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Mésothéliome : localisations, symptômes, diagnostic et principes de prise en charge

Le mésothéliome malin est un cancer primitif du mésothélium, une membrane qui tapisse notamment la plèvre autour des poumons et le péritoine dans l’abdomen. [5] [6] Jusqu’à 90 % des mésothéliomes malins apparaissent dans la plèvre, tandis que la plupart des autres touchent le péritoine et que les localisations du péricarde ou de la tunique vaginale sont rares. [6] Les symptômes, les examens et la prise en charge ne sont donc pas identiques pour toutes les localisations. [7] [6]

Quel est le lien entre le mésothéliome et l’amiante ?

La grande majorité des mésothéliomes malins est liée à une exposition à l’amiante. [6] Le risque augmente avec le niveau d’exposition, mais des cas peuvent aussi survenir après une faible exposition. [6] La maladie se développe habituellement plusieurs décennies après l’exposition, avec une latence généralement décrite entre 30 et 50 ans. [6] L’exposition peut être professionnelle, para-professionnelle lorsque des fibres sont rapportées au domicile, ou environnementale. [2] [6] Le tabagisme n’est pas considéré comme une cause du mésothéliome et le risque associé à l’amiante est indépendant des antécédents de tabagisme. [5] [6]

Quels sont les symptômes possibles ?

Un mésothéliome peut ne provoquer aucun signe aux premiers stades. [7] Les manifestations dépendent notamment de la membrane dans laquelle le cancer a pris naissance et de son extension aux tissus voisins. [7] [6]

Dans le mésothéliome pleural, les manifestations fréquentes comprennent un essoufflement, une douleur thoracique persistante et une toux persistante ou sèche. [1] [6] [7] L’essoufflement peut être lié à un épanchement pleural, c’est-à-dire à une accumulation de liquide autour du poumon. [7] [6] Une extension aux structures voisines peut entraîner une voix enrouée, des difficultés à avaler ou des douleurs plus importantes. [5] [6] [7]

Le mésothéliome péritonéal peut provoquer une douleur ou un gonflement de l’abdomen, une ascite, des nausées, une perte d’appétit, une constipation, une perte de poids ou une fatigue. [7] Ces symptômes peuvent également avoir de nombreuses autres causes et ne permettent pas, à eux seuls, de diagnostiquer un mésothéliome. [1] [7]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Pour un mésothéliome pleural, l’évaluation tient compte des antécédents d’exposition à l’amiante, de l’imagerie du thorax et de l’analyse de prélèvements. [6] La radiographie peut montrer un épaississement de la plèvre, un épanchement pleural ou une diminution du volume du côté atteint. [6] La tomodensitométrie, aussi appelée scanner, visualise plus précisément les modifications de la plèvre et l’étendue de la maladie. [6] Une IRM ou une TEP-TDM peut compléter ce bilan afin de rechercher une extension plus importante. [6]

L’analyse du liquide pleural peut être réalisée, mais elle ne suffit généralement pas à confirmer le diagnostic. [6] Une biopsie pleurale est habituellement nécessaire pour examiner le tissu et rechercher les caractéristiques histologiques et immunohistochimiques du mésothéliome. [6] Même avec une biopsie, la distinction entre un mésothéliome et certaines autres tumeurs peut être difficile. [6]

Quels sont les principes des traitements du mésothéliome pleural ?

Les principes thérapeutiques disponibles ici concernent principalement le mésothéliome pleural et associent, selon la situation, soins de support, chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie ou immunothérapie. [1] [6] Les soins de support visent notamment à soulager la douleur et l’essoufflement et à préserver autant que possible la qualité de vie. [6] La prise en charge d’un épanchement pleural malin peut améliorer les symptômes et la qualité de vie. [6]

Une résection chirurgicale peut être envisagée lorsque la maladie est diagnostiquée à un stade précoce. [6] Dans une maladie plus avancée, des opérations ont été utilisées pour réduire le volume tumoral ou retirer la maladie visible, mais leur bénéfice sur la survie n’est pas clairement établi. [6] La radiothérapie peut servir à réduire une masse tumorale ou à soulager certains symptômes. [6] La chimiothérapie et l’immunothérapie peuvent ralentir la progression chez certains patients, mais leur effet sur la survie à long terme reste limité dans la synthèse disponible. [6] Le pronostic demeure globalement défavorable et dépend notamment du stade et du sous-type histologique. [6]

Dépistage et surveillance après une exposition à l’amiante

Il n’existe pas de recommandation définitive de dépistage visant spécifiquement à détecter précocement un mésothéliome chez toutes les personnes exposées à l’amiante mais sans signe de maladie. [6] En France, un suivi post-professionnel peut néanmoins être proposé aux personnes ayant été exposées activement à l’amiante pendant leur travail afin de rechercher plus tôt différentes maladies liées à cette exposition. [4] Dans ce cadre, un scanner thoracique peut être proposé selon la durée, l’ancienneté et l’intensité de l’exposition. [4] Si ce scanner est normal, sa répétition tous les cinq à dix ans dépend de l’intensité de l’exposition. [4] Si des symptômes respiratoires apparaissent entre deux scanners de ce suivi post-professionnel, l’Assurance Maladie recommande de consulter le médecin traitant. [4] Ce suivi après exposition ne correspond pas au suivi oncologique organisé après le diagnostic ou le traitement d’un mésothéliome. [4] [6]

Prévenir une nouvelle exposition et connaître les démarches en France

La prévention repose sur la réduction maximale de l’exposition aux poussières et aux fibres d’amiante. [4] [5] Avant de percer des murs ou de rénover des sols dans un bâtiment dont le permis de construire est antérieur au 1er juillet 1997, un repérage spécifique de l’amiante est recommandé. [4] Lorsqu’un matériau contenant de l’amiante est identifié, il est fortement déconseillé d’intervenir soi-même et les professionnels amenés à travailler sur place doivent en être informés. [4]

En France, le mésothéliome est un cancer à déclaration obligatoire. [1] Lorsqu’une exposition professionnelle à l’amiante est en cause, une reconnaissance en maladie professionnelle peut être possible sous certaines conditions relatives notamment au délai, à la durée d’exposition et aux travaux effectués. [3] Le médecin traitant peut accompagner la démarche de reconnaissance en maladie professionnelle. [3] Lors d’une demande de reconnaissance d’une affection liée à l’inhalation d’amiante, les informations transmises au Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante peuvent permettre l’étude d’éventuels droits à une indemnisation complémentaire. [3]

Sources et références

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Informations pratiques : Assurance Maladie — téléconsultation · Service Public — numéros d’urgence.

Spécialités médicales concernées

Chirurgien thoracique et cardio-vasculaire
Chirurgie digestive, générale et oncologique