique, contrairement aux méthodes qui détruisent complètement le tissu traité. [1] [2]

Quels résultats et quels risques attendre des interventions ?

Les interventions peuvent améliorer le contour du nez, la gêne respiratoire lorsqu’elle existe et le bien-être psychologique. [1] [2] Aucune technique chirurgicale ou laser n’est reconnue comme idéale pour toutes les situations. [1] [2] Les risques rapportés comprennent notamment une cicatrice visible, une modification de la pigmentation, une irrégularité du contour, une brûlure ou une lésion thermique des tissus. [1] [2] Une ablation trop profonde peut ralentir la cicatrisation en détruisant les structures cutanées qui permettent la réépithélialisation. [1] Une rougeur et une cicatrisation prolongées peuvent survenir après le geste, avec une durée variable selon la technique employée. [1] [2] Les données comparant les traitements proviennent surtout d’études rétrospectives et de séries de cas, sans essai randomisé permettant de désigner avec certitude une méthode supérieure. [2]

Le rhinophyma peut-il revenir ou être prévenu ?

Une récidive est possible après le retrait des tissus, mais sa fréquence à long terme reste difficile à préciser en raison du nombre limité d’études prolongées. [1] [2] La prise en charge de la rosacée peut atténuer ses symptômes, mais il n’est pas démontré qu’elle empêche la progression vers un rhinophyma. [1] La chaleur, le froid extrême, les ultraviolets, le stress, l’alcool, les boissons chaudes et les aliments épicés figurent parmi les facteurs rapportés comme susceptibles d’accentuer les rougeurs de la rosacée. [1] [2] Limiter les facteurs qui déclenchent personnellement les poussées peut aider à contrôler la rosacée, sans constituer une prévention démontrée du rhinophyma. [1] [2]

Quand demander une évaluation médicale ?

Une augmentation progressive du volume du nez, l’apparition de nodules ou une modification persistante de sa peau justifient une évaluation médicale afin d’en déterminer la cause. [1] [2] Cette évaluation est particulièrement importante lorsqu’une lésion est inhabituelle, car une tumeur cutanée peut imiter un rhinophyma ou s’y dissimuler. [1] [2] Une gêne respiratoire nasale doit également être signalée, car elle peut traduire une obstruction liée à un rhinophyma sévère et modifier le choix du traitement. [1] [2] Le retentissement sur l’image de soi, les relations sociales ou la volonté de sortir mérite d’être abordé pendant la consultation, car il fait partie des conséquences reconnues de la maladie. [1] [2]

Sources et références

[1] Rhinophyma - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

[2] Rhinophyma: Prevalence, Severity, Impact and Management

www.ebi.ac.uk · Version : 2020-08-11 · Consulté le 2026-09-16

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